La langue de travail et la langue du public

28 décembre 2011 à 9:52 | Publié dans Non classé | 1 Commentaire
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« Un cadeau de Noël parfaitement bilingue pour Pierre Gauthier… » (Aislin, The Gazette, 21 décembre 2011

Depuis la nomination de Randy Cunneyworth comme entraîneur-chef intérimaire des Canadiens de Montréal, les passions se déchaînent. Les émotifs ne se trouvent pas que du côté des défenseurs de la langue française, mais aussi des adulateurs inconditionnels de la Flanelle, dont bien peu parviennent à argumenter sans tomber dans l’agressivité.
Je n’ai pratiquement pas entendu de critiques contre Cunneyworth lui-même, et pour cause : la plupart des gens ont pitié du pauvre Ontarien qui n’a pas demandé à se retrouver dans un tel imbroglio… et qui n’avait peut-être même pas la connaissance suffisante du terrain pour prévoir la controverse. La même excuse n’est valable ni pour Pierre Gauthier, ni pour Geoff Molson.

Intérim mon œil

Pourquoi s’offusquer de l’unilinguisme de Cunneyworth, s’il exerce ses fonctions que par intérim? Parce que, Gauthier étant Gauthier, presque personne n’a vraiment cru à cet « intérim » au départ. Gauthier a nommé Cunneyworth entraîneur-chef des Bulldogs de Hamilton, le club-école des Canadiens; Gauthier a promu Cunneyworth au rang d’entraîneur adjoint des Canadiens cette saison; Gauthier a renvoyé Perry Pearn, un autre entraîneur adjoint, et a augmenté les responsabilités de Cunneyworth. De toute évidence, le mot « intérim » n’était là que pour acheter du temps en espérant que quelques victoires feraient passer la pilule de l’unilinguisme. Il a fallu la colère du public pour que cet intérim se confirme.
Il n’y a pas suffisamment d’espace nécessaire ici pour réfuter tous les arguments fallacieux contre la nécessité du bilinguisme pour le poste d’entraîneur-chef des Canadiens. Allons-y donc pour l’un des arguments principaux, celui concernant les relations entre les joueurs et entraîneurs, d’une part, et le public, d’autre part. Ces relations commencent d’abord par les incontournables entrevues.

Don’t have anything to say, but will speak anyway

Pourquoi s’intéresser à la langue des entraîneurs et des joueurs, puisqu’il est supposé que ceux-ci ne disent jamais rien d’intéressant et rabâchent toujours les mêmes clichés? Je ne sais pas, mais ces « clichés » sont pourtant religieusement écoutés et scrutés à la loupe match après match par les journalistes et les amateurs. C’est rendu à un point tel que, pendant les arrêts de jeu, les entraîneurs et les joueurs répondent au micro alors qu’ils sont au banc! Leurs propos inintéressants semblent soudainement intéresser beaucoup de monde… Du coup, imaginez que seuls deux joueurs d’une équipe de l’extérieur du Québec puissent s’exprimer en anglais, et que les joueurs vedettes comme les entraîneurs ne puissent s’exprimer qu’en russe. Pensez-vous que les journalistes anglo-saxons suivraient longtemps les exploits de cette équipe? Poser la question, c’est y répondre.

Pour n’importe quelle entreprise et ses représentants, parler la langue de leurs clients et de leur public est une compétence indispensable. Dans les équipes de la LNH, même les joueurs russes sont capables, au bout d’un certain temps, de donner une entrevue en anglais; il n’y a qu’Alexander Semin (Capitals de Washington) qui n’y est parvenu qu’en septembre dernier, au début de sa sixième saison dans la LNH, et cette anomalie n’a pas manqué d’être soulignée à Washington.

Avec le français, il faut faire davantage de compromis. Avec l’internationalisation du hockey de la LNH et la fréquente permutation des joueurs, il est impossible que toute la formation tricolore s’exprime en français; ce ne l’est plus depuis des dizaines d’années, d’ailleurs. De toute façon, ce que la vaste majorité du public veut, c’est davantage de français, pas l’élimination de l’anglais.

La présence du français n’en demeure pas moins essentielle, même chez les joueurs et les entraîneurs. Plusieurs ont parlé de « respect » de la part d’une « institution » qui est « davantage qu’une entreprise », etc. J’ajouterais le plus important : le français fait surtout partie du fonds de commerce des Canadiens. Sous la férule du magicien Ray Lalonde, son service de marketing a exploité à fond la fierté canadienne-française et l’histoire des icônes francophones du Tricolore pour transformer une concession médiocre en formidable machine à sous. La leçon n’a jamais été totalement oubliée, puisque cette même équipe de marketing a été capable de faire apprendre quelques mots de français à Brian Gionta et à Carey Price à l’occasion du tournage d’annonces publicitaires (voir ici les progrès de Price en français).

Les joueurs saltimbanques

Ça fait longtemps qu’on nous répète que le travail des joueurs et des entraîneurs n’est pas de faire des relations publiques, mais de « gââââââââgner ». Pourtant, quand on sort de la bulle montréalaise, on se rend compte qu’ailleurs, les organisations et les joueurs ne ménagent pas leur salive pour séduire le public. Annonces télévisées, vidéos promotionnelles, distribution de billets de saison à la porte par les joueurs, concours et activités de socialisation avec les fans… Ailleurs qu’à Montréal, les joueurs vont à la rencontre de leurs partisans bien plus souvent qu’à l’occasion de la visite annuelle aux hôpitaux pédiatriques. Les Blackhawks de Chicago font rire le public avec leur interprétation loufoque des cantiques de Noël; les Sharks de San Jose dévoilent leurs « talents » professionnels hors de la sphère sportive; les Red Wings de Détroit se font acteurs, le temps du tournage d’annonces télévisées (ici et ici); huit joueurs des Blues de Saint-Louis enregistrent une lecture à voix haute du poème « ’Twas the night before Christmas », et ceux de leurs partisans capables d’identifier dans l’ordre les voix de ces joueurs ont la chance de gagner des billets pour des matchs en janvier. Dans quelle langue se font tous ces efforts de promotion? En anglais, bien sûr.

Bien avant le début de la controverse « Cunneyworth », les apologistes de la Flanelle ont affirmé préférer la compétence à la langue. Belle façon de se fourvoyer : la langue, autant celle de travail que celle du public, fait partie des compétences. Cette donnée fondamentale est souvent oubliée parce que dans presque toute la Ligue nationale de hockey, la langue de travail quotidienne (entraînements, parties, réunions) et la langue de promotion auprès du public est la même, l’anglais. Il n’y a qu’à Montréal (et peut-être bientôt à Québec) que la langue de travail n’est pas la même que celle de la majorité du public. Cet état de fait complique la situation, bien sûr, mais la langue du public n’en demeure pas moins aussi importante que la langue de travail. Grâce au travail monumental de Ray Lalonde et à quelques idoles adulées comme Alex Kovalev et Jaroslav Halák, cette importance a été gommée pendant des années; des joueurs moyens sont devenus des célébrités royales quasiment inaccessibles, tenus en serre chaude par l’organisation. Toutefois, il était inévitable que le voile se déchire tôt ou tard. Si les Canadiens ne veulent pas commencer la saison prochaine dans une fournaise infernale, ils doivent trouver rapidement des solutions.

La fin du déni

Il y a les fausses solutions, bien sûr, comme se reposer sur les sectaires de la Flanelle drapés dans la rectitude politique. Ces apologistes traitent les unilingues francophones d’attardés et les défenseurs du français de racistes et de xénophobes; ils nient la dimension promotionnelle du travail des joueurs et accusent les médias de faire tout un plat avec la langue. Pourtant, les sondages de QMI (Journal de Montréal) et de CROP (La Presse) confirment la colère de la majorité des amateurs face à l’attitude de Tricolore au sujet de la langue française. Ces tentatives de bâillonner les amateurs par la honte ne fonctionnent plus. Les Canadiens ne sont pas un groupe vedette de rock en tournée mondiale. Ils sont une entreprise québécoise dont la majorité de la clientèle est francophone.

Curieusement, les intransigeants des Canadiens affirment qu’ils n’ont pas à s’occuper de la langue française, puisqu’ils sont une entreprise privée. Comme si les entreprises privées présentes au Québec n’avaient aucune responsabilité concernant le français! Nulle entreprise ne peut ignorer le contexte social dans lequel elle évolue. D’un autre côté, chaque partisan qui quitte le Titanic tricolore pour se tourner vers une autre équipe se fait immanquablement traiter de « traître » par ces mêmes fanatiques intraitables, comme si l’« entreprise privée » qu’est le Canadien redevenait tout à coup une religion dont chaque apostat méritait la pendaison.

Voter avec son portefeuille

De plus en plus d’amateurs francophones de hockey, conscients de l’hypocrisie de la haute direction des Canadiens, s’affranchissent de cette pensée unique et offrent leur appui à une autre organisation. Ils observent plusieurs équipes pour diverses raisons : le nombre de francophones (Lighning de Tampa Bay, Penguins de Pittsburgh), la proximité de l’équipe (Sénateurs d’Ottawa, Bruins de Boston), ou même le transfert d’un joueur aimé (Blues de Saint-Louis). D’autres militent pour le retour des Nordiques. Grâce à Internet, à NHL Center Ice et au probable retour des Nordiques, le statut de monopole du Canadien commence à s’effriter, et l’arrogance de sa direction aussi. Puisque les Canadiens n’offrent officiellement plus cette dimension culturelle unique sur laquelle ils ont bâti leur fortune, il est normal que les amateurs soient de plus en plus tentés de « magasiner » ailleurs une équipe qui ne leur tient pas un double langage.

Des oursons pleurnichards

25 novembre 2011 à 1:47 | Publié dans Non classé | Laisser un commentaire
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J’avais de la sympathie pour les partisans des Bruins de Boston, ne serait-ce que pour la persévérance avec laquelle ils se manifestent sur la blogosphère francophone de hockey malgré toutes les injures de leurs éternels rivaux partisans des Canadiens de Montréal. À la lumière de récents évènements, cette sympathie commence à s’estomper. Nombre d’entre eux font des comparaisons disproportionnées pour défendre les gestes indéfendables de leurs favoris; d’autres (souvent les mêmes) crient comme des vierges offensées et atteignent le même niveau de braillage qu’ils attribuent aux fidèles de la Flanelle.

« Ton joueur est plus méchant que le mien »

Imaginez qu’un gars donne une volée à sa femme. Une vraie de vraie, avec coups de poing, coups de pieds et cassage de dents. La police arrive, et la femme, fâchée, donne une gifle au mari. Aussitôt, il piaille : « Regardez! Regardez, elle aussi elle est violente, pis elle se pose en victime! Pis a part de ça, c’est de sa faute, elle m’a provoqué! »

C’est un peu comme ça que plusieurs fans de Boston ont traité l’affaire Lucic-Miller. Dès que la vidéo où l’on voit Milan Lucic, des Bruins, entrer en collision avec Ryan Miller, des Sabres de Buffalo, a fait le tour des réseaux sociaux de hockey, ils se sont empressés de déterrer tous les cas pouvant ressembler de près ou de loin à de la jurisprudence en sa faveur :

- Oh! Regardez ce dégueulasse, cet épouvantable Brian Gionta, qui a assommé le pauvre James Reimer! Reimer dont ils se foutaient éperdument avant que son cas ne puisse leur servir. Gionta qui, tentant de se faufiler entre Reimer et un joueur des Maple Leafs de Toronto, “a perdu l’équilibre et a accidentellement accroché le gardien” :http://www.youtube.com/watch?v=ZOQXQQ38jFE.
- Hé, les partisans des Canadiens, gueule un autre de ces justiciers improvisés en noir et jaune, on en vous a pas entendus quand Chris Stewart, a envoyé Niklas Kronwall dans la bande! Bien sûr qu’ils ne se faisaient pas entendre : Brendan Shanahan, le préfet de discipline de la LNH, n’avait pas encore rendu sa décision (Stewart, des Blues de Saint-Louis, a fini par avoir une suspension de trois matchs bien méritée pour son geste envers le joueur des Red Wings de Détroit). Lucic, au contraire, avait déjà bénéficié de la clémence de Shanahan dans une décision qui relance les soupçons sur le traitement préférentiel dont bénéficieraient les Bruins.

Tenter de faire diversion des méfaits d’un joueur en attirant l’attention sur un autre est une tactique très courante de mauvaise foi. Transformer la victime en coupable en est une autre. Lucic n’a pas esquissé le moindre petit geste pour éviter Miller, et la collision lui a valu au moins une punition de deux minutes. Aussitôt, des partisans des Bruins ont concocté une toute nouvelle théorie, soit que le gardien qui sort de son trapèze peut être traité comme tous les autres joueurs, c’est-à-dire plaqué durement, sous prétexte qu’il est protégé comme un char d’assaut.

Hé, mes petits nounours, revoyez les vidéos des collisions entre Lucic et Miller, puis entre Gionta et Reimer. Avez-vous déjà remarqué à quel point les masques des gardiens tombent facilement de leur tête au moindre choc ? Ces masques sont conçus d’abord pour protéger leur visage des tirs. Le côté arrière de ces masques est très mince et lâchement fixé, pour leur permettre de le retirer facilement afin de boire à leur gourde. Ces masques ne sont pas conçus pour protéger les gardiens des mises en échec. Pour une bonne raison : les gardiens ne sont pas supposés se faire mettre en échec. Comme le dit le “règlement 69.4”http://www.nhl.com/ice/page.htm?id=26480 :

[traduction] Un gardien de but n’est pas “disponible au contact” uniquement parce qu’il joue à l’extérieur de sa zone. La pénalité appropriée doit être décernée dans tous les cas où un joueur en attaque entre inutilement en contact avec le gardien. Néanmoins, un contact accidentel est permis lorsque le gardien manipule la rondelle à l’extérieur de sa zone, pourvu que le joueur en attaque fasse un effort raisonnable pour l’éviter.

Lucic n’a pas, et n’a probablement jamais voulu éviter le contact avec Ryan Miller. Sous le choc, le masque de ce dernier est tombé, et Miller a subi une commotion cérébrale, comme Reimer d’ailleurs. Répétez après moi : pas-de-mise-en-échec-sur-les-gardiens, c’est clair?

Remarquez, les fans de Boston ne sont pas les seuls à avoir évalué l’affaire à travers une loupe déformante. Carey Price, des Canadiens, a lui aussi jugé que Lucic ne méritait pas de suspension. Son critère? Puisque Cam Janssen l’a frappé de la même façon il y a un an et demi, pendant un match contre les Blues de Saint-Louis, et n’a pas eu de suspension, alors Lucic ne méritait pas d’être suspendu lui non plus. Price oublie un détail : Janssen a bel et bien tenté de l’éviter lorsque les deux se sont précipités à toute vitesse l’un vers l’autre (Janssen a eu une pénalité mineure pour rudesse). Mais puisque Price n’a pas obtenu justice, Miller ne devrait pas l’obtenir non plus. Et pas un mot sur la sécurité des gardiens…

En passant, foutez-moi la paix avec le fait que je suis partisane des Blues de Saint-Louis; Janssen fait maintenant partie des Devils du New Jersey, alors il est vraiment le moindre de mes soucis. Et Stewart méritait vraiment d’être suspendu.

« Mon joueur est plus innocent que le tien »

Parlant de justice, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) ne déposera pas d’accusation contre Zdeno Chara, des Bruins, pour son coup sur Max Pacioretty, des Canadiens. Évidemment, les partisans du hockey néandertalien se sont gargarisés de contentement, rappelant doctement à quel point les procédures d’enquête ont coûté du temps et de l’argent aux contribuables.

Perte de temps et d’argent? Ce n’est pas l’opinion d’Yves Boisvert, chroniqueur judiciaire de La Presse et plus fin connaisseur que vous et moi des conséquences d’interventions policières et d’enquêtes sur la société. Qu’il n’y ait pas de poursuite ne signifie pas que Chara soit innocent : ça signifie que le Directeur n’a pu obtenir suffisamment de renseignements pour bâtir un dossier suffisamment solide pour tenir le coup devant la procédure judiciaire favorable au prévenu. Le scandaleux laxisme de la Ligue, qui n’a pas suspendu Chara, a permis de de jeter suffisamment de flou juridique pour permettre au défenseur de s’en tirer à bon compte.

« Sauf que cette affaire est un des éléments qui ont amené la ligue à devenir plus sérieuse, et plus soucieuse de la sécurité des joueurs de hockey, écrit Boisvert. Elle a eu son petit effet civilisateur, pour ainsi dire. » Elle a aussi eu l’effet de rappeler que la loi s’applique partout, y compris sur les patinoires de la LNH. Que Chara ait senti la justice lui roussir les orteils a sûrement dû l’aider à réfléchir.
Oh! bien sûr que Chara n’a pas voulu blesser Max Pacioretty; c’est juste qu’avec la force employée pour lui envoyer la tête dans le poteau bordant la baie vitrée, on sentait bien qu’il s’en foutait. La négligence crasse peut être aussi criminelle que l’intention; au moins, celui qui veut blesser sait que c’est mal et qu’il risque de se faire punir. Celui qui s’en fout, au contraire, se pense au-dessus des règles. Après l’acte, sont venus les remords; mais Chara, qui venait d’être blanchi par le tristement célèbre Colin Campbell, aurait-il eu des regrets aussi vifs s’il n’avait pas fait l’objet d’une enquête policière? Sûrement que ses coéquipiers l’auraient aidé à se trouver des excuses; notamment le dégoûtant Mark Recchi, qui s’est vanté d’avoir effrontément menti à la presse pour détourner l’attention de son capitaine en insinuant que Pacioretty avait exagéré sa blessure. Une tactique qui, comme on l’a vu plus haut, est en train de faire des petits chez les partisans des Bruins. De plus en plus de ces partisans sont en train de copier les travers les plus détestables qu’ils reprochent aux partisans des Canadiens.

La seule (et profonde) bêtise de nombreux partisans montréalais, dans cette affaire, est d’avoir eu recours au 9-1-1 au lieu de passer par Infocrime pour porter plainte. Un petit truc simple, les amis : 9-1-1, c’est pour les urgences immédiates, genre quand quelqu’un risque de crever séance tenante. Quand l’offense et faite et qu’il s’agit d’en prévenir les policiers, c’est par Infocrime que ça passe. C’est le chemin que j’ai failli prendre le soir de ce malheureux incident; et c’est celui que je prendrai si j’apprends qu’un autre geste aussi sauvage a eu lieu. Que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur du Centre Bell, que la victime soit un joueur de hockey ou non. J’en fais une question de principe.

J’avais de la sympathie pour les partisans des Bruins, mais cette sympathie est en train de tourner au vinaigre. Le 22 février prochain, les Bruins rendront visite aux Blues qui, je l’espère, leur mettront la pâtée de leur vie. Avec une bonne mise en échec bien sentie sur Lucic ou Chara, ça se prendrait bien.

Le partage de la tarte (péréquation canadienne/parité de la LNH)

6 juin 2010 à 7:29 | Publié dans Chroniques politiques | 2 Commentaires
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Ce billet sera la dernière chronique de Patinage hors glace de la saison et la dernière chronique de comparaison entre le hockey et la politique. En effet, Patinage hors glace adoptera une nouvelle orientation en prévision de la prochaine saison. Plus de détails à venir.

Tarte aux pommes. Photo tirée du site www.mccormick.com.

Que ce soit au sein d’une famille, d’une entreprise ou d’un pays, le partage des ressources, plus particulièrement des ressources financières, engendre inévitablement des conflits et des frustrations. Les moins nantis se plaignent de ne pas avoir assez de ressources pour bien vivre et se développer, tandis que les plus riches ont l’impression de faire arracher le fruit de leur travail par des partenaires qui ne font pas leur juste part pour produire de la richesse. Dans le cas de grandes entités, comme le Canada ou la Ligue nationale de hockey, les querelles sont envenimées par la complexité d’un système de redistribution des ressources dont chacun fait sa propre interprétation intéressée.

La péréquation canadienne : l’or noir et les billets verts

Le Canada applique entre les provinces un système de redistribution de la richesse appelé la péréquation, dont l’objectif est de « donner aux gouvernements provinciaux des revenus suffisants pour les mettre en mesure d’assurer les services publics à un niveau de qualité et de fiscalité sensiblement comparable », selon la Loi constitutionnelle de 1982.

La plupart des querelles portent sur le calcul complexe des revenus de chaque province qui déterminent quel montant elle aura à verser ou à recevoir. Comme une partie de ces revenus proviennent des perceptions sur les ressources naturelles, les gouvernements provinciaux peuvent tenter de modifier les tarifs en conséquence. Ainsi, le ministre des Finances du Québec, Raymond Bachand, a récemment expliqué qu’il serait contre-productif de monter les tarifs d’électricité (une mesure fort impopulaire, au demeurant), parce que les paiements de péréquation reçus seraient diminués en conséquence. Claude Picher, chroniqueur économique à La Presse, a dénoncé cette mentalité de pique-assiette. Si Hydro-Québec avait vendu son électricité aux prix du marché au lieu de l’offrir à rabais à la population québécoise, les Québécois seraient collectivement aussi riches que les Albertains. L’Alberta, le sait très bien, elle qui verse le plus de péréquation aux autres provinces grâce aux revenus de son exploitation pétrolière. De nombreux Québécois font la leçon à l’Alberta sur l’exploitation des sables bitumineux à un coût environnemental élevé; personne n’est contre la vertu, mais disons qu’ils seraient en meilleure position pour faire valoir leur point de vue si leurs services sociaux ne dépendaient pas des revenus de cette même exploitation.

Raymond Bachand, ministre des Finances du Québec. © André Pichette, La Presse.

Par ailleurs, les provinces qui versent l’argent de la péréquation froncent parfois les sourcils en voyant la façon dont il est utilisé. Pendant la campagne électorale de 2007, Jean Charest, premier ministre sortant, a promis une baisse d’impôts de 950 millions de dollars. Or, cette baisse correspondait presque entièrement à la somme de péréquation supplémentaire que Stephen Harper, premier ministre du Canada, venait de consentir au Québec. Jean Charest venait d’arracher cette somme à force plaider que le Québec en avait besoin pour répondre à ses nombreux besoins en services sociaux, notamment pour réduire les listes d’attente dans le système de santé. Et voilà qu’il jetait tout cet argent dans des baisses d’impôts électoralistes! Évidemment, cette annonce a eu le plus mauvais effet auprès des gouvernements des provinces nanties. Déjà, elles avaient l’impression de financer le généreux système québécois de garderies, qui n’a pas son pareil en Amérique du Nord.

Depuis un certain temps, le Québec traîne une mauvaise réputation dans le dossier de la péréquation. Évidemment, si elle versait de l’argent pour la péréquation au lieu d’en recevoir, il lui serait plus facile de financer ses généreux programmes sociaux, de donner l’exemple en matière environnementale et de faire respecter les domaines de compétences de l’Acte constitutionnel de 1867. En Espagne, la région de la Catalogne a une différence linguistique et culturelle est aussi marquée que celle du Québec par rapport au Canada. Elle a toutefois un meilleur pouvoir de négociation, car elle est la région la plus industrialisée du pays, et l’une des plus riches. Autrement dit, elle a le gros bout du bâton grâce à son économie solide et prospère, alors que le Québec ne peut en dire autant.

La parité dans la LNH : le respirateur artificiel

Afin de mieux vendre le hockey aux États-Unis, la Ligue nationale de hockey pratique elle-même une forme de péréquation dont le niveau de complexité donne aux comptables des équipes des maux de tête semblables à ceux des fiscalistes canadiens. En gros, les dix clubs ayant empoché le plus de revenus doivent en verser une partie aux dix clubs ayant les revenus les plus faibles. De plus, un plafond (improprement appelé « cap salarial », un calque de l’anglais) est imposé à la masse salariale qu’un club peut verser à ses joueurs, afin d’éviter le genre de spirale inflationniste qui a causé le déménagement des équipes ne pouvant plus suivre la parade, notamment les Jets de Winnipeg (devenus les Coyotes de Phœnix) et les Nordiques de Québec (devenus l’Avalanche du Colorado). Ces deux principales formes de redistribution de la richesse, le plafond salarial et les redevances, ont donné lieu à un phénomène appelé la « parité ». Les équipes sont maintenant mieux équilibrées et plus compétitives, et l’époque des « dynasties », ces équipes qui remportaient trois ou quatre coupes Stanley d’affilée, est bel et bien terminée.

Cependant, cette parité a ses effets pervers. Les contraintes du plafond salarial obligent des équipes à se départir de joueurs qu’elles ont elles-mêmes repêchés et formés lorsque leur prix sur le marché devient trop élevé (les Devils du New Jersey ont perdu Brian Gionta au profit des Canadiens de Montréal pour cette raison). La formation des équipes devient alors un carrousel dans lequel les joueurs changent d’adresse au gré de l’offre et de la demande, ainsi que de la marge de manœuvre des directeurs généraux. « C’est triste, commente Marc-André Bergeron, des Canadiens de Montréal. Je crois que les partisans méritent de s’attacher à leurs joueurs, de les regarder grandir et évoluer dans leur carrière. » Bergeron est lui-même l’un de ces joueurs qui ont passé toute leur carrière ans leurs valises, changeant d’équipe d’une saison à l’autre ou presque.

De plus, la redistribution des revenus aide la LNH à maintenir sur respirateur artificiel des équipes implantées dans des régions où le hockey ne fait pas partie de la culture. On n’a qu’à penser à la saga des Coyotes de Phœnix, dont la faillite a mené au rachat du club par la Ligue, au désespoir des amateurs de hockey de Winnipeg et de Québec, qui espéraient que l’équipe soit transférée près de chez eux. Mais surtout, les amateurs des clubs les plus prospères, notamment ceux de Toronto, de Montréal et de Vancouver, ont l’impression que le commissaire Gary Bettman leur fait les poches pour financer sa lubie d’implanter le hockey dans le sud des États-Unis, dont les équipes notoirement déficitaires jouent régulièrement dans des arénas à moitié vides malgré la distribution de billets gratuits.

C’est d’autant plus enrageant que dans ces marchés déserts, les joueurs de hockey peuvent toucher le même salaire que leurs confrères du Nord sans avoir à satisfaire les milliers, voire les millions d’amateurs exigeants. Ils n’ont pas non plus à affronter les dizaines de journalistes coriaces de marchés intraitables comme Montréal, Toronto, New York, Vancouver et Boston, pour n’en nommer que quelques-uns, où le hockey est une folie, voire même une religion. À Montréal, les « maudits fans » et les « maudits journalistes » sont régulièrement accusés de tenir les meilleurs joueurs loin du Tricolore.

Vincent Lecavalier, du Lightning de Tampa Bay. Archives La Presse Canadienne.

Prenez l’exemple de Vincent Lecavalier, du Lightning de Tampa Bay. Le Lightning est une autre de ces franchises dont les finances fragiles sont tenues à flot grâce, entre autres, à la générosité des équipes du Nord dont la prospérité est garantie par un immense bassin d’amateurs fidèles et passionnés. La rumeur court que le Québécois ne veut rien entendre de venir jouer pour les Canadiens. Évidemment, il est normal que Lecavalier, qui a été repêché et formé par le Lightning, se soit montré loyal envers l’organisation en signant une entente de plusieurs années assortie d’une clause de non-mouvement. Par contre, ce joueur est quand même payé la somme faramineuse de 10 millions de dollars par année pour répondre aux questions de deux journalistes et demi en moyenne, conserver son incognito et garder ses orteils dans le sable sous le chaud soleil de la Floride. Vous trouvez ça juste?

Si ce n’était de l’entêtement du commissaire Bettman à maintenir des équipes dans la Sun Belt, le beau Vincent, à dix millions de dollars, aurait été obligé de s’enlever les orteils du sable, de faire ses valises pour le Nord et de justifier son chèque de paie dans un vrai marché de hockey, avec un vrai public, une vraie meute de journalistes et une véritable pression. Avec les Rangers de New York, les Bruins de Boston ou les Maple Leafs de Toronto, par exemple.

Ou même avec les Canadiens de Montréal.

Les thuriféraires (André Pratte/Pierre Houde et Benoît Brunet)

8 novembre 2009 à 7:10 | Publié dans Chroniques politiques | 2 Commentaires
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THURIFÉRAIRE, n.m. : Encenseur, flatteur, laudateur. Flagorneur. Ils étaient « d’aussi intrépides thuriféraires que quiconque; – leur manière de louer a même quelque chose d’effrontément naïf » (Gautier).
Le Nouveau Petit Robert de la langue française 2009 (en ligne).

En principe, les membres des médias sont supposés conserver un certain recul par rapport aux faits et aux personnes qu’ils jugent et analysent. Personne ne peut se prétendre totalement impartial, certes, puisque nous sommes tous influencés par nos préférences et nos convictions; il importe toutefois, lorsqu’on se pose en commentateur public, de tendre le mieux possible vers l’objectivité.

Cependant, il arrive aux commentateurs, qu’ils soient éditorialistes, chroniqueurs ou analystes, de se laisser éblouir par une personnalité publique au point d’épancher leur admiration, voire leur adoration pour la personne ainsi élevée sur un piédestal. Parfois, le jupon dépasse tellement que le flatteur en vient malheureusement à se discréditer lui-même.

Éditorialiste de La Presse, André Pratte est l’une des rares voix journalistiques du Québec réellement capables de nuance et de modération. Quel que soit son sujet, Pratte tente du mieux qu’il peut de faire la part des choses et d’exposer les deux côtés de la médaille. Surtout, contrairement à nombre de ses collègues, il résiste généralement à la tentation de railler la personne à qui il adresse ses critiques. La moquerie, le mot d’esprit, la réplique qui tue sont aussi populaires au Québec du XXIe siècle qu’à la cour du roi de France du XVIIIe siècle. Là où les journalistes semblent se faire un point d’honneur de ridiculiser les personnalités publiques, Pratte se contente de les rappeler à l’ordre.

Pourtant, lorsqu’il s’agit du premier ministre du Québec Jean Charest, André Pratte a, par le passé, souvent abandonné toute réserve et tout jugement. Certes, à titre d’éditorialiste en chef de La Presse, fleuron de l’empire Desmarais, Pratte se doit d’appuyer le camp fédéraliste en général et le Parti libéral du Québec en particulier. Ce rôle ingrat lui vaut l’exécration implacable des « purs et durs » du mouvement souverainiste, qui l’agonisent d’injures en privé et parfois même en public; un de ces « brillants esprits », Patrick Bourgeois, a même publié un livre complet dans le seul but de déverser son fiel sur lui.

Les observateurs de la scène politique ne s’étonnent même plus de voir André Pratte, dans la page éditoriale de La Presse, applaudir sans retenue les idées présentées au congrès du Parti libéral pendant les deux jours précédents, sans oublier d’envoyer quelques fleurs à Jean Charest. Durant les campagnes électorales, il chantait sans cesse les louanges du premier ministre. Cette idolâtrie a atteint son paroxysme en mars 2008, alors que Charest, à l’ouverture du congrès de son parti, a lu le fameux poème Si, de Rudyard Kipling (« Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite/Et recevoir ces deux menteurs d’un même front… »). Deux jours après, Pratte a repris ce poème, mot pour mot, en tête de son éditorial dithyrambique pour le premier ministre! À part les plus féroces des partisans souverainistes, qui se réveillent la nuit pour haïr Pratte, la plupart de ses éditoriaux en faveur de Jean Charest ne sont probablement plus accueillis qu’avec un bâillement d’ennui.

Dans le monde du hockey, Benoît Brunet et Pierre Houde, les commentateurs de RDS, se bâtissent eux aussi une solide réputation d’adulateurs, cette fois-ci aux dépens du gardien de but Carey Price. Lorsque Price est devant le filet, impossible de ne pas entendre l’un ou l’autre s’exclamer régulièrement : « Quel arrêt de Carey Price! » Sur Internet, certains « drinking games » conçus pour les parties du Canadien vous invitent même à boire une gorgée chaque fois que vous entendez cette phrase.
Un arrêt de routine? « Un autre incroyable arrêt de Carey Price! »
Un but douteux? « Carey Price n’avait aucune chance! »
Il capte la rondelle avec son gant? « Carey Price décide d’arrêter le jeu! »
On voit, à la reprise vidéo d’un jeu, la rondelle glisser devant la jambière de Price sans que celui-ci n’y touche une seul fois? « Un arrêt clé de Carey Price! »
Carey Price accorde un but où, sans avoir été brillant, il n’a pas été faible non plus? Pierre Houde passe pas moins d’une minute à expliquer en long, en large et en travers pourquoi le pauvre Carey n’était absolument, mais absolument pas à blâmer. Le tout, bien entendu, en oubliant de décrire la partie qui continue de se dérouler sous nos yeux. Même la propre mère de Price ne peut pas avoir un tel parti pris pour son fiston.

Notez, d’ailleurs, que les commentateurs n’omettent que très rarement le prénom du jeune portier, comme s’ils craignaient que nous puissions l’oublier. Merci, Messieurs, de me rappeler que son prénom est Carey, je croyais qu’il s’appelait Gustave. Par ailleurs, quels compliments reçoit Jaroslav Halák, l’autre gardien? « Halák aurait dû faire cette arrêt… » « J’aurais aimé qu’Halák arrête deux des quatre rondelles, mais bon… » « Halák fait le travail… » « Bel arrêt de Halák… » Sans être carrément injustes avec lui, ils ne mettent clairement pas la même chaleur dans leurs commentaires.

Les partisans notent ce traitement de faveur et font entendre leur mécontentement un peu partout de façon anonyme. Voici un échantillon des commentaires sévères glanés sur divers réseaux sociaux (l’orthographe d’origine a été conservée)  :

« À Chaque fois qu’il est là, il vante toujours Carey que ce soit sur une bonne ou mauvaise performance. »
« Ben oui, notre ami Benoit Brunet qui connait tellement le hockey, qui arrête pas de vanter Carey Price [...] »
« On le sait depuis longtemps que Price est le meilleur de tous les temps ! Pour ceux qui en doute encore un peu, vous n’avez qu’à écouter Pierre Houde sur RDS ainsi que son mulet de service. » (Note : au moment où ce commentaire a été écrit, le « mulet » en question était Yvon Pedneault.)
« Ça n’enlève toutefois rien à son talent, mais j’ai peur qu’un moment donné Price éternue et qu’on entende Pierre Houde commenter: “Avez-vous remarqué avec quel calme il a atchoumé!?!? Incroyable!” »
« Personne n’a remarqué qu’il est continuellement sur ses genoux….sûrement pas Pierre Houde qui s’époumonne et s’extase ”OH quel arrêt de Price” alors que la rondelle ne se rend même pas à lui !!??!! Coudonc yé-tu payé par Price ? »

À long terme, un tel appui de la part du tandem peut se révéler aussi nocif pour Price que les critiques de ses détracteurs. Contrairement à La Presse, qui n’a pas le monopole de la presse écrite, RDS détient l’exclusivité de la diffusion télévisée en français des parties du Tricolore. Autrement dit, les téléspectateurs sont captifs, à moins d’écouter le hockey en anglais ou à la radio. À force d’entendre les éloges de Price, les amateurs pourraient se rebiffer et prendre le jeune cerbère en grippe, ce que certains ont déjà fait. Comme si ce n’était pas assez, certains membres des médias, en particulier Jack Todd, de la Gazette, semblent s’être fixé comme mission de faire contrepoids au duo Houde-Brunet, en descendant Price en flammes à la moindre occasion (voir des exemples ici et ici). Des deux maux, lequel est le pire?

À la conférence de presse qui a conclu la dernière saison, Carey Price se montrait dépassé par un tel traitement : « Parfois, j’ai l’impression soit d’être placé sur un piédestal ou de me faire jeter sous un autobus. » Dans les louanges comme dans les critiques, la modération aurait bien meilleur goût. De toute façon, si j’étais Carey Price et que je croisais l’un des deux commentateurs de RDS dans un bar avec un bouquet de fleurs à la main, je disparaîtrais par tous les moyens. Quitte à passer par la fenêtre des toilettes.


Remarque post-rédaction : Ce texte attendait depuis un certain temps dans mon ordinateur. Or, ce soir, Pierre Houde allait lancer son fameux « Quel bel arrêt de Carey Price! » lorsqu’il a dû se raviser… la rondelle venait de rentrer dans le but. Il a admis : « Je me suis emballé trop vite. » Benoît Brunet, quant à lui, s’est permis pour une rare fois de critiquer Price. Celui-ci, sans avoir brillé, n’a pas été mauvais non plus, mais c’était quand même étrange de ne pas entendre le duo de RDS énumérer toutes leurs excuses habituelles à la défense du jeune gardien.

Twitter n’est pas votre ami : et il n’est pas non plus celui d’Allan Walsh, l’agent de Jaroslav Halák. Après la défaite contre le Lightning, M. Walsh a réagi en affichant sur Twitter : [traduction] « Statistique intéressante de la soirée… Price est à 10 victoires et à 32 défaites à ses 42 derniers départs. Mmmm. » Heureusement qu’Halák est un excellent diplomate, parce qu’il aura besoin de tout son tact, face aux journalistes, pour se sortir de la délicate position où l’a fourré son agent. Avec qui il aura peut-être une intéressante conversation par la suite.

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