PHG maintenant sur Twitter!

7 mars 2010 at 10:47 | In Non classé | 1 Comment
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Pour rassurer mes peu nombreux mais fidèles lecteurs, je confirme la publication prochaine d’une nouvelle chronique. De plus, Fanalyste se met au goût du jour et se lance dans Twitter, en espérant qu’elle fera un meilleur usage de son microblogue qu’Allan Walsh, l’inénarrable agent de nombreux joueurs de la LNH. Je pourrai ainsi vous faire part de mes multiples réflexions qui me viennent parfois en tête mais qui n’ont pas leur place dans une chronique. Mes microbillets (ou « tweets ») sont affichés à la droite de l’écran.

Petites perles du hockey olympique

28 février 2010 at 4:56 | In Chroniques politiques | Leave a Comment
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Les hockeyeurs slovaques célèbrent leur victoire sur la Russie (Reuters)

Puis, appréciez-vous toujours le tournoi de hockey olympique? Moi qui croyais que j’aurais deux semaines pépères à regarder le hockey seulement de loin en loin, je n’ai jamais été aussi excitée depuis les séries éliminatoires de 2008. D’abord parce que le hockey olympique est franchement bien plus relevé que celui de la LNH, non seulement parce les meilleurs joueurs du monde s’y retrouvent, mais aussi parce que l’arbitrage y est plus rigoureux, donc le jeu, plus raffiné. De plus, en regardant certains matchs de la Slovaquie pour garder un œil sur mon préféré, Jaroslav Halák, j’ai eu un coup de cœur pour l’équipe slovaque. Elle n’est pas la plus talentueuse, mais quelle hargne! Quelle détermination! Ils sont aussi tenaces qu’un molosse sur la jambe d’un facteur, et c’était magique de les voir venir à bout de la Russie après une fusillade palpitante, puis de la Suède, malgré le talent supérieur de ces derniers. J’ai admiré Zdenko Chara, Marian Gaborik et les frères Hossa, et j’ai découvert des joueurs comme Pavol Demitra, Zigmund Palffy et Michal Handzus. J’ai eu le cœur brisé à les voir se transformer en statues de sel lorsqu’ils ont perdu la médaille de bronze devant la Finlande. En espérant que le Canada n’échappe pas l’or aux mains des États-Unis!

Comme à mon habitude, je vous parlerai de hockey et de politique, mais au lieu de respecter mon format habituel, je commenterai simplement les réactions en Russie à la déconfiture devant le Canada.

Deuil national en Russie

Qu’on ne vienne plus me dire que Montréal est malade de hockey. La défaite de la Russie a pris, au pays d’Ovechkin, des allures de catastrophe nationale aussi grave que Tchernobyl. « La Russie a perdu les Jeux Olympiques », titrait un journal en ligne russe. Déjà, les médias ont commencé le procès des joueurs, de l’entraîneur, des autorités sportives; des députés, avant même que les Jeux soient terminés, réclament la tête du président du Comité nationale olympique et du ministre des Sports! Quant au président de la Russie, Dmitri Medvedev, il a annulé sa venue aux cérémonies de clôture des Jeux au lendemain de la défaite, même si son pays accueillera les Jeux de 2014 à Sotchi. Quant à Alex Ovechkin, il s’est carrément excusé à ses compatriotes pour cette défaite gênante! C’est quand même curieux : on ne s’excuse pas pour les goulags, on ne s’excuse pas pour les exactions commises en Tchétchénie… mais on s’excuse pour une défaite au hockey.

D’après François Gagnon, journaliste à La Presse, les journalistes russes sont hautement partisans et peu objectifs. S’il a raison, cette attitude expliquerait que l’un d’entre eux a tenté de minimiser cette défaite en se moquant du Canada qui, selon lui, avait simplement évité la honte après les défaites aux Jeux de Turin et aux championnats de Québec et de Berne. De plus, les Canadiens auraient profité d’une glace aux dimensions nord-américaines et de « Datsyuk et Malkin dans le rôle des attaquants surestimés et erratiques ».

Ce n’est pas étonnant qu’il ait visé deux joueurs de la LNH, et non de la KHL. On chuchote que les autorités russes du hockey ont fait pression pour que davantage de joueurs soient sélectionnés dans la KHL, question d’affirmer la supériorité du hockey russe sur le hockey nord-américain. Le capitaine de l’équipe a également été sélectionné parmi les joueurs de la KHL. Ironiquement, ces derniers ont été pointés du doigt, au point où le président de la Ligue, Aleksandr Medvedev (aucun lien avec l’autre), a dû prendre leur défense.

Ces implications politiques ne sont pas surprenantes. Déjà, dans l’Antiquité, les tournois sportifs entre nations servaient à affirmer la puissance et la supériorité des uns et des autres, en plus d’exalter la fierté patriotique des peuples. Il est donc normal que les pays investissent dans ce genre de festivités afin de remonter le moral de leurs populations et d’en stimuler la fierté. Il est normal, également, que le programme À nous le podium soit scruté et critiqué. Malgré les plaintes de ceux qui croient que les fonds consacrés au sport devraient être réaffectés au système de santé, à l’économie ou à la lutte à la pauvreté, le financement du sport d’élite est là pour rester. Et c’est bien comme ça, parce que même le meilleur des talents a besoin de ressources pour être entraîné et préparé à la compétition.

Par ailleurs, lorsque les joueurs étaient questionnés, avant leur défaite, sur les difficultés de faire travailler ensemble des joueurs de la LNH et de la KHL, tous avaient la même réponse : nous sommes Russes avant tout, notre patriotisme fait notre chimie, nous vaincrons… Aucun d’entre eux ne semblait comprendre que la question portait sur les écarts entre les deux systèmes ainsi que la difficulté, pour des joueurs aux habitudes différentes, de se mettre au diapason sur le plan technique. Comme si le patriotisme faisait foi de tout et « guérissait » automatiquement les difficultés pratico-pratiques. Malheureusement pour eux, la réalité est venue les rattraper.

Petites remarques inutiles mais amusantes…

- Je me suis amusée à regarder les photos d’athlètes, et surtout de joueurs et de joueuses de hockey, sur le site officiel des Jeux de Vancouver. La plupart des athlètes croyaient sans doute que les directives pour les photos de passeport s’appliquaient également à leur photo des Jeux, car rares sont ceux qui se permettent de sourire. Exception notable : les Slovaques, qui ont belle allure sur leurs photos, justement parce que leur sourire leur donne un air de bonne humeur. Les hockeyeurs canadiens, eux, ont l’air sur un lendemain de brosse, surtout Roberto Luongo et Marc-André Fleury.

- L’habillement des athlètes a beaucoup fait jaser. Sur photo, certains accoutrements d’hockeyeurs paraissaient étranges. Ainsi, avec une chemise blanche, devant un mur blanc et sans sourire, les Tchèques avaient l’air d’infirmiers d’asile. Encore une fois, les Slovaques se démarquaient avec un joli tricot foncé à petits pois blancs pour les hommes, et le même chandail, blanc à petits pois foncés cette fois, pour les femmes. Même principe pour les États-Unis : uniforme semblable pour les hommes et les femmes, sauf que les hommes portaient la version foncée, et les femmes, la version pâle, et toutes les photos ont été prises sur un fond bleu. Plusieurs Finnois portaient un joli polo blanc avec des motifs entrelacés sur l’épaule gauche. Saku Koivu et Alex Ovechkin étaient en veston-cravate.

- Ne me demandez pas pourquoi, mais certaines fiches d’athlètes ont été complétées avec des renseignements sur leurs passe-temps, recueillis dans diverses sources en ligne. Ainsi, vous serez heureux d’apprendre que Sergei Kostitsyn aime les quilles (peut-être depuis qu’il y a joué à Edmonton avec les joueurs du Canadien?); que Jaroslav Halák aime le football et les voitures; que Yannick Weber aime regarder la télévision et se détendre; et que Tomas Plekanec a comme passe-temps les « sports », sans plus de précision. Heureusement pour eux que les joueurs de hockey n’ont pas besoin de publicité à Montréal, parce que s’ils devaient remplir une fiche pour RéseauContact, ils devraient se creuser davantage les méninges.

- La saison a vraiment été dure pour certains joueurs de hockey. En regardant la fiche de Jaroslav Halák, j’ai vu que son poids était de 168 livres. Intriguée, j’ai jeté un coup d’œil sur sa fiche officielle de la LNH, où son poids indiqué est de 179 livres. Vérification faite, plusieurs joueurs ont perdu du poids depuis le début de la saison : Tomas Plekanec est passé de de 198 à 179 livres; Andrei Markov, de 207 à 198 livres; Sergei Kostitsyn, de 210 à 196 livres.
Parmi les joueurs des autres clubs de la LNH, Roberto Luongo est passé de 217 à 207 livres; Ilya Bryzgalov, de 210 à 198 livres; Ilya Kovalchuk, de 230 à 218 livres; Alex Ovechkin, de 233 à 218 livres; Semyon Varlamov, de 209 à 194 livres; Martin Havlat, de 217 à 181 livres; Tomas Kaberle, de 214 à 187 livres; Olli Jokinen, de 215 à 203 livres; Johan Franzen, de 222 à 205 livres.

Par ailleurs, signalons le cas curieux d’Ondrej Pavelec, de la République tchèque et des Thrashers d’Atlanta : non seulement il est passé de 220 à 172 livres, mais il a également rétréci de 6 pieds 3… à 5 pieds 11! Il ne semble pas y avoir eu d’erreur de mesure sur les fiches des autres joueurs mentionnés. Enfin, les jumeaux Sedin, qui avaient à peu près le même poids au début de la saison, selon le site de la LNH, se sont distanciés aux Olympiques : Daniel a plafonné à 188 livres, alors qu’Henrik s’est empâté jusqu’à 201 livres. Il faut croire qu’il ne s’est pas encore remis du Temps des Fêtes.

- Allan Walsh, l’agent d’Halák, fait décidément un curieux usage de son compte Twitter. Après la victoire de la Slovaquie sur la Suède, il a assisté au party bien arrosé des Slovaques. Sur Twitter, il raconte ce que les vétérans slovaques comptent faire pour revitaliser le hockey dans leur pays : [traduction] « Nous allons tous prendre notre retraite, parcourir le pays et mettre le plus de femmes enceintes possibles. Vous savez, comme ils font avec les chevaux! » Je ne suis pas sûr que ses clients slovaques sont heureux de ses indiscrétions. Par ailleurs, ce plan des vétérans aurait l’avantage de préparer à la fois la future équipe slovaque masculine et féminine de hockey pour les Olympiques de 2030, puisque statistiquement, 50% des rejetons ainsi obtenus seraient des filles. Le plus gros désavantage, évidemment, est le temps nécessaire à la réalisation de ce plan, puisque d’ici là, les machos du Comité olympique international auront probablement réussi à supprimer le hockey féminin des Jeux.

Départ de Bob Gainey – L’usure du temps

9 février 2010 at 3:21 | In Non classé | 3 Comments
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Photo : Jacques Nadeau, repris dans Le Devoir

À l’occasion du départ de Bob Gainey de son poste de directeur général, je laisse momentanément de côté ma formule habituelle de chronique pour vous livrer mon opinion sur le sujet, en espérant que vous y trouviez un certain intérêt.

Lorsqu’il est temps d’évaluer le travail qu’un dirigeant accomplit à son poste, il faut faire la différence entre le respect qui lui conféré et la confiance qui lui est accordée. Le cas de Bob Gainey permet de faire la démonstration de cette différence. M. Gainey devait quitter son poste, non pas parce qu’il n’avait pas le respect de la plupart des partisans, mais parce qu’il n’en avait plus la confiance. La nouvelle de son départ ne surprend à peu près personne, si ce n’est qu’elle survient plus tôt que prévu.

On peut féliciter M. Gainey d’avoir survécu tant d’années dans un rôle aussi critiqué que celui de directeur général des Canadiens de Montréal, lui qui est demeuré plus longtemps en poste que plusieurs premiers ministres et de nombreux ministres. Les directeurs généraux et les entraîneurs subissent le même phénomène que les politiciens, celui de l’usure du pouvoir. Probablement nul autre que Bob Gainey lui-même ne sait avec certitude quel effet a eu sur lui la disparition de sa fille, mais même sans ce drame, la stagnation de l’équipe aurait eu raison de la bonne volonté de n’importe qui.

Quelques réussites

Bob Gainey n’a pas fait que des mauvais coups. Il a obtenu Alex Kovalev, qui, à défaut de travailler à plein régime, a fait les délices de nombreux amateurs de prouesses sur la glace. Il a acquis des joueurs qui ont rendu de fiers services, comme Josh Gorges, Robert Lang, Mathieu Schneider et Glen Metropolit. Ajoutons-y l’échange Pouliot-Latendresse et l’acquisition de Marc-André Bergeron, qui ont apporté un soutien déterminant au Tricolore. Enfin, l’embauche de Guy Boucher chez les Bulldogs de Hamilton a radicalement transformé le développement des espoirs du Canadien.

C’est surtout le culot de Gainey qui force l’admiration. Excusez la crudité de l’image, mais il fallait des couilles grosses comme des pamplemousses et dures comme le béton pour mettre Alex Kovalev deux jours au « repos » tout en le gardant au sein de l’équipe, renvoyer Guy Carbonneau cinq semaines après avoir déclaré que son embauche était son meilleur coup, dynamiter son propre plan quinquennal en laissant aller des joueurs établis comme Kovalev et Saku Koivu, signer sept nouveaux joueurs en même temps et mettre Georges Laraque à la porte en plein milieu de la saison. Grosses et dures, je vous dis.

La décision la plus risquée de M. Gainey fut d’acquérir Scott Gomez et son lourd contrat en échange de Chris Higgins, le fêtard le plus incorrigible de l’équipe. L’idée de Gainey était de réunir Gomez et Brian Gionta, deux anciens complices des Devils, pour ensuite attirer d’autres joueurs. On sait que l’arrivée de Gomez a eu une influence sur Brian Gionta, peut-être pas autant que le salaire accordé, mais une certaine influence quand même. Il est probable que la signature de ces deux vétérans ait pu rassurer Michael Cammalleri sur le sérieux du Canadien et le convaincre de signer, toujours avec l’appui d’une offre salariale alléchante. Une fois ce noyau d’attaquants dans son panier, Bob Gainey a pu se tourner vers le marché des défenseurs. Scott Gomez n’a peut-être pas provoqué un effet domino aussi automatique qu’on le croit, mais il a donné le coup d’envoi d’un remodelage majeur de l’équipe. Aujourd’hui, le « pari Gomez » ressemble à un gâteau à moitié levé, mais quand même mangeable. Même si le rendement des Glorieux demeure discutable, l’équipe est, selon le témoignage de Georges Laraque lui-même, beaucoup plus unie que celle de l’an passée, et ne fait plus honte à ses partisans en dehors de la glace.

De nombreux échecs

Malgré ces points positifs, la liste des déceptions s’avère longue, trop longue. On n’a qu’à penser aux échanges de Mike Ribeiro et de Steve Bégin ainsi qu’aux congédiements de Claude Julien et de Guy Carbonneau, qui ont laissé l’image d’une organisation à la merci de ses joueurs. À son habitude de ne pas renégocier de contrat avant la fin de la saison, ce qui a causé entre autres le départ de Mark Streit. Aux contrats onéreux accordés à Georges Laraque, à Hal Gill, à Jaroslav Spacek et à Roman Hamrlik, malgré l’apport certain de celui-ci à la défense. À l’absence quasi-totale de défenseurs droitiers. Au manque d’encadrement des jeunes joueurs, dont les débordements en dehors de la patinoire ont entaché la saison du Centenaire.

On ne sait pas encore avec certitude si le renouvellement de l’équipe est déficient à cause d’un mauvais repêchage ou d’un mauvais développement, mais comme ces deux volets relèvent du directeur général, cet échec doit être ajouté au bilan de M. Gainey. Pendant des années, Trevor Timmins, le dépisteur en chef, a été mis au banc des accusés, jusqu’à ce que Don Lever, ami de M. Gainey et entraîneur des Bulldogs de Hamilton pendant quatre ans, soit remplacé par Guy Boucher. Les jeunes se sont soudainement mis à progresser. Le jeune Mathieu Carle a déclaré : « J’en ai plus appris en six semaines avec Guy Boucher que lors des deux saisons précédentes ». Du coup, on s’interroge sur la responsabilité de M. Lever dans le plafonnement de choix de première ronde comme Kyle Chipchura et Max Pacioretty.

Enfin, parlons de la désastreuse gestion des gardiens de buts. Le choix de Carey Price plutôt que d’un gros centre, au repêchage de 2005, peut très bien se défendre. Price aurait très bien pu devenir un grand gardien pour le Canadien, si les décisions douteuses de Gainey n’avaient pas compromis son développement. En déroulant le tapis rouge à son protégé et en le couronnant numéro un sans le faire passer par les étapes requises, Bob Gainey a privé Price d’une préparation adéquate pour le rôle difficile auquel il le destinait. En le qualifiant de « pur-sang » et en le défendant becs et ongles contre la moindre critique de la presse et des fans, il n’a fait que retourner ceux-ci encore davantage contre le jeune homme. En multipliant les injustices envers Jaroslav Halák, il a renforcé la détermination de ce dernier, mettant ainsi la table pour l’énième chapitre de l’amère controverse des gardiens, qui divise encore aujourd’hui les partisans et les commentateurs.

Encore aujourd’hui, Carey Price se cherche, tandis que Jaroslav Halák se demande quelles acrobaties doit-il encore accomplir pour être enfin reconnu comme un véritable numéro un. Price n’est peut-être pas le seul gardien jeté trop tôt dans la fosse aux lions : son collègue Steve Mason, des Blue Jackets de Colombus, connaît lui aussi une seconde année difficile, et les contre-performances de son équipe ont coûté le poste de l’entraîneur Ken Hitchcock. Ondrej Pavelec, à Atlanta, vit lui aussi un ressac après des débuts éblouissants. En faisant patienter Jaroslav Halák aussi longtemps dans le rôle de second, Bob Gainey lui aurait-il rendu service sans s’en rendre compte?

Amateurs désabusés

Quoiqu’il en soit, malgré le respect que mérite l’ancien numéro 23 et le courage dont il a fait preuve dans l’exercice de son poste, Bob Gainey, par une longue série d’erreurs, a perdu la confiance des amateurs. Je ne parle pas ici de l’habituelle confrérie de grognons qui veulent mettre tout le personnel à la porte après deux défaites, accompagnée de l’autre cohorte de bien-pensants qui se croient meilleurs que tout le monde en accusant les méchants journalistes et les partisans hystériques d’avoir eu la tête du directeur général. Je parle de la moyenne des ours, de l’ensemble des fans, déçus du plan quinquennal, déçus du jeune gardien qui tarde à grandir, déçus des nombreux échanges à perte, déçue de la stagnation de l’équipe, année après année. À peu près plus personne ne croyait à ses promesses, même s’il a fait de son mieux pour les remplir. Il mérite le respect, mais a fait son temps. Il n’était plus l’homme de la situation.

Et la vie continue…

Avec la venue de Pierre Gauthier, de nombreux internautes se sont plaints que la direction jetait de la poudre aux yeux, puisque cet adjoint de Bob Gainey a la même philosophie de travail. « Quatre trente sous pour une piastre », commente-t-on, d’autant plus que l’ex-directeur général devient maintenant « conseiller spécial ». Attendons, on ne sait jamais; peut-être que Pierre Gauthier va prendre son temps avant d’orienter l’équipe selon son propre style. De toute façon, l’heure n’est pas aux grands chambardements.

Je vous surprendrai peut-être en affirmant que le départ de Bob Gainey est une bonne nouvelle pour Carey Price. Depuis longtemps, le jeune homme traîne l’étiquette de « chouchou à Gainey ». Enfin, il sera en mesure de prouver sa valeur sans équivoque, et ne pourra plus se faire accuser de favoritisme chaque fois qu’il sera renvoyé devant le filet. Le traitement royal dont il bénéficiait pendant l’ère Gainey lui était devenu un lourd fardeau.

On ne peut savoir avec certitude si Bob Gainey a choisi le moment de son départ ou s’il a été « démissionné », pour reprendre l’expression chère aux politiciens. Cependant, ce départ à quelques semaines de la date limite des transactions est troublant. M. Gainey se doute-t-il que le marché des transactions ne lui offre que peu d’options? Après les transferts étonnants de Dion Phaneuf et de Jean-Sébastien Giguère à Toronto, ainsi que d’Ilya Kovalchuk au New Jersey, Gainey craignait-il de se faire reprocher de ne pas pouvoir accomplir de coups aussi fumants? Voulait-il s’épargner cette dernière humiliation? De toute façon, il ne sert plus à rien de poser la question. Mieux vaut continuer d’encourager l’équipe, qui se bat toujours pour accéder aux séries. Encore une fois.

Gestion de crise (André Boisclair/Andrei Markov)

4 février 2010 at 9:13 | In Chroniques politiques | 1 Comment
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Photomontage d’après la Presse canadienne (André Boisclair, repris dans canoe.ca) et canadiens.com (Andrei Markov, repris dans fanatique.ca)

En relations publiques, on appelle la « gestion de crise » la gestion des communications dans les médias à l’occasion d’un évènement qui pourrait entacher la réputation d’un individu ou d’une organisation. En fait, l’expression « gestion de crise » a un sens plutôt large, puisqu’il s’agit souvent de gérer les contrecoups d’un incident avant que celui-ci ne se développe en crise véritable. Autant une bonne gestion de crise permet de résorber un évènement qui aurait pu avoir de graves conséquences, autant une mauvaise gestion de crise peut transformer un incident banal en immense scandale.

Lorsqu’on se met les pieds dans les plats, la meilleure façon de s’en sortir est souvent de tout avouer immédiatement en exprimant ses regrets et en affirmant avoir tiré une précieuse leçon de ses erreurs. Tiger Woods aurait dû suivre ce précepte : ses longues journées de silence, à l’ère de l’information-minute, auront probablement causé plus de dommage que le nombre réel ou supposé de ses maîtresses.

Pendant mes années de militantisme politique, la pire gestion de crise qu’il m’a été donnée de voir est celle qui a entouré l’affaire Boisclair. En pleine course à la chefferie du Parti québécois, les médias ont révélé qu’André Boisclair, le principal candidat de cette course et ancien ministre des Affaires municipales et de l’Environnement, avait autrefois consommé de la cocaïne alors qu’il était en exercice. Pétri d’orgueil, Boisclair a d’abord évité de répondre, malgré les preuves manifestes. Il a ensuite parlé d’« erreurs de jeunesse », avant que les médias réussissent à prouver qu’il avait consommé alors qu’il était ministre. Acculé au pied du mur, le candidat a fini par admettre l’évidence, avant de se déclarer victime des journalistes – un truc qui ne fonctionne jamais – puis d’affirmer, chaque fois que quelqu’un revenait sur le sujet, qu’il voulait « parler d’autre chose » – un truc qui fonctionne encore moins que le précédent.

Boisclair a remporté la course de justesse, mais a lamentablement perdu les élections générales qui ont suivi quelques mois après. Cette gestion de crise complètement catastrophique, en plus de conduire la carrière de du jeune politicien au naufrage, a causé des dommages profonds au Parti québécois. Peu après la démission de Boisclair, c’est une formation amochée et divisée que Pauline Marois a repris en main. Si Boisclair avait admis dès le départ qu’il avait consommé, il aurait pu limiter les dégâts : il aurait pu prétendre que l’ivresse du pouvoir lui avait monté à la tête, mais qu’il s’était repris à temps, et que cette dangereuse erreur avait fait de lui un homme plus mûr et plus réfléchi. Comme les Québécois aiment les repentis, on peut parier qu’ils lui auraient pardonné assez facilement.

Pourquoi l’altercation entre Andrei Markov et Carey Price a provoqué beaucoup plus de réactions que celle entre Michael Cammalleri et Maxim Lapierre? À la défense de Price, il faut mentionner que le jeune gardien est actuellement la cible préférée des éternels insatisfaits toujours à la recherche de coupables. De plus, les disputes font partie du quotidien des vestiaires sportifs. Cependant, si l’incident a suscité autant d’intérêt, c’est qu’il touche indirectement au cœur d’une question qui taraude depuis des semaines les amateurs et les journalistes : Carey Price a-t-il, oui ou non, des problèmes d’attitude envers ses coéquipiers qui nuisent au rendement de l’équipe? Malgré toute l’attention qu’ils retiennent, les gardiens ne sont vraiment pas le principal problème du Canadien. Cependant, le comportement de Price – bris de bâtons, blâmes envers ses défenseurs, départs prématurés de l’entraînement et de la période d’échauffement alors qu’il ne joue pas le match du même soir – soulève des inquiétudes chez les observateurs depuis déjà un certain temps.

Les journalistes auraient pu épargner beaucoup de temps et de salive à tout le monde en posant directement aux joueurs cette seule question sur les relations entre Price et le reste de l’équipe. Malheureusement, la majorité d’entre eux ont préféré chipoter sur les détails de l’incident, insister pour avoir la teneur exacte des propos tenus et gloser sur leur signification; bref, au lieu de s’attaquer au cœur du problème, ils ont tourné autour du pot. De quoi avaient-ils peur? De se faire haïr des joueurs? De se faire expulser du vestiaire?

Le joueur à qui a été confiée la « gestion de crise », Andrei Markov, s’est révélé lamentable dans cet exercice. Il a accusé les journalistes de « chercher des histoires » avant de leur déclarer tout net qu’ils devaient supporter l’équipe en ces temps difficiles! Je ne sais pas si notre meilleur défenseur a une conception soviétique du rôle des médias, mais le rôle fondamental du journaliste, celle qui définit sa profession, est de rapporter les faits. Quant au Canadien, il compte déjà sur un service de communication et un service de marketing pour lessiver le cerveau de sa clientèle. D’ailleurs, l’accusation de Markov était parfaitement injuste : certes, l’incident a fait beaucoup de bruit, mais la plupart des commentateurs ont rappelé que ces prises de becs sont monnaie courante dans les équipes professionnelles de sport, voire même positives dans la mesure ou elles permettent de régler des conflits latents.

De son côté, Maxim Lapierre nous a ressorti la rhétorique éculée de la « famille unie » et des « frères qui se chicanent ». Personnellement, je ne connais aucune famille dont les frères et sœurs ont chacun leur agent et renégocient leur contrat avec leurs parents à des intervalles de quelques années. Josh Gorges, réputé le meilleur ami de Price dans le vestiaire, a livré une réponse encore pire : « Je présume que ça vient avec le fait d’être gardien de but à Montréal », a-t-il déclaré, comme si cette excuse représentait une absolution de tout ce qui pouvait être reproché à son camarade. Personne n’a pensé à demander à Gorges pourquoi les mêmes blâmes ne sont pas adressés à l’autre gardien, Jaroslav Halák? Carey Price lui-même n’a pas aidé sa cause avec sa momerie sur la patinoire, lorsqu’il a fait un câlin à Markov tout en souriant aux caméras d’un air narquois. Price est réputé pour son sens de l’humour, mais il en a déjà fait un meilleur usage que dans ce cas-ci.

Qu’auraient pu faire Markov et les autres pour répondre de façon satisfaisante aux questions tout en sauvant la face et en protégeant la confidentialité des affaires de vestiaire? Plutôt que de prendre les journalistes à rebrousse-poil, ils auraient pu se montrer « désolés que cet incident ait soulevé les inquiétudes du public » (c’est toujours une bonne chose de tenir compte des sentiments du public, c’est lui qui paie après tout); expliquer que des athlètes professionnels « ont souvent une forte personnalité » (pour indiquer au passage que Price n’est pas le seul doté d’un caractère bien trempé); et rassurer les gens en rappelant que de tels incidents donnaient l’occasion aux joueurs de régler des malentendus (afin que les partisans y voient des retombées positives plutôt que des raisons de s’inquiéter). La façon dont les joueurs du Tricolore, embarrassés, ont tout fait pour minimiser l’affaire et ont traité les journalistes de haut n’a rien de rassurant, bien au contraire. On sentait que la tension n’avait pas disparu. L’incident est clos, mais le malaise demeure.


Voulez-vous un exemple de « gestion de crise » bien faite? Regardez du côté de Chicago. Le 23 janvier dernier, après une défaite gênante de 5-1 à Vancouver aux mains des Canucks, des joueurs des Blackhawks ont fait la fête torses nus dans une limousine avec une flopée de jolies filles. Évidemment, les photos ont rapidement fait le tour de la planète Web. L’un des joueurs concernés, Patrick Kane, a déclaré : « Ce n’est pas comme ça qu’on veut représenter l’équipe, mais on en a discuté à l’interne avec l’équipe. Ça s’est réglé dans le vestiaire. » L’enfant terrible des Blackhawks, qui avait eu une dispute l’été dernier avec un chauffeur de taxi pour une histoire de vingt cents, a ajouté : « J’ai 21 ans. Il est probablement temps de grandir un peu. » Rassurés, les médias ont tourné l’histoire en dérision : sans faire tout un plat de l’histoire, ils se sont quand même fait plaisir en se payant la tête des joueurs. La direction a rapidement déploré l’évènement avant de déclarer l’affaire close.

Voilà comment emballer un incident en peu de temps. Pas besoin de déchirer ses vêtements, ni de se raser la tête et de verser des cendres dessus. Vous faites un petit acte de contrition, vous déclarez avoir acquis de l’expérience et vous mettez le public dans votre petite poche arrière. Mais pour ça, il faut mettre son orgueil de côté. Plusieurs joueurs du Canadien en semblent tout bonnement incapables.


Alors que la blogosphère sportive montréalaise est repartie dans un autre cycle de « Careybashing », je suis désolée que mon nouveau billet porte sur un autre incident concernant Carey Price. Cependant, je m’attarde davantage aux réactions de ses coéquipiers que sur sa propre contribution. Dans un précédent billet, je vous avais avertis que Price reviendrait souvent dans mon blogue, puisque je parle d’image publique et que Price, à cause de sa position et de son impulsivité, est vulnérable aux incidents médiatisés.

Coup de sang (Jean Charest/Carey Price)

26 janvier 2010 at 7:00 | In Non classé | Leave a Comment
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Le photomontage ci-dessus est réalisé à partir d’une photo de Jean Charest (©Le Devoir) et de l’arbitre François St-Laurent contenant Carey Price alors qu’il veut s’en prendre à Cam Janssen (©Reuters).

Dans des domaines de représentation publique comme la politique et le hockey, l’émotion est un ingrédient important, à condition de savoir le maîtriser. Les deux anecdotes qui suivent démontrent que l’émotion mal encadrée peut entraîner des résultats discutables.

« H%#&ie de chienne »

Le 15 juin 2005, pendant la période de questions à l’Assemble nationale, Elsie Lefebvre, députée péquiste de Laurier-Dorion et porte-parole de l’opposition officielle en matière d’action communautaire, demande au premier ministre Jean Charest pourquoi la Croix-Rouge recevrait dorénavant une partie des dons des employés de l’État retenus directement sur leur salaire, alors qu’ils étaient jusque là entièrement versés à Centraide. Mme Lefebvre a insinué que l’épouse de M. Charest, Michèle Dionne, qui était cette année-là présidente d’honneur de la campagne de financement de la Croix-Rouge, avait pu jouer de son influence pour obtenir cette décision.

Mme Lefebvre a commis une grave infraction à une loi non écrite de la politique québécoise : ne jamais, au grand jamais, toucher à la famille d’un politicien, sauf pour porter de graves accusations que l’on doit appuyer de preuves en béton. Après avoir exprimé son dégoût envers la députée avec une vivacité qu’on lui voit rarement, M. Charest s’est rassis en jetant son micro sur le sol et a prononcé les mots : « h%#&ie de chienne ». Les grossièretés sont fréquentes à l’Assemblée nationale, mais celle-ci, captée par la caméra, a fait scandale et a forcé le premier ministre à s’excuser.

Sans ce dérapage, M. Charest aurait pu garder le gros bout du bâton dans cette affaire, car la députée Lefebvre s’était mise dans de beaux draps avec cette question déplacée, que l’équipe parlementaire péquiste lui avait de toute évidence mise dans les mains. Normalement, elle aurait dû s’excuser, mais la gaffe verbale du premier ministre lui a permis de jouer aux victimes en s’affirmant « blessée », et elle s’en est finalement tirée à très bon compte. Dommage pour Jean Charest que dans l’un des rares moments où il est capable d’exprimer une émotion sincère – et Dieu sait que notre politique en manque – il soit incapable de la contrôler pour en tirer des résultats positifs.

J’vas te péter la gueule

Cam Janssen a-t-il intentionnellement donné une mise en échec à Carey Price, lors du match de mercredi dernier opposant les Blues de St-Louis aux Canadiens de Montréal? Le gardien a-t-il, au contraire, fait exprès de se mettre dans le chemin du robuste attaquant? Quoi qu’il en soit, la violence de la collision a surpris Price lui-même. Alors que son défenseur Roman Hamrlik s’est rué sur Janssen, Price a jeté les gants et a tiré sur le chandail d’Hamrlik pour le tasser de côté et régler lui-même ses comptes. La foule l’a bruyamment applaudi avant qu’un officiel ne vienne le contenir. Il a fait preuve de caractère, selon plusieurs internautes et même l’animateur de La Zone, Michel Villeneuve. Red Fisher, chroniqueur de la Gazette et vénérable doyen de tous les commentateurs sportifs de la Sainte-Flanelle, n’est pas de cet avis, lui qui qualifie cette décision de [traduction] « décision la plus stupide de la semaine ».

Malheureusement pour Price, M. Fisher a raison. On a tendance à l’oublier, mais les bagarres comportent un grand risque de blessure. Déjà, lors du match contre les Rangers de New York, le dimanche précédent, les amateurs et les commentateurs n’étaient pas tous à l’aise avec la décision de Benoît Pouliot de se battre contre Wade Redden. Pouliot est l’un des meilleurs marqueurs du Tricolore ces temps-ci; une blessure au poignet l’a déjà tenu à l’écart de la patinoire plusieurs semaines. Que se serait-il passé s’il s’était blessé de nouveau? L’initiative de Pouliot pouvait toujours se défendre : lors d’un match où les Canadiens se faisaient rudoyer sans cesse par leurs adversaires, seuls le défenseur Josh Gorges et lui s’étaient décidés à jeter les gants, pendant que le justicier attitré, Georges Laraque, était cloué sur le banc, ignorant que le directeur général Bob Gainey avait déjà décidé de le renvoyer.

Normalement, les bagarres sont réservées aux costauds. Les joueurs étoiles sont épargnés, d’où les vives critiques à l’endroit de Dan Carcillo, des Flyers de Philadelphie, lorsqu’il a jeté les gants contre la vedette des Rangers, Marian Gaborik. Quant aux gardiens, leurs coéquipiers les protègent carrément comme des vestales intouchables. Si leurs adversaires collent leur gardien de trop près, ils leur rendent une petite visite « amicale » pour leur rappeler qu’il n’est pas trop bon pour leur santé de s’approcher autant de la Vierge immaculée. Si le gardien est agressé, le fautif est aussitôt exécuté sans merci. En effet, une équipe n’a que deux gardiens dans son alignement, deux pièces maîtresses de son succès. C’est pour cette même raison que, lors des mêlées devant le filet, le gardien doit se tenir à l’écart et se rendre dans un coin de la patinoire désigné par l’officiel.

Si Price avait obtenu son combat avec Janssen, celui-ci aurait pu l’envoyer à l’infirmerie pour longtemps. Son entraîneur Jacques Martin n’aurait sans doute pas été heureux, lui qui compte entre autres sur ses deux gardiens pour amener son équipe en séries. Par conséquent, la décision raisonnable qu’aurait dû prendre Price était de laisser mononcle Roman et les autres joueurs donner la fessée à Janssen. Certains ont critiqué Hamrlik pour son manque de vigueur, mais l’interférence de Price ne lui a pas vraiment donné la chance de donner à Janssen la correction souhaitée. Blessé dans son orgueil, le jeune gardien a voulu maladroitement prouver qu’il était un homme en se défendant lui-même. « Or, nous, c’est devant le but que nous voulons le voir… » a expliqué le défenseur tchèque avec justesse. La réaction de Price était parfaitement compréhensible dans les circonstances, mais espérons que ses entraîneurs lui ont expliqué l’importance de ne plus refaire une pareille erreur. Une leçon de plus dans son apprentissage.

Pour gagner des matchs, encore davantage remporter des séries, l’émotion est un moteur puissant et indispensable, à condition de pouvoir la juguler. « Ce dont nous manquions la veille, c’est la seule chose que nous avions ce soir, a fait remarquer l’attaquant Michael Cammalleri après la défaite contre les Rangers. On a joué avec beaucoup d’émotion et l’intention était là. Mais il nous aurait fallu faire plus attention aux détails, être plus efficace dans notre exécution, et ne pas essayer de seulement jouer sur l’émotion. »

Parfaitement dit.

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En vrac :
- Ce n’était décidément pas une bonne semaine pour Carey Price. Lundi, Le Journal de Montréal a publié une annonce du concessionnaire Olivier Ford, dont Price est le porte-parole. Le jeune homme, l’air parfaitement niais, y brandit un trousseau de clés à côté du slogan : « Mon arrêt clef sur la Rive-Sud, c’est Olivier Ford ». « Dommage que son arrêt clef ne soit pas au centre-ville », a aussitôt répliqué un internaute sarcastique. C’est d’autant plus dommage que Price, de loin le plus photogénique de l’équipe depuis le départ d’Alex Kovalev, nous avait habitué à des clichés splendides (je ne parle pas ici de ses photos de vacances). Ce n’est pas la fin du monde, mais je sens que des amateurs de Photoshop vont s’amuser…

- En quoi Georges Laraque était-il devenu une distraction? Tout simplement en faisant parler de lui davantage pour ce qu’il disait et faisait hors de la glace que sur la glace. Morale de l’histoire : même si vous êtes le gars le plus fin du monde, si vous ne livrez pas la marchandise, vous êtes remplaçable. Déjà, Ryan O’Byrne s’est affirmé comme pugiliste samedi soir, en caressant Aaron Voros de ses poings lors du match revanche contre les Rangers.

Juge et partie (affaire Villanueva/affaire Burrows-Auger)

17 janvier 2010 at 4:42 | In Chroniques politiques | Leave a Comment
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Pardon de cette longue pause dans mes billets. Le temps des Fêtes et le syndrome de la page blanche m’ont fait renouer avec ce blogue plus tard que prévu.

N’importe quel organisme qui veut démontrer sa probité fait examiner ses comptes et ses structures par une entité indépendante. Ainsi, de nombreuses entreprises font vérifier leurs livres comptables par des firmes spécialisées comme Deloitte et Touche ou McCarthy Tétreault. La Vérificatrice générale du Canada, Sheila Fraser, jouit d’une indépendance totale vis-à-vis du gouvernement, ce qui lui a permis de fouiller le Programme des commandites malgré les protestations du gouvernement libéral de l’époque. Son homologue provincial au Québec, Renaud Lachance, n’hésite pas à tancer le gouvernement sur des dossiers sensibles comme les finances publiques et l’octroi de contrats dans le secteur des transports.

Dans le milieu policier, lorsqu’une intervention tourne au vinaigre et qu’il faut enquêter sur le travail des agents, cette tâche est confiée à un autre corps de police que celui auquel appartient le ou les policiers impliqués. C’est ainsi que, lors de l’affaire Villanueva, la Sûreté du Québec (SQ) s’est vu confier l’enquête sur l’incident pendant lequel un policier du Service de police de la ville de Montréal (SPVM) a abattu un jeune homme de 18 ans à Montréal-Nord. Or, de nombreux critiques ont affirmé que la SQ n’avait pas l’indépendance nécessaire en de telles circonstances, puisqu’une trop grande proximité existait entre les policiers, et que nombre d’entre eux avaient travaillé successivement pour les deux corps de police. De plus, plusieurs bévues ont été commises lors de l’enquête, la plus grave étant de ne pas séparer et interroger immédiatement les deux policiers en cause. Évidemment, plusieurs en ont déduit que la SQ était de connivence avec le SPVM dans cette affaire.

En Ontario, les enquêtes sur le travail des policiers sont confiées à l’Unité des enquêtes spéciales (UES), une entité indépendante où travaillent des civils et d’anciens policiers, et ces derniers ne peuvent pas enquêter sur leurs anciens employeurs. L’ancien dirigeant de l’UES, André Marin, a vertement critiqué la prise en charge de l’affaire par la SQ, éberlué que les agents n’aient toujours pas été interrogés trois jours après le drame.

En plus d’alimenter la méfiance des gens de Montréal-Nord envers les policiers, la gestion brouillonne de l’enquête mine la crédibilité des résultats. Par conséquent, même s’il s’avérait que les deux policiers n’aient rien à se reprocher, le reste de leur carrière sera entaché par le soupçon.

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Affiche d'un film de Jean-Pierre Mocky, sorti en 1983, avec Michel Serreault et Eddy Mitchell. Ceci n'est pas un encouragement à la violence contre les arbitres.

Le 11 janvier dernier, lors  de la période d’échauffement précédant un match entre les Canucks de Vancouver et les Predators de Nashville, l’arbitre Stéphane Auger glisse quelques mots à l’ailier gauche Alexandre Burrows, des Canucks. La scène est filmée, mais personne n’entend ce que les deux hommes se disent. Plus tard, en troisième période, Auger décerne coup sur coup à Burrows deux pénalités qui, de l’avis de tous les experts, sont totalement injustifiées. Après le match, Burrows affirme qu’Auger lui a déclaré, à la période d’échauffement, vouloir se venger de lui pour l’avoir fait mal paraître lors du match du 8 décembre précédent entre les deux formations. À ce match, Auger avait décerné une pénalité à Jerred Smithson, qui avait servi une mise en échec à Burrows, mais il s’est avéré par la suite que ce dernier avait « plongé », c’est-à-dire qu’il s’était laissé choir pour que son adversaire écope d’une pénalité.

La Ligue nationale de hockey (LNH), déjà durement critiquée pour la qualité de son arbitrage, s’est retrouvée dans l’embarras suite à la déclaration de Burrows. Comme elle n’avait que sa parole contre celle d’Auger, elle s’est empressée d’étouffer l’affaire en donnant l’absolution à son arbitre et en infligeant une amende de 2 500 $ au joueur. Cette dernière sanction, l’équivalent d’une tape sur les doigts, laisse penser que la Ligue accorde une certaine crédibilité à la version de Burrows. Il faut mentionner, à la défense de la LNH, que la saison bat son plein : il est donc logique de vouloir éteindre rapidement une polémique qui n’aurait fait que grandir d’un match à l’autre. Si elle avait laissé Burrows impuni, combien d’autres joueurs, entraîneurs et directeurs généraux auraient déversé leur fiel sur les « zèbres » match après match? Si cette controverse avait eu lieu avant un long congé, par exemple avant la pause olympique ou vers la fin des séries, la Ligue aurait eu une plus grande marge de manœuvre pour effectuer une enquête véritablement transparente.

Malgré tout, on constate encore que la priorité absolue de la LNH est de sauver la face, puisqu’elle embauche et gère directement les arbitres. Déjà, de nombreux observateurs prédisent qu’Auger n’arbitrera aucun match des séries, et que son contrat ne sera probablement pas renouvelé l’été prochain. C’est ce qu’on appelle se faire mettre sur la voie de garage. Malgré tout, cette façon de procéder en catimini ne fait rien pour redorer l’image de la Ligue. Déjà, on l’accuse d’être partiale lorsqu’il s’agit de décerner des suspensions. Ainsi, Mike Richards, une vedette des Flyers de Philadelphie, a assommé David Booth, des Panthers de la Floride, le 24 octobre dernier. Victime d’une commotion cérébrale, Booth manquera le reste de la saison, Pourtant, Richards n’a reçu aucune sanction. Alex Ovechkin (Capitals de Washington), présentement la plus grande star de la Ligue avec Sidney Crosby (Penguins de Pittsburgh), est demeuré impuni malgré plusieurs coups vicieux sur d’autres joueurs. En décembre dernier, il a enfin reçu une suspension de deux matchs pour avoir sorti le genou contre Tim Gleason (Hurricanes de la Caroline). Incidemment, Ovechkin, qui s’est amoché le genou en portant ce coup, aurait manqué au moins l’un de ces deux parties à cause de cette blessure.

Devant cette gestion maladroite et pusillanime, les amateurs désenchantés expriment à haute voix leur cynisme, doutant de plus en plus de l’intégrité de la Ligue. C’est ce qui arrive lorsqu’on agit à la fois en juge et partie.

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Varia :

- Carey Price connaît une baisse de popularité sans précédent. C’est un signe infaillible que les médias flairent l’odeur du sang lorsqu’ils commencent à donner des renseignements qu’ils gardaient auparavant pour eux. Ainsi, on a appris que Price se faisait sarcastiquement surnommer « Superstar » par ses coéquipiers l’an passé, et qu’à la fin des entraînements avant les matchs et des périodes d’échauffement, il quitte la patinoire avant son collègue Jaroslav Halák même lorsque ce dernier est désigné pour garder les buts, ce qui contraire au protocole en vigueur depuis longtemps dans la LNH. Sur les réseaux sociaux, on se déchaîne contre le jeune gardien au moral ébranlé.

Malgré tout, ce serait idéal si tous les fans d’Halák, et surtout les dénigreurs de Price déguisés en fans d’Halák, prennent exemple sur le Slovaque et démontrent la même courtoisie et le même respect dont il a toujours fait preuve.

- Si vous êtes comme moi, il n’a fallu que quelques heures pour vous écœurer de la surenchère médiatique autour du tremblement de terre en Haïti. CNN a porté cette exploitation à son paroxysme en plaquant une caméra à quelques pouces du visage d’une petite fille à moitié ensevelie et en le montrant à la télévision durant des heures pendant que la pauvre enfant attendait patiemment que les secouristes aient fini de déblayer les décombres qui l’emprisonnaient (la malheureuse est décédée de ses blessures après qu’ils aient réussi à la dégager et à l’amener à un médecin).

Malgré tout, derrière cette guerre de cotes d’écoutes, il y a d’innombrables humains dans une profonde détresse, alors soyez gentils et donnez à la Croix-Rouge ou à Unicef, qui s’occupent de secourir les sinistrés.  Merci.

À bon vin point d’enseigne (Andrée Boucher/Jaroslav Halák)

17 décembre 2009 at 3:11 | In Chroniques politiques | 1 Comment
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Pourquoi tant d’enveloppes brunes circulent-elles dans le monde de la politique? Parce que les règles de financement des partis politiques, aussi louables soit-elles, ne permettent pas aux partis de financer correctement leurs campagnes électorales. Ce n’est pas avec des soupers-spaghettis que vous pouvez payer le local, les pancartes, les personnel de communications et toutes les autres dépenses. Les méthodes de financement des partis politiques sont peut-être immorales, mais inévitables. Pour vous en convaincre, je vous conseille l’excellente chronique d’Yves Boisvert. Comme le disait si bien Cicéron, l’argent est le nerf de la guerre.

Andrée Boucher, tape-à-l’œil

La politique offre pourtant de ces exceptions où des David presque nus parviennent à vaincre des Goliath lourdement cuirassés. C’est le cas de feue Andrée Boucher, qui est parvenue, en 2005, à se faire élire mairesse de Québec avec pas plus de 5 000 $ dans sa caisse électorale. Pas de pancartes, pas de publicités, pas de parti, même pas de programme.

En réalité, Andrée Boucher était déjà un personnage connu depuis longtemps dans la région de Québec, et même dans la province. Elle avait mairesse de Sainte-Foy de 1985 à 2001, puis animatrice de radio jusqu’en 2005. Flamboyante, directe, dure même, elle menait ses projets tambour battant, malgré les controverses qu’elle contribuait parfois à alimenter. L’image la plus mémorable que l’on garde de la mairesse est cette fameuse robe griffée qu’elle a porté pour rencontrer l’ancien premier ministre français Jean-Pierre Raffarin. Cette robe était à son image : colorée. Sa personnalité tapageuse mais attachante lui a donné le capital nécessaire pour faire campagne pour la mairie avec des moyens plus que limités. Non seulement elle a remporté son pari, mais après son décès subit, deux ans plus tard, tous les candidats à sa succession ont tenté d’imiter son style afin de se gagner le cœur des habitants de Québec.

Jaroslav Halák, le timide

Difficile d’imaginer une personnalité plus dissemblable d’Andrée Boucher que Jaroslav Halák, le gardien substitut des Canadiens. Discret, effacé même, il ne se plaint jamais, fuit la controverse et répond toujours avec tact aux questions pièges des journalistes. Repêché à la neuvième et dernière ronde de 2003, le jeune cerbère a la mission difficile de se faire un nom dans l’ombre de son coéquipier Carey Price, repêché à la première ronde de 2005. La direction du Canadien, Bob Gainey et Trevor Timmins en tête, était tellement entichée de Price qu’elle a tassé Halák sans ménagement pour lui donner sa place, d’abord chez les Bulldogs de Hamilton, le club-école du Tricolore, puis chez les Canadiens mêmes.

Mais Price met du temps à s’adapter  à son rôle de premier gardien. Pendant la saison du Centenaire, il connut des résultats en dents de scie. On maugréa contre son attitude arrogante, son manque d’effort à l’entraînement, sa vie dissipée hors glace. Pendant ce temps, « Jaro », toujours vaillant et de bonne humeur, finit, après quelques matchs mitigés, par connaître un succès éclatant au mois de février 2009. De nombreux amateurs qui, quelques semaines plus tôt, l’auraient échangé contre n’importe laquelle des Ice Girls des Islanders de New York, vantèrent soudainement son éthique et sa patience et accusèrent Bob Gainey d’injustice à son égard. Toute la propagande en faveur de Price commença alors à lui nuire, et il gagna le surnom de « chouchou à Gainey », une étiquette qui lui colle encore à la peau. Depuis, Price semble avoir retrouvé son aplomb et corrigé plusieurs de ses défauts, mais il a encore besoin de prouver une certaine constance à moyen terme avant de gagner définitivement la confiance des partisans.

Dans cet énième épisode de la « controverse des gardiens », Halák manœuvre délicatement pour ne se mettre personne à dos. Il sait très bien n’avoir gagner en bougonnant : pourquoi défendre sa cause à la pointe de l’épée, alors que ses fans, son agent, les journalistes et même les humoristes le font beaucoup mieux que lui? Le jeune portier est sûrement d’une authentique gentillesse; pour s’en convaincre, il n’y avait qu’à le voir, lors du match contre les Sénateurs d’Ottawa, se pencher avec sollicitude sur ses compagnons Jaroslav Spacek, blessé au pied, et Josh Gorges, sonné par une mise en échec. Halák a le don de susciter l’affection du public et de ses coéquipiers, ces derniers jouant avec lui et pour lui. Après la victoire de l’équipe et d’Halák sur les Sénateurs, Marc-André Bergeron a déclaré : « Jaro ne méritait pas qu’on le laisse tomber à Buffalo [dans une défaite de 6-2 le 3 décembre]. On s’en était parlé ce matin et on voulait en jouer une grosse pour lui ». Lorsqu’il a blanchi contre les Canucks de Vancouver, le 24 février 2009, Patrice Brisebois et Chris Higgins ont affirmé que les joueurs ont travaillé fort pour lui procurer ce jeu blanc.

D’un autre côté, il a probablement compris qu’en exploitant habilement ce trait de sa personnalité, il pouvait mettre le public et les médias de son côté. C’est de bonne guerre, puisque l’organisation n’en a que pour Price. Immensément talentueux et très photogénique, le numéro un désigné a derrière lui toute la « machine » du Canadien, qui a monté un véritable culte autour de sa personne à l’aide de tee-shirts, d’affiches, d’enseignes géantes avec sa photo, d’entrevues mondaines dans les plus prestigieuses revues de sport et d’un photoreportage sur son patelin dans l’Actualité. On chuchote même que pour lui, Gainey lui aurait sacrifié un entraîneur aimé des partisans, Guy Carbonneau, et l’un des entraîneurs de gardiens les plus réputés de la LNH, Roland Melanson. Par ailleurs, le Canadien aurait pu faire beaucoup d’argent en vendant des tee-shirts et d’autres articles au nom d’Halák, mais se retient bien de le faire, car les articles promotionnels servent également à donner de la visibilité, à « marquer le territoire » : or, il ne faut surtout pas que le Slovaque fasse de l’ombre à l’Élu de l’organisation.

Mais le cœur des fans a ses raisons que la raison de Gainey ne peut comprendre. Malgré toute la « pédagogie » malhabile de l’organisation pour rentrer Carey Price dans la gorge des amateurs, de nombreux fans du Canadien aiment Jaro, veulent Jaro, réclament Jaro. Lequel répond avec douceur que son tour viendra… tout en aiguisant ses patins pour se tenir prêt.

Cependant, il ne peut rester éternellement dans cette impasse. S’il veut devenir numéro un, à Montréal ou ailleurs, il doit jouer plus souvent afin de prendre de la valeur, mais ces temps-ci, Carey Price mérite tout l’espace qu’il occupe. C’est pourquoi l’agent d’Halák et Bob Gainey ont récemment essayé de forcer un échange, quitte à ce que le Tricolore y perde au change. Malheureusement pour Halák, il y a une différence entre sa valeur intrinsèque et sa valeur marchande. La première est considérable, comme en témoigne l’attachement de son public et de ses coéquipiers. Cependant, la valeur marchande d’un joueur dépend surtout des besoins des autres équipes. Or, en ce moment, le marché des gardiens est faible : peu d’équipes ont besoin de ses services, et encore moins peuvent offrir quelque chose de potable en retour du jeune homme.

Jaro, le proto-Québécois

Machiavel enseignait que les vertus et les vices d’une personne ne sont que des outils qu’elle doit utiliser pour parvenir à ses fins. En faisant un usage judicieux de ses traits de personnalité, Jaroslav Halák, comme la mairesse Boucher avant lui, a conquis l’affection de son public et a compensé ainsi le manque de moyens matériels pour mousser sa popularité. La seule fois qu’il s’est retrouvé dans l’eau chaude, c’est par la faute d’Allan Walsh, son agent à la langue trop bien pendue.

Par ailleurs, je soupçonne qu’Halák réveille involontairement en nous l’un des stéréotypes les plus communs de la culture québécoise : l’ouvrier opprimé. Évidemment, s’il s’appelait Julien Hamel, il se ferait dénigrer et accuser de n’être retenu par le Canadien que parce qu’il est Québécois francophone. Sous son enveloppe slovaque, toutefois, il nous offre un personnage tout à fait proto-Québécois : le vaillant travailleur, consciencieux, docile et fidèle à son poste, qui subit l’injustice d’un méchant patron anglophone (Bob Gainey) au profit du fils de celui-ci, gâté, arrogant et paresseux (Carey Price). En fait, la réalité est beaucoup plus complexe, mais je suis convaincue que de nombreux fans défendent Halák parce qu’ils s’identifient inconsciemment à lui. Ça n’efface aucunement les mérites bien réels du jeune portier, ni l’injustice que lui fait subir le Canadien en le faisant poireauter aussi souvent sur le banc. Cependant, on devrait se retenir de dénigrer systématiquement Carey Price, qui nous montre des signes prometteurs depuis un mois.

Au Québec comme ailleurs, nous aimons les histoires de Cendrillon, où des protagonistes sous-estimés cheminent patiemment vers la réussite. Hollywood offre régulièrement des histoires du genre, par exemple The Pursuit of Happyness. Malheureusement, Andrée Boucher est décédée trop tôt pour laisser un héritage durable à la ville de Québec. Quant à Jaroslav Halák, il continue à rouler son rocher de Sisyphe, en attendant le jour où il parviendra enfin à décrocher un poste de gardien principal, vraisemblablement sous d’autres cieux.


Ce billet demeurait au réfrigérateur depuis quelque temps, mais les dernières rumeurs concernant l’échange de notre Slovaque préféré m’ont fait hâter sa parution (ce n’est pas la première fois que ce genre de chose m’arrive). 
L’énième rumeur envoyait Halák aux Flyers de Philadelphie : sérieusement, quelqu’un imaginait-il cet agneau au milieu des Broad Street Bullies? Comme remplaçant de Ray Emery? Dans le poste autrefois occupé par
Ron Hextall, le fou génial mais sanguinaire qui hantait mes cauchemars d’enfant? (« Maman, Ron Hextall est encore sous mon lit… il veut me tuer! ») Honnêtement, mon intuition me dit que le DG des Flyers aurait fait là toute une erreur de distribution.

Une image vaut mille mots

8 décembre 2009 at 2:41 | In Non classé | Leave a Comment
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Aujourd’hui, pour faire changement, laissons la politique de côté et prenons le hockey comme prétexte pour faire un petit tour du côté de l’art visuel.

Nos amis les journalistes seraient probablement d’accord : leurs collègues photographes ne reçoivent pas suffisamment de félicitations pour leur travail particulier. Probablement qu’ils mitraillent la scène pour ensuite retenir les meilleures photos, mais quand même, il est probablement compliqué de bien photographier des athlètes en pleine action. J’ai, dans mon disque dur, une collection complète de photos de gardiens de but fixant du regard une rondelle en plein vol. Je trouve ces photos fascinantes, comme si ces gardiens harponnaient la rondelle de leurs yeux.

Par ailleurs, il y a de ces photos qui sont tellement expressives qu’elles en valent presque un poème. On n’a qu’à penser à la fameuse photo de Maurice Richard, qui fixe l’objectif avec ce regard de feu, comme s’il allait foncer sur le photographe sans s’arrêter. Qui est-il, ce photographe, au fait? Un illustre inconnu : la photo serait tirée des archives des Canadiens de Montréal.

Il y a également des photos qui font penser à de véritables peintures. Le 7 octobre dernier, à Vancouver, les Canucks rossaient les Canadiens en leur infligeant sept buts contre un seul. Remplacé par Jaroslav Halák en fin de partie, le gardien Carey Price s’est calmement assis parmi ses coéquipiers, partageant ainsi le sort de son équipe jusqu’au bout. C’est à ce moment que cette photo a été prise.

Photo : Andy Clark, Reuters

Dans une reprise du célèbre thème du blogue de Patrick Lagacé, « Pourquoi suis-je fasciné par cette photo? », je me suis creusé les méninges pour savoir ce que me rappelait cette image. La réponse m’est venue subitement pendant une journée de travail : il s’agissait des Ménines, célèbres tableau de Diego Vélasquez, peintre marquant de l’art espagnol. Ce tableau, qui représente une scène de la cour royale d’Espagne en 1656, est également l’un des chefs-d’œuvres de l’art occidental.

Diego Vélasquez, Les Ménines, Musée du Prado, 1656

Pourquoi ce lien persistant dans ma tête? Probablement ce regard inquisiteur de la petite infante Marguerite Thérèse, par rapport à celui, rêveur, de Carey Price au centre de ses coéquipiers. Probablement aussi à cause de toutes ces personnes, servantes, nains et hommes de cour qui s’agitent autour de la petite fille immobile, tout comme les joueurs entrent et sortent du banc du Canadien dans un tourbillon autour de leur gardien statufié dans la défaite.

Je ne sais pas. C’est peut-être d’une sensibilité excessive de ma part, mais cette photo suscite la compassion. On devrait remercier les photographes qui capturent ces moments et les fixent pour la postérité. Par exemple, lorsque les Red Wings de Détroit ont remporté la Coupe Stanley de 2008, on se rappelle de la photographie de leurs rivaux, les Penguins de Pittsburgh, affalés sur la glace, abattus par la défaite. Cette photo a été si marquante qu’au début de la saison suivante, elle a fait l’objet d’une annonce publicitaire de la Ligue nationale de hockey, dans laquelle Sidney Crosby, le capitaine des Penguins, affirmait : « Je ne veux plus jamais me retrouver sur une telle photo. »

Encore récemment, une autre photo a chatouillé ma mémoire sans que je ne puisse me rappeler immédiatement à quoi elle me faisait penser. Cette image a été prise lors de la défaite de 6-2 des Canadiens contre les Sabres de Buffalo. On y voit le défenseur Jaroslav Spacek tenter de réconforter son gardien, Jaroslav Halák, d’un léger coup de bâton sur la jambière. Tout, chez Halák, la posture, l’inclinaison de la tête, les bras ballants, mais surtout le regard navré du jeune cerbère, déclare à quel point il est dévasté par cette défaite humiliante. D’ailleurs, en entrevue après ce match (cliquez sur ce lien, puis choisissez la vidéo intitulée « En direct du vestiaire du CH et des Sabres »; il s’y trouve à 1:26 au compteur), il paraissait découragé et abattu pour la première fois de la saison, lui qui demeurait toujours imperturbable, même dans la défaite.

Les deux Jaroslav lors de la défaite contre Buffalo
Photo : Associated Press

Il m’a fallu du temps pour retrouver l’image à laquelle me faisait penser cette photo, mais j’y suis parvenue : il s’agit d’une illustration du célèbre graveur Gustave Doré pour La Laitière et le pot au lait, l’une des fables les plus connues de Jean de La Fontaine. On y voit Perrette, le cœur brisé après avoir renversé le pot de lait dont la vente, croyait-elle, lui apporterait la prospérité. « Adieu, veau, vache, cochon, couvée… » Pour comprendre pourquoi les deux images me semblent tellement similaires, allez lire (ou relire) cette fable si connue, laquelle contient de nombreuses expressions maintenant entrées dans l’usage, comme « battre la campagne », « faire des châteaux en Espagne » et « être Gros-Jean comme devant ».

Gustave Doré, La Laitière et le pot au lait
Gustave Doré, La Laitière et le pot au lait

Évidemment, Jaroslav Halák n’a pas la présomption de Perrette, mais après avoir été laissé sur le banc depuis le 10 novembre, il ne s’attendait sûrement pas à ce que son retour se passe aussi mal. Rouillé, laissé à lui-même par ses coéquipiers, il a mal paru dans cette défaite qui ne pouvait que rehausser la brillante prestation de son collègue Carey Price le lendemain, lors du match du Centenaire contre Boston. Heureusement pour Halák, le calendrier surchargé de décembre lui donnera plusieurs occasions de se reprendre.

Lorsque vous mettez des images en ligne, faites de votre mieux pour citer leurs auteurs, qui nous donnent des images inoubliables de nos favoris. Et vous, avez-vous des photos favorites? Y a-t-il des photos qui vous font penser à des images connues?

Varia :
- Vraiment, il était temps que le Centenaire finisse. C’était bien beau, mais après un an, on en avait le cœur au bord des lèvres.
- Après Markov, Gomez et Gionta, voici que le public élit Cammalleri comme saveur du mois en tant que capitaine. Je ne suis pas contre, mais est-ce qu’on pourrait se calmer le pompon avec ces histoires en attendant que tous les principaux candidats soient revenus de l’infirmerie?
- Encore Cammalleri : tant mieux s’il a eu le cran de saluer les anciens Canadiens, mais cela en fait-il le seul joueur à leur témoigner du respect? Peut-être que les autres étaient trop gênés ou intimidés? À leur place, c’est ce que j’aurais ressenti. Ceci dit, « Cammy » semble se débrouiller de mieux en mieux dans la jungle montréalaise.
- Il se peut que je réduise la cadence de mes parutions pendant le temps des Fêtes.

À la recherche de Scott Gomez (vidéo)

28 novembre 2009 at 3:19 | In Vidéos | Leave a Comment
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Parodie d’après Gone With the Wind (1939), un film de Victor Fleming, avec Vivien Leigh, Clark Gable, Olivia de Havilland et Leslie Howard.

Êtes-vous effaré du nombre de blessés dans la LNH? Êtes-vous stupéfaits d’apprendre que des joueurs comme Brian Gionta jouent blessés jusqu’à deux semaines avant que la douleur ne les obligent à s’arrêter? Êtes-vous inquiet d’apprendre qu’Andrei Markov reviendra plus tôt que prévu, malgré la gravité de sa blessure? C’est vrai, il nous manque, mais nous savons que des joueurs qui reviennent plus tôt que prévu risquent de se blesser de nouveau, comme Francis Bouillon l’an passé.

Si vous avez répondu oui à l’une des questions ci-dessus, vous n’êtes pas seul. Mais comme nous n’y pouvons rien, j’ai traduit cette inquiétude en un humour noir et grinçant sur les blessés de la LNH et des Canadiens, vus à travers les yeux d’une fan à la recherche de Scott Gomez.

Vous reconnaîtrez « Gone With the Wind », ce classique dont l’histoire se déroule pendant la guerre de Sécession. Je regrette seulement de ne pas avoir eu les outils vidéo et les compétences pour escamoter le drapeau confédéré, dont la connotation négative ne cadre pas avec le thème de la vidéo.

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Les ethnies de service (Michaëlle Jean/Guillaume Latendresse)

25 novembre 2009 at 7:10 | In Chroniques politiques | 2 Comments
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En 2005, lorsque Michaëlle Jean a été nommée gouverneur générale du Canada, de nombreux commentaires ont proliféré sur Internet pour dénoncer le caractère « politiquement correct » de cette décision de la part du premier ministre libéral Paul Martin. Celui-ci, on s’en rappelle, était embourbé dans le scandale des commandites et cherchait à redorer l’image de son parti. D’origine haïtienne, Mme Jean a été de nombreuses années journaliste à Radio-Canada. La nomination de cette femme cultivée, élégante et polyglotte, aurait normalement dû réjouir la population, si son appartenance ethnique n’avait pas suscité le doute quant aux réels objectifs de cette nomination. Voici quelques exemples de commentaires (leur libellé exact est reproduit) :

« […Je] crois qu’on lui a offert le poste pour faire contre poids au seul groupe ethnique au Québec qui éprouve un peu de sympathie pour la cause nationale. Quand on est issu d’un peuple de colonisé et adopté par un autre peuple de colonisé ça laisse des trace. »
« Nulle part au monde voit-on les dirigeants politiques ainsi que ceux des institutions publiques offrir sur un plateau d’argent des postes prestigieux à des personnes nées à l’étranger. »
« Il s’agit de la rectitude politique poussée à l’extrême, car cette personne est tout aussi mal à l’aise de ne pas vouloir être ce qu’elle est, Haïtienne, que de vouloir être ce qu’elle n’est pas, une pure laine […] »

Et encore, ces commentaires ont été recueillis sur le site de Radio-Canada, qui oblige leurs auteurs à s’identifier. On imagine ce qui a été écrit ailleurs. Il est fascinant de constater à quel point la nomination d’un membre d’une minorité ou d’une femme entraîne presque automatiquement le doute sur les motivations réelles de sa sélection : cette personne est-elle choisie pour sa compétence ou pour des raisons d’image publique? Dans le cas de Mme Jean, la décision de Paul Martin contenait fort probablement une forte dose d’opportunisme. Malgré tout, ces motifs politiques faisaient-ils de Mme Jean une moins bonne candidate? Et si elle avait été nommée en d’autres circonstances par un autre premier ministre, les mêmes soupçons de rectitude politique n’auraient-ils pas été soulevés?

À l’occasion de chaque élection générale, c’est de nouveau le concours entre tous les partis pour recruter davantage de candidats de communautés culturelles que les concurrents. Cependant, lorsqu’on remarque qu’ils se font souvent envoyer dans des circonscriptions imprenables avec peu de moyens, on constate à quel point l’expression « minorité de service » prend tout son sens.

En théorie, nous aimerions tous que les emplois et les opportunités soient accordés uniquement en fonction des compétences et des qualités humaines. En pratique, nous portons tout le poids de notre appartenance à une ethnie, à une nationalité, à une langue, à un sexe, à une classe sociale, à une orientation sexuelle. Toutes ces caractéristiques modifient le regard que les autres portent inconsciemment sur nous.

Les Québécois de service

Par un curieux revirement de situation, les Québécois sont devenu les ethnies de services chez le Canadien. Il y a cent ans, le Canadien avait été fondé au départ pour regrouper des joueurs canadiens-français et vendre ainsi le sport au marché francophone. Aujourd’hui, les Québécois sont une espèce menacée d’extinction dans ce même club. De plus, ceux qui restent sont sommés de produire, sous peine de se faire accuser de n’être retenus que parce qu’ils sont francophones.

Voilà quelque temps déjà que je mûrissais ce billet, mais l’échange de Guillaume Latendresse m’a obligée à précipiter sa rédaction. En panne depuis le début de la saison, le gros ailier était devenu l’un des souffre-douleur du public : trop lent, trop mou, pas assez impliqué, pas assez travaillant… le jeune homme avait même hérité des surnoms de « Guimauve », « Latortue » et « L’aveuglette ». Repêché en 2005 par le Canadien en deuxième ronde, après Carey Price, Latendresse avait, tout comme le gardien, ébloui les premiers temps et suscité les plus vives attentes chez les partisans du Canadien, avant de tomber lui aussi en défaveur. Malheureusement pour lui, Latendresse, contrairement à Price, n’a jamais retrouvé ses repères.

Ces dernières semaines, Guillaume Latendresse et Andrei Kostitsyn étaient tout les deux en difficulté; plusieurs internautes ont accusé les « méchants journalistes » d’être trop dur envers Kostitsyn parce qu’il est Biélorusse et de surprotéger Latendresse parce qu’il est Québécois : « Une chance que Latendresse n’est pas Russe sinon il n’aurait jamais fait l’équipe et il jouerait déjà avec Pierre dagenais en Russie. Et si Kostitsyn était québécois, je crois qu’on le défendrait beaucoup plus », affirme ainsi un internaute sur le blogue de François Gagnon sur Cyberpresse (le commentaire a été reproduit dans son libellé exact). Guillaume Latendresse a certainement ses torts, mais à lire de nombreux commentaires, on a nettement l’impression que des internautes lui tombent dessus pour satisfaire leur besoin de bouffer du Québécois. Et je parle d’internautes québécois « pure laine ». Le péché de Latendresse n’a pas été d’échouer, mais d’échouer à titre de Québécois.

Latendresse est un de ces cas typiques qui divise deux classes d’amateurs extrêmes à Montréal : d’un côté, ceux qui ne jurent que par le contenu québécois et francophone, invoquent à hauts cris les traditions et l’histoire, accusent Bob Gainey et Trevor Timmins de détruire le club en le purgeant de tous ses Québécois et traitent les joueurs non québécois de « mercenaires »; de l’autre, ceux pour qui la présence d’un Québécois est suspecte, puisqu’il s’agit à leurs yeux d’une autre concession aux « maudits journalistes » en faveur d’un joueur « évidemment » surestimé dont le manque de talent éloignerait la Sainte-Flanelle de la coupe Stanley.

Ces deux groupes font régulièrement preuve d’un délire inexcusable; toutefois, depuis plusieurs années et surtout, incidemment, depuis la Commission Bouchard-Taylor, les dénigreurs de Québécois semblent avoir le dessus du pavé. Il est devenu de bon ton d’affirmer « qu’on s’en sacre-tu de la langue qu’ils parlent, le français, le russe, l’anglais ou le mandarin, l’important c’est qu’on GAGNE! ». Malheureusement, dans la plupart des cas, ce genre de déclaration agressive témoigne moins d’une ouverture d’esprit que d’un complexe d’infériorité. Au-delà du hockey lui-même, un tel genre de déclaration fait partie de cette attitude passive-agressive qui mènent une grande partie des Québécois à se dévaloriser et à s’écraser collectivement, puis, dans un sursaut de fureur, à sortir les griffes et à accuser Ottawa, les Anglos, les immigrants, les Américains, les musulmans et les juifs de tous les maux du monde et surtout des leurs. Que ce soit en politique, dans les arts et la culture, dans le sport, dans les affaires linguistiques et dans toutes les autres sphères de la société, nous sommes loin de l’attitude d’affirmation sereine qui nous permettrait collectivement d’afficher notre identité commune sans rejeter tout ce qui est différent.

Seul point positif dans tout le débat entourant les Québécois et le hockey : pratiquement personne n’a remis en question la québécitude de Georges Laraque, pas plus que celle de Mike Ribeiro ou d’autres joueurs de la LNH comme Roberto Luongo et Marc-Édouard Vlasic. Au moins, la définition de joueur québécois n’est pas restreinte à une dimension ethnolinguistique.

Évidemment, si le Canadien intensifiait ses efforts de dépistage dans la Belle Province pour trouver davantage de Québécois de talent, les derniers d’entre eux dans l’alignement tricolore ne seraient pas ainsi coincés dans le rôle de Québécois de service. Par ailleurs, ces efforts de dépistage ne devraient nullement nous empêcher d’apprécier des joueurs comme Michael Cammalleri, italo-juif américain, Scott Gomez, qui claironne fièrement son identité de « Mexicain de l’Alaska », Jaroslav Halák, qui arbore le drapeau de la Slovaquie sur son casque, et Carey Price, qui s’affirme fier de ses origines autochtones. Si ces quatre joueurs ne sont pas complexés par leurs origines, pourquoi le serions-nous? D’autant plus que, malgré des hauts et des bas, ces quatre joueurs semblent se plaire au Québec. La question des Québécois dans le Canadien n’est pas une histoire de « nous contre eux ».

Je vous laisse avec les mots de Guy Boucher, actuellement entraîneur des Bulldogs de Hamilton :
« Je trouve qu’on est dur avec nos Québécois. Quand on les voit ailleurs (dans la LNH), souvent on ne voit que les faits saillants. On voit tel Québécois à telle place, et on a tellement hâte qu’il vienne jouer à Montréal, il est bon, il est beau et il est fin… Mais ce sont les faits saillants. Si tu regardes tous ses matchs, il fait les mêmes erreurs que le francophone ou l’anglophone qui joue à Montréal.
« Alors il faut faire attention. Je pense que nos Québécois sont bons à Montréal. Pas qu’il faut alléger nos commentaires, mais il faut aussi avoir le droit de pardonner à nos Québécois. Ils ont le droit d’être comme tout le monde dans la ligue. »

Addendum : suite à la publication du livre Le Québec mis en échec, Pierre Boivin a suggéré de tenir un symposium sur la question des joueurs québécois dans la LNH. C’est drôle, j’ai aussitôt pensé à la commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables, décidée par le premier ministre Charest dans le but de noyer le poisson. J’ai l’impression que la proposition M. Boivin est faite dans le même but.

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