La langue de travail et la langue du public

28 décembre 2011 à 9:52 | Publié dans Non classé | 1 Commentaire
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« Un cadeau de Noël parfaitement bilingue pour Pierre Gauthier… » (Aislin, The Gazette, 21 décembre 2011

Depuis la nomination de Randy Cunneyworth comme entraîneur-chef intérimaire des Canadiens de Montréal, les passions se déchaînent. Les émotifs ne se trouvent pas que du côté des défenseurs de la langue française, mais aussi des adulateurs inconditionnels de la Flanelle, dont bien peu parviennent à argumenter sans tomber dans l’agressivité.
Je n’ai pratiquement pas entendu de critiques contre Cunneyworth lui-même, et pour cause : la plupart des gens ont pitié du pauvre Ontarien qui n’a pas demandé à se retrouver dans un tel imbroglio… et qui n’avait peut-être même pas la connaissance suffisante du terrain pour prévoir la controverse. La même excuse n’est valable ni pour Pierre Gauthier, ni pour Geoff Molson.

Intérim mon œil

Pourquoi s’offusquer de l’unilinguisme de Cunneyworth, s’il exerce ses fonctions que par intérim? Parce que, Gauthier étant Gauthier, presque personne n’a vraiment cru à cet « intérim » au départ. Gauthier a nommé Cunneyworth entraîneur-chef des Bulldogs de Hamilton, le club-école des Canadiens; Gauthier a promu Cunneyworth au rang d’entraîneur adjoint des Canadiens cette saison; Gauthier a renvoyé Perry Pearn, un autre entraîneur adjoint, et a augmenté les responsabilités de Cunneyworth. De toute évidence, le mot « intérim » n’était là que pour acheter du temps en espérant que quelques victoires feraient passer la pilule de l’unilinguisme. Il a fallu la colère du public pour que cet intérim se confirme.
Il n’y a pas suffisamment d’espace nécessaire ici pour réfuter tous les arguments fallacieux contre la nécessité du bilinguisme pour le poste d’entraîneur-chef des Canadiens. Allons-y donc pour l’un des arguments principaux, celui concernant les relations entre les joueurs et entraîneurs, d’une part, et le public, d’autre part. Ces relations commencent d’abord par les incontournables entrevues.

Don’t have anything to say, but will speak anyway

Pourquoi s’intéresser à la langue des entraîneurs et des joueurs, puisqu’il est supposé que ceux-ci ne disent jamais rien d’intéressant et rabâchent toujours les mêmes clichés? Je ne sais pas, mais ces « clichés » sont pourtant religieusement écoutés et scrutés à la loupe match après match par les journalistes et les amateurs. C’est rendu à un point tel que, pendant les arrêts de jeu, les entraîneurs et les joueurs répondent au micro alors qu’ils sont au banc! Leurs propos inintéressants semblent soudainement intéresser beaucoup de monde… Du coup, imaginez que seuls deux joueurs d’une équipe de l’extérieur du Québec puissent s’exprimer en anglais, et que les joueurs vedettes comme les entraîneurs ne puissent s’exprimer qu’en russe. Pensez-vous que les journalistes anglo-saxons suivraient longtemps les exploits de cette équipe? Poser la question, c’est y répondre.

Pour n’importe quelle entreprise et ses représentants, parler la langue de leurs clients et de leur public est une compétence indispensable. Dans les équipes de la LNH, même les joueurs russes sont capables, au bout d’un certain temps, de donner une entrevue en anglais; il n’y a qu’Alexander Semin (Capitals de Washington) qui n’y est parvenu qu’en septembre dernier, au début de sa sixième saison dans la LNH, et cette anomalie n’a pas manqué d’être soulignée à Washington.

Avec le français, il faut faire davantage de compromis. Avec l’internationalisation du hockey de la LNH et la fréquente permutation des joueurs, il est impossible que toute la formation tricolore s’exprime en français; ce ne l’est plus depuis des dizaines d’années, d’ailleurs. De toute façon, ce que la vaste majorité du public veut, c’est davantage de français, pas l’élimination de l’anglais.

La présence du français n’en demeure pas moins essentielle, même chez les joueurs et les entraîneurs. Plusieurs ont parlé de « respect » de la part d’une « institution » qui est « davantage qu’une entreprise », etc. J’ajouterais le plus important : le français fait surtout partie du fonds de commerce des Canadiens. Sous la férule du magicien Ray Lalonde, son service de marketing a exploité à fond la fierté canadienne-française et l’histoire des icônes francophones du Tricolore pour transformer une concession médiocre en formidable machine à sous. La leçon n’a jamais été totalement oubliée, puisque cette même équipe de marketing a été capable de faire apprendre quelques mots de français à Brian Gionta et à Carey Price à l’occasion du tournage d’annonces publicitaires (voir ici les progrès de Price en français).

Les joueurs saltimbanques

Ça fait longtemps qu’on nous répète que le travail des joueurs et des entraîneurs n’est pas de faire des relations publiques, mais de « gââââââââgner ». Pourtant, quand on sort de la bulle montréalaise, on se rend compte qu’ailleurs, les organisations et les joueurs ne ménagent pas leur salive pour séduire le public. Annonces télévisées, vidéos promotionnelles, distribution de billets de saison à la porte par les joueurs, concours et activités de socialisation avec les fans… Ailleurs qu’à Montréal, les joueurs vont à la rencontre de leurs partisans bien plus souvent qu’à l’occasion de la visite annuelle aux hôpitaux pédiatriques. Les Blackhawks de Chicago font rire le public avec leur interprétation loufoque des cantiques de Noël; les Sharks de San Jose dévoilent leurs « talents » professionnels hors de la sphère sportive; les Red Wings de Détroit se font acteurs, le temps du tournage d’annonces télévisées (ici et ici); huit joueurs des Blues de Saint-Louis enregistrent une lecture à voix haute du poème « ’Twas the night before Christmas », et ceux de leurs partisans capables d’identifier dans l’ordre les voix de ces joueurs ont la chance de gagner des billets pour des matchs en janvier. Dans quelle langue se font tous ces efforts de promotion? En anglais, bien sûr.

Bien avant le début de la controverse « Cunneyworth », les apologistes de la Flanelle ont affirmé préférer la compétence à la langue. Belle façon de se fourvoyer : la langue, autant celle de travail que celle du public, fait partie des compétences. Cette donnée fondamentale est souvent oubliée parce que dans presque toute la Ligue nationale de hockey, la langue de travail quotidienne (entraînements, parties, réunions) et la langue de promotion auprès du public est la même, l’anglais. Il n’y a qu’à Montréal (et peut-être bientôt à Québec) que la langue de travail n’est pas la même que celle de la majorité du public. Cet état de fait complique la situation, bien sûr, mais la langue du public n’en demeure pas moins aussi importante que la langue de travail. Grâce au travail monumental de Ray Lalonde et à quelques idoles adulées comme Alex Kovalev et Jaroslav Halák, cette importance a été gommée pendant des années; des joueurs moyens sont devenus des célébrités royales quasiment inaccessibles, tenus en serre chaude par l’organisation. Toutefois, il était inévitable que le voile se déchire tôt ou tard. Si les Canadiens ne veulent pas commencer la saison prochaine dans une fournaise infernale, ils doivent trouver rapidement des solutions.

La fin du déni

Il y a les fausses solutions, bien sûr, comme se reposer sur les sectaires de la Flanelle drapés dans la rectitude politique. Ces apologistes traitent les unilingues francophones d’attardés et les défenseurs du français de racistes et de xénophobes; ils nient la dimension promotionnelle du travail des joueurs et accusent les médias de faire tout un plat avec la langue. Pourtant, les sondages de QMI (Journal de Montréal) et de CROP (La Presse) confirment la colère de la majorité des amateurs face à l’attitude de Tricolore au sujet de la langue française. Ces tentatives de bâillonner les amateurs par la honte ne fonctionnent plus. Les Canadiens ne sont pas un groupe vedette de rock en tournée mondiale. Ils sont une entreprise québécoise dont la majorité de la clientèle est francophone.

Curieusement, les intransigeants des Canadiens affirment qu’ils n’ont pas à s’occuper de la langue française, puisqu’ils sont une entreprise privée. Comme si les entreprises privées présentes au Québec n’avaient aucune responsabilité concernant le français! Nulle entreprise ne peut ignorer le contexte social dans lequel elle évolue. D’un autre côté, chaque partisan qui quitte le Titanic tricolore pour se tourner vers une autre équipe se fait immanquablement traiter de « traître » par ces mêmes fanatiques intraitables, comme si l’« entreprise privée » qu’est le Canadien redevenait tout à coup une religion dont chaque apostat méritait la pendaison.

Voter avec son portefeuille

De plus en plus d’amateurs francophones de hockey, conscients de l’hypocrisie de la haute direction des Canadiens, s’affranchissent de cette pensée unique et offrent leur appui à une autre organisation. Ils observent plusieurs équipes pour diverses raisons : le nombre de francophones (Lighning de Tampa Bay, Penguins de Pittsburgh), la proximité de l’équipe (Sénateurs d’Ottawa, Bruins de Boston), ou même le transfert d’un joueur aimé (Blues de Saint-Louis). D’autres militent pour le retour des Nordiques. Grâce à Internet, à NHL Center Ice et au probable retour des Nordiques, le statut de monopole du Canadien commence à s’effriter, et l’arrogance de sa direction aussi. Puisque les Canadiens n’offrent officiellement plus cette dimension culturelle unique sur laquelle ils ont bâti leur fortune, il est normal que les amateurs soient de plus en plus tentés de « magasiner » ailleurs une équipe qui ne leur tient pas un double langage.

Une soirée au Scottrade Center

19 mars 2011 à 7:00 | Publié dans Non classé | 1 Commentaire
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Le 10 mars dernier, j’ai eu la chance d’assister au match entre les Canadiens de Montréal et les Blues de Saint-Louis, au Scottrade Center. Malheureusement, mes photos ne sont pas très bonnes, alors j’espère que mes mots pourront vous transmettre une partie de l’enchantement de cette soirée.

Ma première visite a eu lieu le matin même, lorsque je suis allée faire des emplettes à la boutique. J’ai jasé avec le caissier, qui m’a mentionné avoir entendu parler des nouveaux fans des Blues au Québec, ainsi que de la terrible mise en échec de Zdeno Chara sur Max Pacioretty, et de l’enquête policière qui pourrait avoir lieu.

Voici quelques tee-shirts de joueurs. J’ai évidemment acheté celui de Jaroslav Halák. Comme vous pouvez le constater, Chris Stewart a rapidement monté en grade dans le service de marketing des Blues.

J’ai dû résister à ce tee-shirt avec de ravissantes roses bleues, ainsi qu’au sac fourre-tout juste à côté.

Il y a des articles pour ceux qui veulent afficher leur allégeance, mais qui ne portent pas très bien le bleu.

Enfin, comme nous étions deux jours avant la parade de la Saint-Patrick, les partisans des Blues pouvaient également se mettre au vert. J’ai vu plusieurs fans porter ces articles le soir du match.

Maintenant, pour les collectionneurs maniaques, voici respectivement les chapeaux en forme de tête-de-Louie, le grille-pain des Blues et la section pour animaux avec vêtements, gamelles et laisses pour vos amis à quatre pattes.

Chapeaux en tête-de-Louie :

Grille-pain :

Articles pour animaux :

Au total, j’ai pris un tee-shirt de Jaroslav Halák du modèle bleu foncé, celui avec le Gateway Arch sur le devant; deux épinglettes, un porte-clés et un drapeau pour ma voiture. Ce dernier achat est une véritable excentricité, mais je voulais savoir combien de temps il tiendrait sur ma voiture avant d’être arraché.

Je suis donc retournée à l’aréna le soir même. Ma photo du Scottrade Center ne rend pas justice à l’élégance de l’édifice, alors voici une photo repiquée du Web.

Une foule se dirige vers l’aréna; d’ailleurs, deux agents font la circulation autour du Scottrade Center avant et après les matchs. La photo ci-dessous a été prise après le match, alors que les derniers spectateurs attendaient de pouvoir traverser la rue :

J’assiste à une partie du réchauffement. Il y a un nombre respectable de fans du Canadien, dont quelques-uns s’approchent de la bande pour prendre des photos de Jaroslav Halák lorsque celui-ci laisse sa place à Ty Conklin devant le filet. J’étais dans la dernière rangée de la section 116 (en vert sur la carte ci-dessous), à une hauteur parfaite pour voir l’ensemble du jeu sans être trop loin.

Le Scottrade Center est un aréna chaleureux. Le public y est principalement composé de partisans de longue date qui appuient leurs favoris avec ferveur. Rien à voir avec les foules clairsemées du sud des États-Unis, qui semblent compter davantage de curieux d’un soir que de véritables connaisseurs.

Depuis la fondation du club en 1967, les Blues se sont enracinés dans la ville et ont adopté plusieurs traditions. J’ai la chance d’assister à la plus belle d’entre elles : la performance de la chanson Oh When the Blues par Charles Glenn, le chanteur officiel des Blues.

Glenn est la version locale de Charles Prévost-Linton, c’est-à-dire qu’il s’occupe habituellement des hymnes nationaux. Ce soir-là, cependant, des militaires canadiens et américains chantent les hymnes en l’honneur de la collaboration entre les armées du Canada et des États-Unis en Afghanistan. Rassurez-vous, l’hymne canadien était bilingue. Je remarque que quelques partisans des Canadiens tiennent des pancartes souhaitant bon rétablissement à Max Pacioretty et fustigeant Gary Bettman.

La partie commence enfin. On s’attendait à un duel de gardiens, mais les deux équipes au complet semblent intenses. J’ai lu par après les reportages mentionnant que les Canadiens étaient encore amorphes suite à l’incident Pacioretty. De mon siège, ça ne me semblait pas le cas. De la façon dont les joueurs bagarraient pour la rondelle, on aurait dit qu’ils semblaient davantage préoccupés par l’honneur de leur gardien respectif que les gardiens eux-mêmes! Rendons à Price ce qui lui revient : il a fait plusieurs arrêts splendides en première période. Et comme un bon gardien fait sa chance, il s’est fait sauver deux ou trois fois par les poteaux! De son côté, le quatrième trio des Canadiens a réussi à enfiler la rondelle derrière Halák. Mais l’infatigable David Backes réussit à niveler la marque sur un but bizarre, alors que Price a semblé perdre le contrôle de la rondelle. 

Pendant la partie, je converse avec mes voisins, des natifs de Saint-Louis et partisans de longue date. Ils me posent quelques questions pour me mettre à l’épreuve; je les convaincs, grâce à ma connaissance des joueurs et de la position des Blues dans le classement, que je suis une authentique partisane. Mon voisin immédiat, Bill, me raconte avoir été déçu de l’échange de Lars Eller. Partisan depuis 1985, Bill a beaucoup de respect pour Halák, mais il ne comprend pas encore pourquoi les Blues se sont départis d’un attaquant prometteur pour prendre un autre gardien, surtout avec Ben Bishop et Jake Allen à Peoria. Je comprends ce qu’il ressent; après tout, lorsque Carey Price a été repêché en 2005, personne ne comprenait pourquoi les Canadiens avaient sélectionné un autre gardien alors qu’ils avaient besoin d’un gros centre. Halák aura encore besoin de temps pour gagner la confiance de l’ensemble du public de Saint-Louis.

Mes voisins me font remarquer une autre tradition locale : chaque fois que la cloche sonne pour souligner un autre but des Blues, un homme dans la section 314 fait tourner une serviette au-dessus de sa tête, puis au dernier son de cloche, la lance dans la foule. Cet homme, connu à Saint-Louis sous le surnom de Towel Man, accomplit religieusement son œuvre depuis 1990!

Au premier entracte, un hot-dog jumbo chèrement payé me sert de souper. Puis, dès le début de la deuxième période, les Blues s’affirment : Andy McDonald compte un but habile sur lequel Price ne pouvait rien. Paul Mara et Ryan Reaves tentent ensuite de mettre de l’action avec une bagarre qui tombe à plat. J’en profite pour envoyer le restant de mon Coke rejoindre le hot dog dans mon estomac. 

Pendant ce temps, la mascotte Louie fait des siennes. Il se frotte le derrière sur l’épaule et le côté de la figure d’un partisan des Canadiens. Plus tard, un message à l’écran géant invite la foule à danser, puis montre des spectateurs en action au son de la musique. Un partisan des Canadiens danse particulièrement bien et avec entrain; Louie lui jette du maïs soufflé dessus, puis lui vide sur la tête un contenant gigantesque de maïs soufflé, presque aussi gros que lui-même. Enfin, il lui recouvre la tête et les épaules avec le contenant, sous les rires de la foule. Quelques minutes plus tard, l’énorme peluche bleue vient dans ma section et s’amuse avec les enfants (mon siège se trouvait juste devant la section réservée aux familles). J’attends mon tour, puis je fais un gros câlin au nounours. Mmmmmmmmmm, c’est doux, j’ai envie de le ramener à l’hôtel! Malheureusement, je n’ai pas eu le temps de me faire prendre en photo avec lui.

Photo : Dallin Merrill, photo mise en ligne le 28 mars 2009, http://dallin-erin.blogspot.com/2009_03_01_archive.html

 

L’atmosphère n’est pas si harmonieuse sur la glace. David Backes et Brian Gionta s’accrochent. Backes tombe sur les genoux, et Gionta, frustré, lui donne un coup au visage avec son bâton qu’il tient à deux mains. Je suis déçue de ce geste : je croyais que Gionta avait meilleur caractère. De plus, ce petit coup survient à peine deux jours après que Max Pacioretty s’est fait assommer. Heureusement, le geste est sans conséquence pour Backes, mais Gionta va réfléchir deux minutes au cachot. 

Au deuxième entracte, je reviens devant les comptoirs de bouffe. Les billets du Scottrade Center sont à bon prix, mais la bière, elle, est aussi chère qu’au Centre Bell. Une concession vend du Gooey Butter Cake, un dessert local qui fait la fierté de Saint-Louis. Comme je n’ai pas eu l’occasion d’en goûter, j’en commande un. Il s’agit en fait d’une version miniature du véritable « Gooey Butter Cake », un genre de crème pâtissière au goût prononcé de beurre, frite puis recouverte de sucre en poudre. Le mien était servi avec un petit plat de confiture. Heureusement qu’on me donne aussi des serviettes en papier pour essuyer les dégâts.

Trosième période. Une autre belle tradition du Scottrade Center est de diffuser une vidéo comparant Saint-Louis à la ville des visiteurs : célébrités, festivals, mets traditionnels… Tout ce que je me rappelle, c’est que le Mardi Gras de Saint-Louis a été opposé au festival Montréal en lumière, et la poutine au « Gooey Butter Cake ». Les deux sont aussi nocifs pour la santé, je vous le garantie. Je trouve sympathique que l’organisation des Blues donne un aperçu des autres villes de la Ligue nationale de hockey. 

Les joueurs commençaient à s’essouffler à la fin de la deuxième période. Il était donc normal qu’ils se montrent un peu brouillons en troisième, avec des gestes imprécis. Pendant ce temps, mes voisins et moi-même devenons nerveux : nous nous disons que les Blues se sont assis trop souvent sur une mince avance avant de la laisser filer entre leurs doigts. C’est alors qu’arrive la surprise du match : Matt D’Agostini, un ancien des Canadiens complètement oublié dans le duel Price-Halák, compte un but de toute beauté aux dépens du Tricolore.  Explosion de joie au Scottrade Center! Jacques Martin retire son gardien, mais ça ne fait que permettre à T.J Oshie d’ajouter un but à sa fiche en comptant dans un filet désert.

La partie est finie. Les joueurs donnent une accolade chaleureuse à Jaroslav Halák avant de saluer la foule et de retraiter au vestiaire. Halák, nommé première étoile du match, décrit un cercle sur la glace pendant que Louie fait des salamalecs devant lui. Il demeure ensuite au banc pour répondre aux questions d’un journaliste de la télévision. J’ai réussi à immortaliser ce moment à la manière d’Edgar Degas :

Plus tard, c’est avec le sourire broché d’une oreille à l’autre qu’il répondra aux questions de Renaud Lavoie, de RDS (merci à Mario pour la vidéo) :

Devant les comptoirs fermés, les partisans excités échangent leurs commentaires en sortant. Un groupe de partisans des Canadiens se fait huer en sortant d’une section. La foule s’écoule dans la rue sous la direction vigilante des agents de la circulation. Je prends en photo un groupe de partisans des Canadiens qui ont la mine basse; l’un d’eux me crie d’une voix amusée : « Paparazzi! Paparazzi! »

À l’hôtel, j’exulte. Les Blues ont gagné; Halák, sans avoir eu à se surpasser, a offert une solide performance. De son côté, Carey Price n’a pas a rougir de son travail; il a été le meilleur des siens dans la défaite. Et non, je n’ai pas dansé la danse de l’avantage numérique, même si j’en ai eu l’occasion. De toutes les traditions du Scottrade Center, c’est la seule que je n’aime pas.

Cependant, je suis sortie de l’aréna convaincue que les Blues ne devraient jamais déménager de Saint-Louis. Il s’agit de l’une des rares équipes  de la LNH qui ont réussi à s’imprégner de l’atmosphère de leur ville et à se bâtir une culture propre, comme les Flyers, les Penguins et les Original Six. Tout ce qui leur manque, c’est une coupe Stanley. Avec la jeune équipe qui commence à éclore, ils seront à surveiller les prochaines saisons.

Jaroslav Halák doit réapprendre à gagner

19 mars 2011 à 7:00 | Publié dans Non classé | Laisser un commentaire
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Cet article a initialement été publié le 19 novembre 2010 sur le site du Grand Club. Lorsque j’ai voulu mettre mon blogue à jour avec la publication du récit de ma soirée au Scottrade Center, je me suis rendue compte qu’il y manquait ce texte. Désolée de cet oubli. Pour ceux qui s’inquièteraient au sujet du gardien des Blues de Saint-Louis, il a retrouvé son aplomb et vient d’enregistrer son cinquième blanchissage de la saison face aux Kings de Los Angeles.

Après un début de saison brillant, les Blues de Saint-Louis se retrouvent maintenant dans une position délicate. Depuis la désastreuse défaite de 8-1 contre les Blue Jackets de Columbus, l’équipe se fait défoncer, et leur gardien numéro un, Jaroslav Halák, a accordé 19 buts à ses quatre derniers départs. Le gardien slovaque a-t-il perdu sa capacité à rebondir après une défaite, une caractéristique maintes fois célébrée à Montréal? Quelques méchantes langues de Montréal ont déjà annoncé que la « balloune » se dégonflait, et que le feu de paille était sur le point de s’éteindre.

Replaçons les choses dans leur contexte. Lors de la défaite contre Columbus, au cours de laquelle les patineurs de Saint-Louis avaient carrément pris congé, leur meilleur pointeur, T.J. Oshie, s’est fracturé la cheville. Il en a pour trois mois avant de revenir. Les Blues étaient déjà et sont toujours privés d’un autre attaquant clé, David Perron. Ajoutez-y les défenseurs Roman Polak et Barret Jackman, et vous obtenez une situation similaire à celle qui prévaudrait à Montréal si les Canadiens devaient se passer à la fois de Michael Cammalleri, de Brian Gionta, de Roman Hamrlik et de Josh Gorges. D’autres blessés sont revenus au jeu, mais l’autobus n’arrête pas de circuler entre Saint-Louis et Peoria, son club-école. Pourtant, les blessures n’expliquent pas à elles seules l’avalanche de buts accordés non seulement par Halák, mais aussi par Ty Conklin, son adjoint. Pourtant, Conklin est l’une des gardiens auxiliaires les plus réputés et a récolté un blanchissage pas plus tard que le mois dernier.

« Halák va se replacer le prochain match, répètent les amateurs de hockey qui l’ont connu à Montréal. Il l’a toujours fait. » Néanmoins, ce mantra ne fonctionne pas comme un ressort automatique; voilà les Blues viennent de subir cinq défaites, chacune plus inquiétante que la précédente.

Il faut avoir regardé au moins quelques-uns de ces matchs pour obtenir des éléments de réponse à ce blocage. Dans l’Association de l’Ouest, où le jeu est beaucoup plus ouvert et agressif que dans l’Est, Saint-Louis est l’une des équipes au caractère le plus défensif. Or, non seulement la défense a perdu deux de ses plus précieux membres, mais son esprit de corps même semble s’être érodé. Les Blues sont une équipe au fonctionnement capricieux : ils peuvent sortir en force pendant deux périodes, puis se désorganiser complètement en quelques minutes.

Au milieu de ce chaos, Halák lui-même se montre parfois imprévisible. Au cours des derniers matchs, tour à tour, il faisait des arrêts absolument brillants, subissait des buts sur lesquels il ne pouvait absolument rien, puis laissait passer des sapins inattendus. Il s’accroche et ne lâche jamais, mais semble parfois débordé et même ébranlé. Mercredi soir, en voulant balayer la rondelle, il l’a accidentellement envoyée dans son propre but. Cet incident aurait été cocasse si les Bleus avaient remporté la partie. D’ailleurs, les Blues, jusque là un peu endormis, ont été réveillés par ce but et ont joué comme des lions pendant plus de deux périodes, avant de se décomposer de façon spectaculaire.

L’an dernier, à Montréal, Halák a rarement subi deux défaites de suite. Et pour cause : dès qu’il en subissait une, on le clouait au banc! Et soudain, le voilà qui fait face à une séquence de défaites qui commence à s’allonger. Peut-il s’en sortir?

Un nouveau casse-tête

Faisons un retour dans le passé, plus précisément à Montréal, en janvier 2009. Carey Price est blessé à la cheville et Jaroslav Halák le remplace, secondé par Marc Denis. Le jeune gardien accorde des retours à la pelle, laisse passer de mauvais buts et entretient un pourcentage d’arrêt sous la barre des 90 %. Les fans expriment leur mécontentement, les commentateurs de 110 % se demandent quoi faire avec lui, et Guy Carbonneau, son entraîneur, dit publiquement : « S’il est honnête avec lui-même, il sait qu’il ne joue pas bien. Il doit se montrer plus fort mentalement. »

Quelques semaines plus tard, Halák remporte plusieurs victoires, puis se dresse devant les Canucks de Vancouver et arrache un blanchissage. La foule l’ovationne, il est louangé à 100 %, et Guy Carbonneau exprime sa satisfaction : « Il a apporté de la stabilité devant le filet » . C’est a partir de ce match que la réputation d’Halák à Montréal a pris son envol.

Je regardais Halák pendant la partie contre les Red Wings : il ressemblait à un élève perplexe devant sa copie d’examen, aux prises avec un problème de mathématiques particulièrement difficile. Depuis quelques mois, le gardien faisait penser à ces « geeks » qui résolvent des cubes Rubik machinalement, l’un après l’autre, tant ils en ont pris l’habitude. Halák gagnait la majorité de ses parties comme s’il résolvait la plus grande partie d’une caisse de cubes Rubik, les quelques cubes restants représentant ses défaites. Maintenant, on vient de lui enlever ses cubes Rubik pour les remplacer par un cahier complet de Sudoku. Voilà le nouveau casse-tête : comment fait-on pour remporter des parties avec une attaque qui ne compte presque pas, une défense poreuse et une équipe à la confiance fragilisée? Halák ne se plaint pas, Halák travaille à résoudre le problème. Mais cette fois, le problème est plus coriace, et la pensée magique « il va rebondir » ne suffit plus.

Une partie de la solution se trouve chez ses coéquipiers. Mercredi, malgré l’absence de joueurs importants et un jeu décousu, ils ont livré une belle bataille jusqu’au quatrième but des Red Wings de Détroit, qui est venu briser l’égalité. La défense s’est alors littéralement désintégrée, et les Wings sont venus importuner le gardien des Blues d’une manière qui rappelait les Capitals de Washington du printemps dernier. Au moins, on sait que les Blues peuvent montrer du caractère, mais ils doivent apprendre à jouer pendant 60 minutes, pour reprendre l’expression consacrée. De plus, l’interaction entre Halák et ses coéquipiers semblent un peu différente de celle qu’on voyait à Montréal. L’an dernier, Halák insufflait du courage à ses coéquipiers, alors que ces mêmes joueurs se montraient mous comme de la guenille devant Carey Price : une vraie équipe de Jekyll et Hyde. À Saint-Louis, toute la formation, attaquants, défenseurs et gardiens, vit et meurt d’un seul corps. Si un seul volet fait défaut, toute l’équipe échappe le match.

La saison dernière, Jaroslav Halák et Carey Price avaient des statistiques presque semblables, sauf une : le nombre de victoires. Les observateurs mentionnaient qu’Halák, à la différence de Price, trouvait le moyen de gagner. Il y a quelques jours à peine, Marc Denis, maintenant chroniqueur à RDS, affirmait que cette saison, Price apprenait à gagner. Maintenant qu’Halák se retrouve dans des circonstances différentes de celles qu’il a connues à Montréal, il doit prendre ces nouvelles données, résoudre le problème et réapprendre à gagner.

Peut-il le faire? Bien sûr que si. Il s’est déjà sorti de ce genre d’impasse.

Pendant ce temps, à Montréal…

Des admirateurs de Price se plaignent qu’Halák a toujours bénéficié de plus d’indulgence que son coéquipier après une contre-performance. La fatigue, les blessures des coéquipiers, le traitement salaud des adversaires… « Si c’était Price, vous lui seriez tombés sur la gueule », protestent-ils. L’an passé, cette différence de traitement était tout à fait normale. La mauvaise attitude de Price, attestée encore récemment par Marc Denis, nuisait à la confiance de ses coéquipiers et à ses propres performances; de son côté, même dans la défaite, Halák donnait toujours ce qu’il avait à donner.

Honnêtement, lorsqu’il vous arrive de devoir réparer la gaffe d’un collègue de travail, vous seriez indulgent s’il s’agit d’un travailleur habituellement efficace et aimable; par contre, s’il s’agit d’un employé geignard et peu porté sur l’effort, seriez-vous aussi clément? On récolte ce qu’on sème. Lorsque des fans de Price exigeaient qu’on fasse preuve de patience à son endroit, j’avais envie de répondre que je n’avais pas de patience pour les morveux. Qu’il ait 21, 25 ou 30 ans ne fait aucune différence. Le respect, ça se mérite.

Cette année, la situation se présente différemment pour Price. À cause de ses récents succès, bien entendu, mais surtout grâce à son changement d’attitude. Difficile de reconnaître le gardien qui, il y a six mois à peine, envoyait une rondelle au derrière d’un joueur des Capitals et écopait non pas d’une, mais de deux punitions pour conduite antisportive. Après quelques dizaines de taloches sur la gueule, Price a fini par comprendre ce que ses coéquipiers et les fans attendaient de lui et s’est comporté en conséquence. Ce n’est pas trop tôt, diront les cyniques. Peu importe : lorsqu’il connaîtra une séquence difficile, comme il arrive à tous les gardiens, les amateurs pourront enfin faire preuve de patience à son égard.

Parce que cette fois, il l’aura mérité.

Chut! Ne parlez pas d’Halák!

28 octobre 2010 à 7:17   | Publié dans Non classé | 1 Commentaire
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Après plusieurs semaines d’absence à cause de problèmes informatiques et de contretemps personnels, je vous reviens, pour le bonheur de certains et la colère de d’autres, car je replonge immédiatement dans l’éternel débat des gardiens. Eh bien, quoi? J’ai manqué les déclarations de Pierre Curzi, la Marche bleue et la saga de l’amphithéâtre de Québec, les huées contre Carey Price, la nomination de Brian Gionta… tant de sujets de polémique dont je n’ai pas pu profiter, il faut bien un grand coup pour compenser, non?

La vie en bleu

Alors que, comme d’autres amateurs de hockey à Montréal, j’apprends à connaître les sympathiques Blues de Saint-Louis; je découvre aussi l’effort qu’il faut livrer pour s’informer sur une autre équipe. Évidemment, le Tricolore monopolise l’espace médiatique. Comme fan des Canadiens, j’étais gavée d’information et surtout de verbiage médiatique à calories vides; j’étais comme un bébé nourri au biberon et au Pablum. Maintenant, comme fan des Blues, je dois chasser pour ma nourriture. Je sympathise avec les fans des Bruins, des Sénateurs et des autres équipes, qui peinent à se regrouper sur les forums sociaux sportifs en français. En sport comme en politique, pour que les partisans se trouvent, il faut qu’ils se manifestent. Commençons donc par cette magnifique photo, plaquée à la face de mes lecteurs comme une tarte à la crème que vous êtes libre de goûter ou de cracher :

Jaroslav Halák dans son uniforme des Blues de Saint-Louis, le soir de son blanchissage contre les Penguins

 

Si vous goûtez, vous êtes : a) un fan d’Halák ou des Blues; c) un fan de Price ou des Canadiens qui n’est pas perturbé à la lecture du mot « Halák » ou « Blues »; d) quelqu’un qui s’en fout.
Si vous crachez, vous êtes : a) un fan de Price ou des Canadiens qui devient gravement perturbé à la lecture du mot « Halák » ou « Blues »; b) toutes ces réponses.

Une bouffée d’air frais

Parlons d’abord de ceux qui goûtent.

Vous êtes fans de Price, vous haussez les épaules lorsque Jack Todd ou Martin Leclerc pond une autre chronique pour le démolir et vous badinez avec humour avec les fans d’Halák sur Internet? Alors je serai gentille avec vous. Tant mieux si Price joue bien et s’il est en train de gagner peu à peu l’estime des fans. Il est solide, il se comporte correctement et il a même récolté son premier blanchissage de la saison. D’ailleurs, il semble que l’équipe devant lui se soit enfin ressaisie et ne se fie plus principalement aux prouesses de leurs gardiens pour gagner.

Il faut admettre que Montréal profite de ce changement de dynamique. L’univers du hockey montréalais ne tournera peut-être plus autour des gardiens. Dans le cas de Price, ça lui donne de l’air pour respirer; il n’a qu’à être un joueur parmi les autres joueurs, et non Jésus le Sauveur, le Joueur de concession, l’Avenir des Canadiens, le Joyau de l’organisation et d’autres niaiseries de ce genre. Il n’a qu’à jouer. Dans le cas d’Auld… euh… on en reparlera après l’avoir vu jouer.

Vous êtes fans d’Halák et vous ragez encore de son départ? Profitez-en pour découvrir une nouvelle équipe. Celle des Blues, bien sûr, dans laquelle leur nouveau gardien n’a pas tardé à faire son intégration. Premier blanchissage samedi (face aux Penguins et à Sidney Crosby, en plus), deuxième étoile de la semaine dans la LNH : ceux qui croyaient qu’Halák allait se faire laminer par les robustes équipes de l’Ouest doivent commencer à se raviser. Au lieu d’acheter des bébelles du Tricolore ou de vous ruiner au Centre Bell, vous pouvez vous abonner à NHL Center Ice (20 $ par mois sur Internet), élargir vos horizons et suivre régulièrement Alex Ovechkin, Crosby, les Blues et le Lightning. Ça vaut mieux que de lancer des fléchettes sur le portrait de Pierre Gauthier.

Vous verrez qu’il y a du plaisir à parler des Blues et de Halák sans faire référence ni à Price, ni au Canadien. Ou à parler de Price et du Canadien sans faire référence à Halák, ni aux Blues. Paix aux partisans de bonne volonté.

Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom

Parlons maintenant de ceux qui crachent.

Pendant ces semaines où j’ai dû me contenter de suivre les discussions et de laisser quelques brefs commentaires, un phénomène nouveau s’est développé sur le site du Grand Club, le plus important forum social sportif au Québec : la censure anti-Halák. Aussitôt que le nom de Jaroslav Halák est mentionné, conjointement ou non avec celui de Carey Price, des inquisiteurs sortent aussitôt leur cassette d’intimidation aussi bien envers les fans que les chroniqueurs :
« Le débat est terminé, merci, bonsoir!
- Arrêtez de ramenez Halák, on est écœurés!
- Y’é parti, revenez-en!
- Gang de traîtres! Bon débarras! »
Etc., etc.
Il est fascinant de constater comment seuls les archi-fanatiques de Carey Price (lesquels, dois-je le rappeler, ne représentent qu’une partie de ses admirateurs) ont l’épiderme sensible juste à entendre parler de Vous-Savez-Qui. À les entendre, il faudrait bannir son nom de toute conversation, imposer le bâillon comme le fait si bien Jean Charest. Ces mêmes puritains, pourtant, n’ont pas hésité à claironner sa première (mauvaise) partie de pré-saison, alors qu’il a laissé passé 3 buts sur 18 lancers; ils seront prêts à le refaire à la moindre contre-performance.

Il est fascinant aussi de constater comment, à la moindre critique contre Price, ses avocats auto-proclamés hurlent qu’on s’acharne sur lui, pur agneau, victime sans défense des méchants cannibales de Montréal, martyr bien généreux de demeurer ici à souffrir au lieu d’exiger un échange loin de cet odieux bagne. Suit alors la litanie de sempiternels clichés non prouvés qui tiennent lieu d’arguments : les fans et les journalistes sont des sauvages, des bipolaires et des pseudo-connaisseurs, de toute façon aucun joueur ne veut venir à Montréal, les Québécois encore moins que quiconque… L’étiquette « Price-hater » est lancée aussi facilement que l’accusation de communisme dans l’Amérique des années cinquante. O’Byrne, Gill, Spacek et Gomez ont reçu l’un après l’autre leur concert de huées ou leur caisse de tomates pourries, mais ils n’ont jamais été défendus avec autant de zèle.

Toutefois, lorsque Price joue bien et que les nouvelles parlent moins d’Halák pendant quelques jours, ces mêmes prêcheurs sont-ils satisfaits? Bien sûr que non. Ils répètent, d’un ton triomphant : « Où sont les détracteurs de Price? » comme s’ils espéraient voir apparaître des sorcières pour le plaisir de les envoyer au bûcher.

On s’aperçoit que ces exaltés, au fond, sont plus obsédés encore par Halák que par Price lui-même, terrorisés que leur préféré ne puisse pas soutenir la comparaison à long terme.

L’art de secouer le chiffon rouge

Vous vous reconnaissez dans ce portrait? Alors je m’amuserai avec vous. Je préfère suivre Halák parce qu’il est bien plus inspirant que tous les Canadiens réunis. Carey Price est un bon gardien, mais il n’arrive pas à la cheville du Slovaque. Price doit rembourser aux partisans du Canadien les deux saisons d’immaturité et de passe-droits dont il a profité par deux saisons de bon travail (il semble avoir bien entamé la première). Halák a aidé le Canadien à se rendre en troisième ronde des séries éliminatoires pour la première fois depuis 1993, donc Price doit faire de même. Le jour où il aura rempli ces deux conditions, je le considèrerai comme l’égal d’Halák; pas après quelques bons matchs seulement. Comme Price est un débiteur à peu près insolvable, j’ai choisi d’observer les Blues plutôt que de ruminer la folie de Pierre Gauthier.

Par ailleurs, mes chers émules de Torquemada, je constate que Price a repris quelques trucs de son ancien collègue. Celui, par exemple, de faire preuve de modestie et d’attribuer le mérite de la victoire à ses coéquipiers. De remercier les fans de leur appui après avoir été applaudi lors d’un match. Les leçons d’Halák auront au moins profité à quelqu’un. Price serait-il devenu ce qu’il est sans la compétition de Jaroslav Halák plutôt que les tendres soins d’Alex Auld? Probablement pas. Bob Gainey lui changerait possiblement encore ses couches. Soyons justes : Halák lui-même ne serait peut-être pas devenu ce qu’il est aujourd’hui s’il n’avait pas eu à surmonter Price comme obstacle.

Vous en voulez plus? Pas de problème. Ajoutons que les amateurs, les journalistes et les joueurs eux-mêmes ont rendu un meilleur service à Price en l’étrillant que Bob Gainey en le chouchoutant, même si certains ont exagéré avec leurs huées. Rappelons qu’Halák a récolté cinq blanchissages l’an passé; Price, aucun. Samedi dernier, Halák a eu son premier blanchissage de la saison, environ soixante minutes avant Price (il y a une heure de décalage entre Saint-Louis et Montréal). Halák a vécu longtemps dans l’ombre de Price, Price doit maintenant vivre avec le fantôme d’Halák.

Continuez votre croisade anti-Halák, et je continuerai à vous parler d’Halák et de Price, rien que pour rire en lisant vos commentaires parsemés de mots en majuscules. J’adore ce petit jeu.

Je me souviens

Price est maintenant le gardien numéro un du Canadien? D’accord. Il est capable de « faire la job »? Tout à fait. Une grande partie des fans du Canadien ont choisi d’aller de l’avant et de faire confiance à Price? Je respecte leur choix. Mais que Price fasse oublier Halák? Jamais de la vie. Même pour des inconditionnels du Canadien, il devrait y avoir une différence entre faire confiance aux joueurs qui restent et oublier avec ingratitude ceux qui s’en vont. Je connais de loyaux fans du Canadien qui, tout en continuant de suivre le Tricolore, prennent encore leur dose de Pepto-Bismol pour digérer le départ d’Alex Kovalev. D’autres ont hâte à la visite des Ducks et de Saku Koivu au Centre Bell. Nombreux sont ceux qui suivent encore les tribulations de Francis Bouillon et de Steve Bégin. Ces fans-là n’oublient pas.

Alors, oublier Jaroslav Halák? Faites une croix là-dessus. Même les fans sensés qui ont consciemment choisis de donner une autre chance à Carey Price n’oublieront pas Halák. Il fera partie de leurs plus beaux souvenirs.

Remplacez votre Molson par une autre bière québécoise

24 août 2010 à 7:10 | Publié dans Non classé | 3 Commentaires
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Microbrasseries du Québec, par Jean-François Joannette et Guy Lévesque. Saint-Constant, Éditions Broquet, 2009, 280 p.

Hé bien! Dans mon dernier billet, je commentais l’idée de boycotter Molson d’un point de vue extérieur, tout en mentionnant ma propre contribution. D’après les commentaires reçus, on croirait presque que je suis à la tête du mouvement! Au début, j’ai été un peu piquée, puis je me suis amusée de voir que mon billet dérangeait à ce point. Mes détracteurs m’ont fait comprendre qu’il y avait là une belle occasion de m’amuser avec la controverse.

Je pensais répondre aux objections dans la section des commentaires, mais l’espace requis me fait plutôt opter pour un nouveau billet.

Pourquoi boycotter Molson?
Chacun a ses raisons, mais le motif général est la lassitude de nombreux amateurs des Canadiens de se faire prendre pour acquis par la direction du club et l’impression d’avaler des couleuvres à répétition. Ce peut être :
- l’échange ou l’abandon de joueurs populaires (Mike Ribeiro, Steve Bégin, Alex Kovalev, Jaroslav Halák);
- l’indifférence face au talent francophone et québécois (faible nombre de Québécois et de francophones repêchés ou embauchés, embauche d’un Canadien-anglais comme entraîneur des Bulldogs de Hamilton);
- l’absence d’aide et d’encouragement aux joueurs à apprendre le français;
- la hausse des prix (billets, bière, nourriture);
- toutes ces réponses.

Geoff Molson n’occupe pas encore le poste de président. Pourquoi le prendre pour cible?
Ce n’est pas Geoff Molson personnellement qui est visé, mais toute l’organisation des Canadiens. Même pendant les années où George Gillett était propriétaire, Molson était le commanditaire exclusif de bière des Canadiens, et une section entière de l’amphithéâtre s’appelait déjà la zone Molson Ex.

Si je délaisse la Molson, ne vais-je pas nuire à des travailleurs québécois?
Ça dépend par quelle bière vous la remplacez, si vous la remplacez, bien sûr. Si vous tenez à encourager l’emploi et le savoir-faire québécois, optez pour l’une des dizaines de microbrasseries qui offrent des centaines de marques de bière. Presque toutes les régions du Québec ont un ou plusieurs microbrasseurs. De plus, dans la région de Montréal, de nombreux pubs brassent leur propre bière, dont les 3 brasseurs, L’amère à boire et le Brutopia.
À noter que la brasserie Unibroue a été achetée par Sleeman, elle-même acquise par le brasseur japonais Sapporo. Ça n’enlève rien à la grande réussite québécoise du brasseur de la Maudite, de la Blanche de Chambly et de la Fin du monde. Néanmoins, si vous préférez encourager les brasseurs émergents, vous verrez à votre épicerie locale et dans de nombreux bars que le choix ne manque pas.

Et la Budweiser? N’est-ce pas une bière américaine?
Je mentionnais dans mon dernier billet que la Budweiser est originaire de Saint-Louis, la ville où jouera Jaroslav Halák à partir de la prochaine saison. La Budweiser a été créée par Anheuser-Busch, qui a des liens commerciaux très étroits avec Labatt.
Ce qui est intéressant, c’est qu’au Canada, la Budweiser et la Bud Light (et possiblement la Bud Light Lime) sont fabriquées à la brasserie Labatt de LaSalle.
Enfin, pour répondre à la question de certains, Molson fabriquera bel et bien de la Labatt Bleue et Bleue légère, mais les stocks produits sont entièrement destinés aux États-Unis. L’article mis en hyperlien explique les causes de cette étrange situation, qui découle des fusions d’entreprises de l’industrie de la bière et des lois américaines contre le monopole.
Bref, vous pouvez siroter une Budweiser ou, mieux encore, une bière locale sous le nez de Pierre Gauthier en toute tranquillité : ce seront encore les travailleurs québécois qui en profiteront. Par ailleurs, je rappelle aux partisans du retour des Nordiques que Labatt a donné son appui à un nouvel amphithéâtre à Québec.

Molson et les Canadiens contribuent à l’économie locale en créant des emplois, en achetant à des fournisseurs locaux, en contribuant à des projets communautaires etc. Ne devrions-nous pas leur être reconnaissants?
Félicitations aux Canadiens pour leurs projets communautaires. Cependant, il faut s’enlever de la tête que notre économie et nos emplois dépendent de Molson et des Canadiens. D’abord, les microbrasseries créent aussi de l’emploi et achètent à des fournisseurs locaux; d’ailleurs, la grande majorité des nouveaux emplois sont créés par de petites et moyennes entreprises.
Ensuite, les Canadiens sont plus dépendants de leur public que l’inverse : l’argent que l’amateur ne dépensera plus dans la bière Molson ou les produits des Canadiens seront dépensés ailleurs ou épargnés, ce qui ne ferait pas de tort aux finances personnelles de certains. Les Canadiens, par contre, tirent essentiellement leur survie du public québécois.
Par ailleurs, c’est très louable, les projets communautaires, mais ça n’achète pas au Canadien l’autorisation de se moquer de sa clientèle francophone (lire Marc de Foy à ce sujet) À en lire certains, nous devrions être confits de gratitude devant les dames patronnesses du Bleu-Blanc-Rouge qui sont bien gentilles de nous faire la charité. Sachez d’abord qu’il est devenu courant, voire indispensable, pour toutes les entreprises d’investir dans la communauté. Hydro-Québec, Alcan, SNC-Lavalin, Bombardier et tous les géants commanditent des spectacles, des œuvres de bienfaisance et d’autres projets communautaires. Les Canadiens ne sont pas une exception.
Ajoutons, enfin, que “le CH ne s’est jamais gêné pour envisager le recours à l’aide gouvernementale “: http://bit.ly/9nkNZJ ni pour faire de la publicité déguisée en pédagogie dans les écoles et avec l’aide d’une généreuse subvention du ministère de l’Éducation, à même vos taxes et impôts, s’il-vous-plaît.
Alors la reconnaissance, disons qu’elle devrait se manifester dans les deux sens.

N’y a-t-il pas d’autres causes plus nobles? La politique, l’environnement, la défense du français, la pauvreté?
Certes, mais ce site parle de sport. Qu’est-ce que qui vous dit que je ne m’intéresse pas à d’autres choses en dehors du hockey? Je suis capable de marcher et de mâcher de la gomme en même temps.
Par ailleurs, j’ai milité plusieurs années en politique et je me suis présentée deux fois comme candidate aux élections provinciales, pendant lesquelles j’ai pris la parole sur de nombreux sujets, notamment l’environnement, l’économie, l’éducation, le filet social et le système de santé. J’ai présenté un mémoire à la Commission parlementaire sur l’éducation et j’ai toujours voté. Alors côté implication politique, j’ai probablement une longueur d’avance sur tous mes détracteurs réunis.

Un boycott, est-ce vraiment utile?
On verra bien. Personnellement, j’ai expliqué dans mon dernier billet que, boycott ou pas, je n’étais plus capable d’avaler une bière distribuée par Molson, car j’avais l’impression de remplir les poches de deux entreprises, Molson et les Canadiens, qui rient de leurs clients. Ces entreprises n’auront plus un sou de ma poche, que ce soit chez moi, dans un festival, dans un bar ou n’importe où.
Ça fait des années qu’on entend des appels isolés au boycott de Molson, mais personne ne suit vraiment parce que chacun est isolé et croit que son choix est vain. Si de nombreuses personnes affirment leur choix de délaisser les produits de Molson en faveur d’autres boissons fabriquées ici, alors ces personnes auront l’impression que leur choix fait vraiment une différence.
Lorsque la LNH a voulu absorber la défunte Association mondiale de hockey, elle a d’abord refusé de garder les équipes canadiennes de la Ligue, soit les Oilers d’Edmonton, les Jets de Winnipeg et les Nordiques de Québec, à cause des pressions de leurs concurrents, soit les Canadiens de Montréal, les Maple Leafs de Toronto et les Canucks de Vancouver. Les amateurs des trois équipes en danger ont alors boycotté les produits Molson. Le chiffre d’affaires a chuté, forçant la famille Molson, alors propriétaire des Canadiens, à réviser sa position et à donner son accord à l’inclusion des équipes.
S’il fallait que la sauce prenne, et que de plus en plus de gens se détournent des produits Molson, alors la direction pourrait être forcée de faire des changements. Surtout si Labatt contribue au retour des Nordiques à Québec…

Varia :
- Mon projet avance, mais il n’est pas encore prêt. Il portera sur la langue française et le hockey. Je le présenterai dès que possible, et sûrement avant le début de la saison. Par ailleurs, il est possible que je parle encore de politique au passage, mais je ne ferai plus de chroniques de comparaison entre la politique et le hockey comme je l’ai fait pendant la saison 2009-2010.
- J’ai mon billet pour aller voir les Blues contre les Canadiens à Saint-Louis le 10 mars 2011 (vous pouvez acheter le vôtre au blues.nhl.com. Par ailleurs, les Blues vendent des forfaits pour des groupes de quatre personnes permettant de rencontrer des joueurs de l’équipe. Si ça vous intéresse, faites-moi signe, et je vous mettrai au courant de tous les détails.
- Pour les nouveaux fans du Lightning de Tampa Bay, on ne sait pas encore quand les billets pour les matchs individuels seront en vente. Pour l’instant, seuls les billets de saison sont en vente.

Voulez-vous toujours boycotter les produits Molson?

20 août 2010 à 7:21 | Publié dans Non classé | 2 Commentaires
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Image promotionnelle de Budweiser, récupérée au http://popsop.com/28000

Un militant du Parti Québécois a déjà dit que son parti avait le don de « s’autopeluredebananiser ». On pourrait dire la même chose de la direction des Canadiens de Montréal. Dans des conditions normales, un échange de deux gardiens de la Ligue américaine de hockey n’aurait pas dû faire tout un tapage. Mais voilà, l’échange de Cédrick Desjardins au Lightning de Tampa Bay a déclenché la fureur de nombreux amateurs parce qu’il touche deux nerfs sensibles du public montréalais que la direction du Canadien a déjà passablement écorchés : les gardiens et la présence francophone et québécoise au sein du Tricolore.

Réglons d’abord deux points. Premièrement, on entend déjà des fins finauds dire que des conditions normales, ça n’existe pas à Montréal, parce que les « fefans » sont chialeux, irrationnels et ignorants. J’ai déjà pris la défense des fans montréalais dans un autre billet : je n’y reviendrai donc pas. Deuxièmement, d’autres raisonneurs mentionnent que Desjardins n’est pas Québécois parce qu’il est né à Edmundston, au Nouveau-Brunswick. Rappelons que Desjardins est né à quelques kilomètres à peine du Québec et a grandi à La Pocatière. D’autre part, ne commençons pas à chipoter sur les détails de québécitude : la table est assez grande pour toute la famille, y compris pour Desjardins, Benoît Pouliot, Francis Bouillon (né à New York) et les autres demi-proto-quasi-Québécois à un détail près.

Feu de poubelle

Pierre Gauthier, le directeur général des Canadiens, a réussi l’exploit de transformer cet échange de club-école en un autre feu de poubelle que le service des communications du Tricolore devra éteindre. Rappelons le contexte. Après avoir échangé Jaroslav Halák, le héros des séries, il a ignoré les offres de Patrick Lalime et de Martin Biron, deux gardiens auxiliaires en quête de contrat, pour embaucher Alex Auld, un gardien auxiliaire aux statistiques comparables à celles deux précédents. De plus, Auld a obtenu un montant supérieur à celui finalement accordé à Biron par les Rangers. Comme Desjardins venait d’écouler une année exceptionnelle chez les Bulldogs de Hamilton (le club-école des Canadiens), les amateurs déçus se sont rabattus sur l’espoir, mince mais existant, qu’il puisse venir livrer concurrence à Price. Desjardins, un jeune homme de 24 ans, est décrit comme travaillant et compétiteur, des qualités également attribuées à Jaroslav Halák.

Dans une entrevue à CKAC, Desjardins a affirmé que lui-même et son agent ont signifié au Canadien que le jeune homme ne pouvait attendre plus longtemps une chance de se faire valoir dans la LNH. Gauthier, qui avait mis sous contrat Auld et Curtis Sanford, l’a envoyé courir sa chance à Tampa Bay. Donald Beauchamp, vice-président aux communications du Canadien, affirme : « C’est comme une faveur que nous faisons à Cédrick Desjardins car Curtis Sanford et Robert Mayer seront nos gardiens avec les Bulldogs de Hamilton cette saison. »

Mais qui Beauchamp croit-il tromper? De toute évidence, Gauthier voulait éviter que les amateurs scandent le nom d’un gardien québécois au Centre Bell dès que Carey Price y accorderait son premier mauvais but. Lorsque Jaroslav Halák, à l’automne dernier, a signifié à Bob Gainey, alors directeur général, du Canadien qu’il voulait jouer davantage ou changer d’équipe, il s’est opposé à une fin de non-recevoir : il constituait une solution de rechange, en cas de défaillance de Carey Price. Après son départ, Cédrick Desjardins est devenu cette solution de rechange. Et soudainement, l’ancien bras droit de Gainey se montre plus généreux envers Desjardins que son prédécesseur envers Halák? Le problème, c’est que si Carey Price flanche, il n’y a plus de gardien à développer à court et à moyen terme. Alex Auld et Curtis Sanford sont vieillissants et ne peuvent mener une équipe aux séries éliminatoires. Robert Mayer et Petteri Simila, les autres gardiens de la pépinière tricolore, sont encore loin de la LNH.

Les Éclairs de Tampa Bay

D’autres détails de cette transaction chicotent. De toutes les équipes de la LNH, fallait-il vraiment que Gauthier accepte l’offre de Tampa Bay, qui est en train de se développer une filière québécoise enviable? Desjardins y a probablement été recommandé par Guy Boucher, son ancien entraîneur à Hamilton et l’actuel entraîneur du Lightning. En plus de Guy Boucher et de ses deux adjoints (tous Québécois), Julien BriseBois, l’ancien DG des Bulldogs, pour seconder Steve Yzerman, le DG du Lightning. De plus, Yzerman a embauché Simon Gagné pour compléter le trio de Vincent Lecavalier et de Martin St-Louis. Gagné est un autre de ces Québécois dont le Canadien a décliné l’offre, cette fois parce qu’il n’y avait plus d’espace sous le plafond salarial. Si vous faites le calcul, en comptant les joueurs et les entraîneurs, Tampa Bay compte plus de Québécois et de francophones que le Canadien. Et les Québécois de Tampa Bay sont meilleurs que ceux de Montréal. Ajoutez-y Dominic Moore, un Ontarien largué par le Tricolore alors qu’il aurait pu lui rendre d’autres fiers services. En quelques semaines à peine dans l’uniforme bleu-blanc-rouge, Moore, qui s’exprime couramment en français, a prouvé son utilité au CH et a gagné l’estime des amateurs en quelques semaines à peine. Pourtant, en septembre, il rejoindra Gagné, Lecavalier et leurs coéquipiers sous le soleil de la Floride.

Au fait, qu’a obtenu le Canadien en retour de Desjardins? Les droits de la LNH sur un gardien finlandais, Karri Ramo, qui joue actuellement en Russie et qui y restera encore pour y écouler la dernière année de son contrat. Il possède une expérience totale de 48 matchs dans la LNH, dans laquelle il n’a rien cassé.

Le retour du chouchou

De plus, la transaction a été conclue et annoncée le jour même de l’anniversaire de Carey Price. Évidemment, plusieurs se sont empressés de relever l’ironie, comme s’il s’agissait d’un autre cadeau au jeune homme pour le conforter dans son statut d’« avenir du Canadien ». Dans le milieu politique, on essaie d’éviter ce genre de coïncidence. Si un ministre avait été en charge de ce dossier, son personnel aurait tout fait pour repousser la transaction d’un jour ou deux. Manifestement, Pierre Gauthier est totalement inconscient de ce genre de détail. Du coup, Donald Beauchamp doit gérer les conséquences rocambolesques que peuvent avoir sur une transaction de club-école des années de mauvaise gestion des gardiens et de la question francophone.

Gauthier aurait voulu faire de Carey Price l’un des joueurs les plus détestés de l’histoire du Canadien qu’il ne s’y serait pas pris autrement. Comme si ce n’était pas assez, le contrat de Price n’est pas encore conclu, et on chuchote que l’agent du jeune gardien tient la dragée haute à Gauthier, maintenant que son poulain est confirmé seul et unique numéro un, sans concurrent qui soit francophone, talentueux… ou les deux à la fois.

L’ABC du boycott

Alors, voulez-vous toujours boycotter les produits Molson? Parce que si c’est le cas, commencez donc par vous renseigner. Après l’échange d’Halák, j’ai poussé un soupir de lassitude en lisant le commentaire d’un internaute disant que dorénavant, il troquera la Molson pour de la Heineken. Pour son information et pour la vôtre, Molson distribue la Heineken, ainsi que plusieurs autres marques connues au Québec.

De mon côté, je n’ai pas choisi rationnellement de boycotter les bières Molson. Néanmoins, c’est plus fort que moi : quand je vois une bouteille de bière distribuée par Molson, j’ai l’impression de me faire rire de moi. Du coup, il m’est devenu impossible d’avaler une gorgée de leur houblon. Êtes-vous réellement décidé à ne plus verser un sous dans les caisses du commanditaire des Canadiens? Alors vous devrez éviter les bières dont la marque comprend les noms suivants :
- Molson;
- Coors;
- Rickard’s;
- Corona;
- Heineken;
- Miller;
- Black Ice;
- Laurentide;
- O’Keefe’s;
- Tornade;
- quelques autres encore, dont la liste complète se trouve sur ce site.

Cette liste est trop longue à retenir? Vérifiez simplement le nom du distributeur sur l’étiquette ou la boîte. Par ailleurs, comme bière de substitution, je vous recommande toutes les microbrasseries québécoises, ainsi que tout ce qui porte le nom de Bud ou de Budweiser. Pourquoi ces deux dernières marques? Parce qu’elles sont produites par Anheuser-Busch, dont le siège social se trouve à Saint-Louis, le nouveau domicile de Jaroslav Halák.

Halák et ses « fefans » émotifs

24 juin 2010 à 7:30 | Publié dans Non classé | 1 Commentaire
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Caricature de Serge Chapleau, La Presse, 19 juin 2010.

Depuis l’échange de Jaroslav Halák, on entend de nombreux prétentieux sermonner les partisans en colère qui menacent de se révolter. Ces grands penseurs divisent les fans montréalais en deux classes. Eux-mêmes forment la classe minoritaire : des gens rationnels, sensés, connaisseurs, qui réfléchissent à long terme et approuvent Carey Price comme le seul choix évident. L’autre classe, majoritaire, rassemble les « fefans » émotifs, bipolaires, ignares, chialeux et myopes qui divinisent aveuglément Halák. Je ne reprends pas ici le débat Price-Halák; je dénonce seulement l’arrogance de ceux qui veulent discréditer ou faire taire les amateurs furieux de cet échange. 

Je ne vise pas les sincères admirateurs de Price, dont plusieurs ont exprimé leur sympathie à ceux d’Halák parce qu’ils comprennent ce qu’ils auraient eux-mêmes ressenti si leur propre favori avait été échangé. Je ne vise pas les fans qui, contents ou déçus de l’échange, ont choisi de donner le bénéfice du doute à la direction. 

Ceux que je dénonce sont les moralisateurs qui portent un jugement sur le commun des mortels dans le seul but de s’en différencier. Leur obsession n’est ni Price, ni Halák, ni même les Canadiens : leur obsession, c’est de s’élever au-dessus de la populace. Ils se servent dans ce but de tout un arsenal de sophismes méprisants, dont voici les principaux : 

« Revenez-en, c’est fait! » : Pardon? À peine un mois jour pour jour s’est écoulé depuis l’élimination du Canadien, une semaine depuis l’échange, et il faudrait déjà enterrer au plus sacrant le gardien qui nous a émerveillé de ses exploits, qui nous a impressionnés par sa force de caractère et son humilité? Les fans se font souvent traiter de vire-capot, mais ne vous attendez quand même pas à ce qu’ils digèrent cette décision avant longtemps. 

« C’est le choix de l’organisation » : Autrement dit, fermez-la, continuez à remplir le Centre Bell et à acheter des guenilles, parce que de toute façon vous n’avez aucun pouvoir, sauf celui d’ouvrir vos portefeuilles. Une belle attitude de mouton résigné, conséquence directe du monopole malsain des Canadiens de Montréal sur le hockey de la LNH au Québec. 

« Ce sont des hommes de hockey, ils savent ce qu’ils font » : Ben oui, mon kiki. Le président de BP connaît aussi son affaire, tout comme celui de Toyota. Ça n’a pas empêché ni l’un ni l’autre d’être convoqués au Congrès américain après que leurs compagnies respectives se soient royalement plantées. Pierre Gauthier est peut-être compétent, mais il n’est pas immunisé contre les erreurs : à titre de directeur-général des Sénateurs d’Ottawa, il a déjà échangé Pavol Demitra aux mêmes Blues de Saint-Louis contre le Suédois Christer Olsson. Après 20 parties, Olsson est rentré en Europe. Demitra a passé six saisons fructueuses avec les Blues avant de poursuivre sa carrière ailleurs. Alors oui, Gauthier peut se planter, tout comme il est arrivé à Bob Gainey de se planter avant lui. Faire aveuglément confiance à la direction, c’est comme donner un chèque en blanc à votre garagiste pour qu’il fasse toutes les réparations qu’il veut sur votre voiture. 

« Halák était trop gourmand » : les Canadiens n’ont même pas communiqué avec lui, ni avec son agent. De toute façon, pour ce qu’il a donné et la façon dont il a été traité, Halák avait moralement le droit de leur faire cracher le maximum, ne serait-ce que pour leur apprendre à épeler le mot « respect » en français, en anglais, en slovaque et en douze autres langues au moins. 

« La direction du CH ne doit rien aux fans » : celle-la, c’est la meilleure que j’ai lue. Et les millions en profits que l’équipe a empochés, ils sont tombés du ciel? Ils ont poussé dans les arbres? Ramenez une équipe à Québec, et vous allez voir que la direction du CH va se rendre compte qu’après tout, elle doit quelque chose aux fans, si jamais elle voit des gens dans les rues avec des chandails des Nordiques sur le dos et une diminution des cotes d’écoute de ses propres matchs. C’est ce que les Blackhawks de Chicago ont compris lorsque leur aréna s’est vidé, il y a de ça plusieurs années. Et on parle de l’une des Original Six, pas d’une équipe dans le désert. 

« Le hockey, c’est une business » : Peut-être, mais la business du sport professionnel, comme celle des arts, c’est de vendre de l’émotion. Et de l’émotion, Halák nous en a fournie à la tonne. D’ailleurs, si les Canadiens sont une business, les partisans sont ses clients. Ces clients peuvent exercer leur jugement. Le marketing a peut-être réussi jusqu’ici à masquer les faiblesses de l’équipe, mais le départ d’un joueur qui a conquis le cœur des partisans sans l’aide du service de marketing risque de changer la donne. 

« Vous êtes des émotifs » : Une bonne part de hockey est faite d’émotion. Si nous suivions vos principes, chers cerveaux logiques et rationnels, les Canadiens, cette petite équipe de huitième rang se serait fait balayer par Washington en quatre matchs, non, en trois matchs. C’est ce qu’ont prédit les savants experts. Néanmoins, c’est avec de l’émotion que les Glorieux ont renversé coup sur coup les gagnants du Trophée du Président, puis les champions en titre de la Coupe Stanley. Ils ont été éliminés par une équipe, les Flyers de Philadelphie, qui ont eux-mêmes comblé un déficit de 0-3 dans leur série précédente en puisant dans leurs émotions. Les experts ne font pas foi de tout. Le rôle des experts est de faire des calculs, et celui des joueurs est de défier leurs prédictions. Tout comme Halák a défié tous ceux qui lui ont prédit que sa petite taille et son rang de repêchage le destinaient, au mieux, à une carrière d’honnête auxiliaire. Je suis émotive? Merci du compliment. 

« Vous êtes des girouettes » : Cette accusation est dirigée vers les amateurs qui ont voté pour envoyer Price au Match des Étoiles, en janvier 2009, puis l’ont vilipendé quelques mois plus tard. Cet argument est de mauvaise foi : le Match des Étoiles a eu lieu avant que le public ne soit mis au courant des virées nocturnes de Price et de ses habitudes de prima donna. En fait, le public en général a évolué dans un sens plutôt logique, même si Price a payé très cher pour ses erreurs. 

« Price est encore là, rallions-nous tous derrière lui, soyez patients avec lui, etc. » : Price ne mérite ni le blâme, ni les huées. Ce n’est pas lui qui a pris la décision d’échanger Halák. D’un autre côté, les amateurs ne sont pas obligés de l’encourager si le cœur ne leur en dit pas. Après tout, l’applaudir revient à approuver l’échange d’Halák. Ordonner aux fans de se rassembler derrière Price ressemble à la stratégie de la cage à homard chère à Jacques Parizeau : laissons un seul choix aux partisans, pour qu’ils soient obligés de s’y faire. Je ne serai pas patiente avec Price et je ne le soutiendrai pas, puisqu’il me laisse maintenant indifférente.
Par ailleurs, les deux joueurs obtenus dans l’échange semblent intéressants et méritent d’être découverts. Le problème, ce n’est pas ce que le Canadien a obtenu, c’est ce qu’il a cédé. 

« Si vous êtes pas contents, il y a 29 autres équipes » : c’est en effet une option. Toutefois, ceux qui conservent un sentiment d’appartenance envers le Canadien ont le droit de garder un œil critique et un esprit lucide. Personnellement, j’aime mieux une foule d’amateurs passionnés mais exigeants à un troupeau de moutons dociles et obéissants. Il n’y a que les fans des Maple Leafs de Toronto qui sont assez bêtes pour accepter n’importe quelle forme de médiocrité, pourvu qu’elle soit ornée d’une feuille d’érable bleue. 

« Vous êtes des traîtres si vous lâchez les Canadiens » : Cet argument contredit le précédent, mais aucune logique ne freine les spécialistes de la mauvaise foi. D’ailleurs, les Canadiens ne sont pas une armée, et Pierre Gauthier n’est pas notre général. Nombre de partisans aiment l’équipe, mais conservent un goût amer de l’institution avec son marketing débridé, son carrousel d’entraîneurs renvoyés, son indifférence envers le repêchage local et le traitement réservé à certains de ses joueurs (rappelez-vous de Francis Bouillon). 

Vous êtes écœurés par l’échange d’Halák? Votre colère est légitime. Ne vous laissez pas marcher sur les pieds par les arrogants qui utilisent les faux arguments ci-dessus. Manifestez ou quittez le navire, mais ne vous sentez pas obligés de vous écraser.


 

Plusieurs commentateurs (Dany Dubé, Martin Leclerc, Yvon Pedneault, Scott Burnside, Ken Campbell) croient que Gauthier n’aurait pas choisi Price par aveuglément volontaire, mais aurait été coincé par le plafond salarial. Autrement dit, il ne devait pas choisir entre Halák et Price, mais entre Halák et Tomas Plekanec. Ce dernier était moins facile à remplacer, d’où l’échange. Pourquoi ne pas l’avoir dit ouvertement? Parce que le contrat avec Plekanec n’était pas encore conclu. Parce que c’était sans doute moins pire de coller à Price l’étiquette de chouchou que celle de bouche-trou. Enfin, parce que la colère des amateurs se serait tournée vers d’autres hauts salariés de l’équipe, notamment Scott Gomez (7,3 M$), Roman Hamrlik (5,5 M$) et Jaroslav Spacek (3,83 M$). Sans compter le demi-million que le contrat de Georges Laraque enlèvera à la masse salariale pendant encore deux saisons. 

De mon côté, tant qu’à taper sur quelqu’un, je choisis Andrei Kostitsyn. Repêché en première ronde la même année où Halák l’a été en neuvième, l’aîné des « frères K » a touché 3,25 M$ cette saison, contre 750 000 $ pour le Slovaque. Si vous faites le calcul, ça veut dire que ce gros jambon a reçu plus du quadruple du salaire de son coéquipier pour pratiquer l’art de patiner en dormant. 

Mais la direction du Canadien sait ce qu’elle fait, n’est-ce pas? Ce sont des hommes de hockey, pas vrai? 

Misère. La prochaine saison va être longue.

Qui veut noyer Halák l’accuse de la rage

18 juin 2010 à 7:45 | Publié dans Non classé | Laisser un commentaire
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En fait, le véritable proverbe est « qui veut noyer son chien, l’accuse de la rage », de la pièce Les Femmes savantes, de Molière.

Que Jaroslav Halák soit échangé, je peux le concevoir, même si c’est à mes yeux une bourde monumentale. Qu’on veuille faire de Carey Price le gardien d’avenir, je peux le concevoir.

Mais ceux qui prétendent que c’est le bon choix parce que Jaroslav Halák ne voulait pas revenir à Montréal de toute façon, font preuve d’une une ânerie sans fond.

Depuis l’élimination des Canadiens, des soi-disants connaisseurs prétendent qu’Halák ne voulait rien entendre de signer avec Montréal. Ils s’appuient sur sa lassitude vis-à-vis des journalistes pendant les séries éliminatoires. Halák n’a pas été le seul joueur à montrer son impatience devant les médias, une réaction bien normale après six semaines épuisantes de séries éliminatoires.

Pendant dix ans, chaque point de presse d’Andrei Markov lui semblait aussi agréable qu’une séance chez le dentiste. Il a pourtant signé de nouveau avec Montréal, lui qui aurait pu facilement se trouver un poste ailleurs. Scott Gomez a déjà traité les journalistes d’ugly mugs (« bouilles affreuses »). Ça ne l’a pas empêché de professer un enthousiasme sincère envers Montréal, même vers la fin de la saison et pendant les séries. Tomas Plekanec, interrogé sur sa performance décevante en séries, a répliqué avec agacement : « Ai-je été si mauvais? » Plekanec, l’un des agents libres sans compensation les plus convoités, veut pourtant revenir; son agent a récemment déclaré que les négociations entre son client et le Canadien allaient bon train. Un joueur peut aimer Montréal et ses partisans sans être obligé d’aimer les journalistes. Tout le monde n’est pas Michael Cammalleri.

Par ailleurs, on ressort encore cette rumeur stupide voulant qu’Halák ait demandé à être échangé en décembre dernier. Correction : Halák a demandé à jouer davantage, point-barre. Il a dit à l’organisation : faites-moi jouer ou échangez-moi. Ce n’était pas le désir de quitter Montréal, mais celui d’obtenir davantage de temps de glace qui l’a poussé à entreprendre cette démarche.

D’autres internautes lancent qu’Halák était sur le point de signer un contrat avec la KHL, ou encore que son agent a une réputation épouvantable à travers la Ligue, etc. N’en jetez plus, la cour est pleine.

Je ne sais pas si ce sont certains fans finis de Carey Price sont à l’origine de ces rumeurs. Toutefois, je soupçonne une opération de spinning (dorage) pour faire passer la pilule aux amateurs. Puisque le public de Montréal veut « Jaro », essayons de le convaincre que « Jaro » ne voulait pas de Montréal. Même François Gagnon et Jean-François Bégin avaient renchéri en affirmant qu’Halák en avait assez du cirque montréalais. Gagnon en rajoute une couche dans son blogue aujourd’hui. Gagnon est un journaliste consciencieux, mais un commentateur émotif. Partisan des Sénateurs d’Ottawa qui subit les tortures des fans les plus déchaînés des Canadiens, il aime livrer des interprétations douteuses afin de les faire souffrir à leur tour et de leur rendre la monnaie de leur pièce. S’il le pouvait, il accuserait directement les fans d’être responsables du départ d’Halák.

Sauf que certains faits contredisent ces fabulations sur ce que pense Halák de Montréal. Pendant la série contre les Flyers de Philadelphie, le magazine L’Actualité a envoyé un journaliste préparer un reportage sur la famille et le quartier d’enfance de Halák. Le reportage et les commentaires de ses parents ne laissent aucunement croire qu’Halák était malheureux à Montréal. Peu de temps avant ces déclarations, le gardien lui-même avait accepté de donner une entrevue exclusive parue dans le magazine La Semaine, une décision que l’on prend lorsqu’on veut soigner ses relations avec le public. Ce n’est pas exactement le genre de comportement de quelqu’un qui veut fuir à tout prix.

Numéro un, à Montréal ou ailleurs

Absolument rien ne prouve que Jaroslav Halák voulait quitter Montréal. Ce qu’il voulait, c’est un poste de numéro un. Souhaitons-lui la meilleure des chances avec les Blues de Saint-Louis. Il sera superbe dans son nouvel uniforme bleu.

Bien sûr, Halák, au centre de rumeurs d’échange depuis quelques années, était préparé à cette possibilité. Rester à Montréal n’était certainement pas une question de vie ou de mort pour lui. Toutefois, prétendre qu’il voulait prendre les jambes à son cou est une manœuvre odieuse destinée à faire taire ses admirateurs consternés et furieux de son départ.

Pierre Gauthier lui-même a affirmé que le jeune homme aimait Montréal et sa communauté. Accordons à Gauthier le mérite d’assumer pleinement sa décision : il a choisi Price. Il n’a pas tenté de trouver des prétextes et il semble prêt à vivre avec la colère des nombreux fans montréalais. C’est tout à son honneur.

Price meilleur… devant les médias

Parlons maintenant de Carey Price, qui n’a apparemment plus personne pour lui disputer son trône. Il a du potentiel, soit. Il a pris de la maturité, d’accord. D’ailleurs, je dédie une baffe à tous les imbéciles qui le hueront au Centre Bell la saison prochaine, à moins qu’il n’envoie un doigt d’honneur au public.

Certains vont trop loin en garantissant déjà que Price sera assurément à la hauteur. Ces fans finis prétendent que Price est fin prêt parce qu’il a démontré de la maturité devant les journalistes. Price veut davantage demeurer à Montréal que son collègue slovaque, selon François Gagnon, parce qu’il compose mieux avec l’attention qu’on lui porte. Comprendre : il a mieux « performé » devant les journalistes.

Cet argument au sujet des médias me fait décrocher la mâchoire. Depuis des années, on nous serine qu’un joueur doit être choisi pour son talent et non pour son aisance avec les médias. Des journalistes et des amateurs ont voulu nous vendre Markov comme capitaine, malgré son peu d’aisance devant les médias, en nous jurant que jamais, au grand jamais, un capitaine n’a eu pour rôle de représenter l’équipe auprès des médias. Pour la même raison, ces mêmes journalistes et amateurs ont pris la défense de Saku Koivu, qui ne parlait toujours pas français devant les médias presque dix ans après être devenu capitaine.

Et maintenant, on veut nous faire gober qu’il est normal de sacrifier un gardien accompli, travailleur, dévoué et aimé de ses coéquipiers et du public, un gardien qui a joué les héros devant les puissants Capitals de Washington et les Penguins de Pittsburgh, sous prétexte qu’il n’a pas fait preuve d’assez de chaleur devant les médias? Tant de mauvaise foi me révolte.

Oh, mais il faut ajouter que Price a pris de la maturité. La preuve, c’est qu’il a grondé Sergei Kostitsyn lorsqu’il a quitté l’entraînement avant la fin. Excusez-moi, pardon. La preuve est entendue, Price deviendra un grand gardien, que dis-je, une légende, et mènera les Canadiens à la Coupe Stanley, puisqu’il a été capable de remettre Kostitsyn à sa place.

Les dés encore pipés en faveur de Price

Si je fais de l’ironie, ce n’est pas pour rabaisser le potentiel de Price. Néanmoins, comme disent les anglophones, « the proof is in the pudding »; on juge quelqu’un par ses résultats et non par ses promesses. Certes, Price n’est plus le jeunot immature qu’il était à son arrivée à Montréal. Si Halák n’avait pas été là, j’aurais parié sur lui. Mais voilà, Halák est devenu une valeur sûre, beaucoup plus sûre que Price en tout cas. Price n’a pas mené son équipe à la troisième ronde des éliminatoires en passant par dessus les récipiendaires du trophée du Président et les champions en titre de la Coupe Stanley. Price n’a pas surpris tous les experts aux Jeux Olympiques en traînant son équipe nationale jusqu’au pied du podium. De plus, à son dernier départ sur la glace, le seul endroit qui compte, Price a démontré toute l’étendue de sa maturité… en écopant de deux stupides pénalités pour conduite antisportive. Alors sa maturité, mettons que je mets encore un gros point d’interrogation dessus.

J’insiste : le problème n’est pas d’avoir gardé Price, mais d’avoir sacrifié Halák pour lui. Price n’est pas un deux de pique, bien au contraire. Néanmoins, ceux qui disent que c’est garanti avec Price, qu’il deviendra un dieu sur patins à l’âge de 25 ou 26 ans, gardez-vous une petite gêne, je vous prie. Attendez qu’il se soit bâti une fiche respectable de victoires, de pourcentages d’arrêts et de nombres de buts accordés par match, en plus de se comporter sagement sur la patinoire et à l’extérieur. À ce moment-là, il sera passé de gardien prometteur à gardien confirmé.

En préférant Price à Halák, Pierre Gauthier a sacrifié un gros « oui » pour miser sur un énorme « peut-être ». De plus, il a déclaré avoir assuré à Price qu’il serait de retour l’automne prochain. Sur ce point, il aurait mieux fait de se taire : en confirmant que les dés était déjà pipés en faveur de Price, Gauthier vient de lui recoller l’étiquette de « chouchou » dont le jeune homme a eu tant de peine à se débarrasser. Toute vérité n’est pas bonne à dire. C’est peut-être ce qui m’enrage véritablement : encore une fois, Halák a été traité non pas comme un joueur utile pour le Canadien, mais comme un obstacle à la progression de Price. Espérons que ce dernier fera preuve de plus d’habileté que son directeur général pour se gagner l’estime des partisans.

Bon, je vous laisse, je me magasine une vuvuzela sur Internet pour aller en jouer sous les fenêtres de Pierre Gauthier.

Rituels et superstitions

16 mai 2010 à 7:14   | Publié dans Non classé | Laisser un commentaire
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Église Saint-Patrick, Québec. Photo recueillie sur Flickr.

Un petit billet hors de l’ordinaire, portant sur les superstitions dans le sport. Pas de politique cette fois-ci, puisqu’il n’y a pas de superstition dans ce domaine. Fort heureusement!

            Juste avant le dernier match contre les Penguins, je soupais chez mes parents, qui m’avaient invitée à regarder la partie. Lorsque mon père m’a offert du vin à boire, j’ai poliment décliné, expliquant que je ne buvais jamais d’alcool pendant les parties. Les quelques fois où je me suis débouché une bière devant la télévision, les Canadiens ont perdu.

            Mes parents n’en croyaient pas leurs oreilles. Eux qui avaient élevé leur fille dans la pensée cartésienne et l’athéisme absolu, découvraient qu’elle se livrait à la superstition. « C’est un rituel, pas une superstition », expliquai-je en vain. Mon père, qui ne manque jamais une occasion de me tirer la pipe, a refusé cette justification et s’est moqué de moi.

            Comme les joueurs, de nombreux fans ont leurs rituels pour repousser le mauvais sort loin de leur équipe ou simplement pour apaiser leur tension pendant les matchs. Alors que germait en moi l’idée de ce billet, Josh Freed, de la Gazette, a publié un article sur les rituels et les superstitions des fans de la Flanelle et d’autres équipes, tant du hockey que d’autres sports. L’un de ses amis, pas exemple, a entendu sa fille chanter Na na na hey hey goodbye pendant deux parties de la série contre les Penguins. Les deux fois, les vilains manchots sont revenu de l’arrière et ont remporté la partie. Lorsqu’elle a récidivé, mercredi dernier, son père l’a immédiatement arrêtée. On se souvient également que le mot en « B » (blanchissage) est tabou tant que l’autre équipe n’a pas marqué.

            Il y a également certaines croyances collectives qui ont la vie dure. Ainsi, les Cubs de Chicago, au baseball, seraient victimes de la fameuse malédiction du Billy Goat. Le 6 octobre 1945, le propriétaire de la taverne Billy Goat s’est présenté au match avec sa chèvre. L’odeur de l’animal indisposant les autres spectateurs, on demanda à son propriétaire de quitter les lieux. C’est alors qu’il a déclaré que les Cubs ne gagneraient plus jamais. Les Cubs perdirent la Série mondiale cette année-là et n’ont jamais pu accéder à la finale, malgré toutes les tentatives de briser la malédiction, y compris par le neveu du propriétaire du Billy Goat.

            À Montréal, il est commun de croire que les « fantômes du Forum », ceux des glorieuses légendes du passé qui occupaient le temple qui a abrité de nombreuses victoires, n’ont jamais digéré que l’équipe déménage ses pénates au Centre Bell, en 1996. Peut-être que la vaillance de l’équipe actuelle et les nombreuses qualités sportives de son gardien convaincront-ils les nobles spectres d’emménager dans la nouvelle demeure des Glorieux, qui accèdent à la troisième ronde pour la première fois depuis 1993, année de leur dernière Coupe Stanley.

            De plus, chez les fans montréalais, beaucoup de rituels et d’expressions sont tirées de la religion catholique. Il ne s’agit pas d’un renouveau religieux, mais d’une forme de paganisme joyeux qui recycle la culture religieuse pour l’amalgamer à sa culture sportive. De toute façon, avec tout ce dont l’Église catholique s’est rendue responsable, probablement que la seule chose pour laquelle il est encore décent de prier à l’Église est une victoire des Canadiens. On se souvient du fameux pèlerinage de Jacques Demers à Sainte-Anne de Beaupré, juste avant la conquête de la Coupe de 1993.

            À part l’abstention d’alcool, je pratique à l’occasion un autre rituel. Comme j’habite au Quartier chinois, je vais souvent, entre deux périodes, me chercher un pâté à la viande, un dessert asiatique et un jus dans l’une des petites pâtisseries du coin. Or, j’ai remarqué que lorsque je prenais comme dessert une pâtisserie au haricot rouge, les Glorieux remportaient la partie. Il arrivait même qu’après une mauvaise période, je revienne avec mon souper puis, aussitôt que j’attaquais mon dessert au haricot rouge, les joueurs du Tricolore reprenaient de l’énergie. Je n’utilise pas ce truc à toutes les parties, pour ne pas abuser de la chance, mais inutile de vous dire que mercredi dernier, chez mes parents, j’avais apporté ma précieuse pâtisserie au haricot rouge.

            Et vous quelles sont vos superstitions… euh, je veux dire, quels sont vos rituels?

Varia :

- Un curieux débat a récemment éclos à Montréal. Qui est le véritable responsable des succès des Canadiens, Jaroslav Halák ou la brigade défensive? Débat stupide à mon avis, puisque les deux ne sauraient fonctionner l’un sans l’autre. Les défenseurs bloquent l’enclave et laissent tirer les adversaires de la périphérie. Halák a donc raison d’êter modeste et de souligner le mérite de ses défenseurs. Cependant, un tel système ne fonctionnerait pas si les défenseurs n’avaient pas une confiance totale et absolue envers leur gardien. Halák leur inspire cette confiance.

- D’habitude, je respecte les adversaires, mais comme toute règle a son exception, je fais aller ma langue de vipère sur les Flyers, que j’ai toujours détestés pour leur mentalité primitive. Alors allons-y avec les blagues douteuses :

Fan des Flyers qui s'assume

  • Savez-vous pourquoi autant de Flyers sont édentés? Parce que ça les fait paraître plus sexy aux yeux des dames de Philadelphie.
  • Savez-vous pourquoi les Flyers se laissent casser les dents? Pour ne plus avoir la corvée de les brosser.
  • Savez-vous pourquoi Scott Hartnell ne se fait pas couper les cheveux? Parce qu’ils sont englués à son casque de toute façon.
  • La mascotte de Bruins de Boston vous a avertis : ne sortez jamais avec une fan des Flyers, même si elle rase sa moustache.

Publicité des Bruins de Boston

Guerre de nerfs (Jean Charest/Bruce Boudreau)

8 mai 2010 à 6:41   | Publié dans Chroniques politiques | 1 Commentaire
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Jean Charest (photo tirée de Cyberpresse, droits d’auteur : Gesca); Bruce Boudreau (photo tirée de Cyberpresse, droits d’auteur : AP)

Les séries éliminatoires sont au hockey ce qu’une campagne électorale est à la politique: un sprint, des heures de fou où on carbure à l’adrénaline et pendant lesquelles à peu près tous les autres volets de la vie des politiciens et des athlètes – famille, amis, loisirs – prennent le bord. La même situation s’applique aux autres participants à cette folle aventure, notamment les journalistes et les employés des organisations politiques et sportives.

Tous ceux qui croient que le sport n’a rien de « politique » dans le sens large du terme devront se raviser. Pendant les séries éliminatoires encore plus que pendant la saison, les athlètes et les entraîneurs se livrent une guerre de nerfs tant en dehors de la patinoire que sur la glace. Plusieurs d’entre eux y vont de déclarations controversées et des tactiques plus ou moins subtiles dans le but de déstabiliser l’adversaire. Ces déclarations font dévier l’attention sur des détails qui n’ont pas une grande influence sur le jeu lui-même, mais qui font vadrouiller la meute de journalistes et de sympathisants qui gravitent autour des partis et des équipes.

Beaucoup de bruit pour rien

Il est courant, en politique, de faire mousser tout un scandale autour de déclarations plus ou moins controversées d’un personnage afin de détourner l’attention des « vraies affaires », comme on dit, c’est-à-dire de dossiers importants comme le budget, l’état des routes, les résultats des élèves à l’écoles, les soins donnés dans les hôpitaux… On jette de la boue sur l’adversaire pour détourner l’attention de ses propres échecs. Jean Charest, premier ministre du Québec et chef du Parti libéral, est passé maître dans l’art de faire ce genre d’écran de fumée.

Pendant la campagne électorale de 2007, Charest avait fait ses choux gras de déclarations naïves (et parfois même imbéciles) de candidats peu expérimentés de l’Action démocratique du Québec. Les recherchistes du PLQ avaient fouillé le passé de tous les candidats adéquistes et avaient déterré toutes les déclarations, les textes et même les photos de pages Facebook qui pouvaient le moindrement causer de l’embarras à l’ADQ. Ainsi, le jeune Martin Otis, candidat dans la circonscription de Gatineau, avait candidement avoué avoir été « parachuté » dans le comté (envoyé dans le comté d’une autre région de la province), mais que par respect pour les électeurs, il ferait son possible pour faire du porte-à-porte les fins de semaine. Jean Charest s’était moqué sans retenue du jeune homme, alors que son parti, comme tous les partis d’ailleurs, comptait sur des candidats « poteaux », ces candidats sans aucune chance de l’emporter mais qui permettent à leur parti d’être représentés dans tous les comtés, condition indispensable pour participer au débat des chefs. « Le poteau s’est planté », a commenté Charest dans un bel élan d’hypocrisie. Un autre candidat adéquiste, Jean-Lévy Champagne dans Hochelaga-Maisonneuve, a été victime de sa page Facebook, dans laquelle le jeune étudiant avait affichée une photo de party le représentant costumé avec un simple feuillage pour préserver la pudeur.

Il est certes utile de prêter attention à ces détails. En général, ces incidents insignifiants n’ont en soi rien d’important. Cependant, si un politicien accumule les gaffes, il devient peu à peu un boulet pour son parti, et se fait éventuellement montrer la porte. C’est ce qui est arrivé à André Boisclair, dont l’échec a moins à voir avec son homosexualité et sa consommation passée de cocaïne, qu’avec son manque flagrant de jugement vis-à-vis des médias et de son propre parti. D’un autre côté, il est désolant de constater à quel point la vie politique peut tourner autour de ces niaiseries.

Mes années de militantisme politique et mes deux campagnes électorales à titre de candidate me permettent de vous confirmer qu’il se gaspille une somme épouvantablement monumentale d’énergie, de temps et d’efforts à gérer ce genre d’âneries qui n’ont rien à voir avec le système de santé, le réseau d’éducation, les finances publiques ou les autres enjeux cruciaux pour l’avenir de notre société. C’est d’ailleurs en partie ce qui explique mon retrait de la politique après les élections de 2008. La majorité des gens qui entrent en politique, que ce soit à titre d’employé, de bénévole ou de candidat, le font avec l’intention sincère d’améliorer le sort des gens et de faire évoluer la société pour le mieux. Nombre d’entre eux, comme moi, quittent la politique, parfaitement dégoûtés par un immobilisme crasse qui éteindrait l’enthousiasme de n’importe quel volontaire, eût-il l’énergie d’un P.K. Subban.

Je te tiens par la barbichette…

Même pendant la saison, des propos hors glace peuvent retenir l’attention des journalistes et des amateurs. Citons l’escarmouche entre le joueur Maxim Lapierre et l’analyste Pierre McGuire lorsque ce dernier a affirmé que le jeune homme se faisait une réputation de lâche dans la LNH.

Cependant, pendant les séries éliminatoires comme dans les campagnes électorales, la guerre des mots bat son plein. Cette année, chez les Canadiens de Montréal, c’est Tomas Plekanec qui l’a involontairement lancée en affirmant que les gardiens des Capitals de Washington n’étaient pas Martin Brodeur ni Ryan Miller. José Théodore, le gardien partant des Caps, a rétorqué « Tomas qui? Jagr? » en faisant allusion à Jaromir Jagr, brillant attaquant autrefois membre du Tricolore. Plekanec lui a cloué le bec en comptant le but gagnant de la première partie de la série. Puis Alex Ovechkin, des Caps, a prétendu avoir vu la main de Jaroslav Halák trembler; Mike Green a affirmé que les Canadiens n’avaient pas beaucoup de ressources pour battre son équipe. Bruce Boudreau, l’entraîneur-chef de Washington, a laissé entendre que Jacques Martin, celui de Montréal, avait peut-être espionné l’un de ses entraînements. Boudreau et les Capitals pensaient utiliser la cohorte de journalistes montréalais à leur avantage pour déstabiliser les Canadiens, en jouant un genre de jeu de chicken dans lequel ils croyaient bien avoir le dernier mot. Ils étaient bien naïfs : les joueurs du Tricolore, habitués au zoo médiatique, n’ont pas bronché et se sont concentrés sur le jeu, avec le résultat qu’on connaît.

En deuxième ronde, Matt Cooke, des Penguins de Pittsburgh, sous-entendu que le jeune défenseur P.K. Subban, des Canadiens, faisait exprès de tourner sa lame de patin vers le haut lorsqu’il se faisait mettre en échec pour tenter de blesser ses adversaires. Peine perdu : le Canadien a fait le gros dos, et la série est maintenant égale à 2-2. Par ailleurs, les Penguins ne semblent pas vouloir s’embarquer dans le même genre de duel médiatique qui a fini par ridiculiser les Capitals. On peut quand même s’attendre à quelques autres escarmouches verbales d’ici la fin de la ronde. Et, sait-on jamais, à un autre chapitre contre les Bruins de Boston ou les Flyers de Philadelphie, puisque nos glorieux Schtroumpfs n’ont peut-être pas fini de nous surprendre.

Varia :
- Non, je ne crois pas à une conspiration anti-Canadiens chez les arbitres. Il y a certains soirs, toutefois, où ma raison vacille et je commence à croire vraiment que certaines vedettes sont vraiment protégées par les zèbres. Visionnez la vidéo des punitions non signalées contre les Penguins lors du quatrième match.

- Sidney Crosby me déçoit beaucoup. Je ne voulais pas croire qu’il se comporte vraiment comme une princesse qui aurait mal dormi la nuit dernière à cause d’un petit pois sous son matelas. J’ai changé d’avis depuis, et cette vidéo devrait contribuer à convaincre les sceptiques.

- Retour sur mon billet précédent : je vous parlais de l’attitude des fans d’ailleurs. À ma connaissance, rien ne bat les fans des Rangers de New York pendant la série éliminatoire de 2003 contre les Devils du New Jersey. Martin Brodeur venait de se faire remettre ses papiers de divorce suite à une aventure avec la femme de son beau-frère. Dans les gradins du Madison Square Garden, des spectateurs brandissaient des pancartes se moquant de ses déboires conjugaux, notamment une parodie des publicités de MasterCard : Billet pour un match des séries : 95 $. Pension alimentaire à ton ex : 9 millions $. Coucher avec ta belle-sœur : ça n’a pas de prix. » Ça n’a tout de même pas empêché les Devils de remporter la Coupe Stanley cette année-là. La dureté du mental…

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